Les maladies liées à l’alcool

09 mars 2017
L’alcool peut provoquer des maladies digestives, neurologiques ou cardiovasculaires, des cancers et des troubles cognitifs. Une envie incontrôlable de consommer de l'alcool caractérise la dépendance. Pendant la grossesse, il peut avoir des effets graves et définitifs sur le développement du fœtus.

Maladies et addiction : les effets de l’abus

Au-delà des risques immédiats, l’abus d’alcool a des effets importants à long terme, et réduit l’espérance de vie de plusieurs années. Il s’agit ainsi de la deuxième cause de mortalité évitable en France, après le tabac.

Consommer trop de boissons alcoolisées peut causer certaines pathologies spécifiques.

Il s’agit d’une addiction à l’alcool, liée à des prises répétées, excessives, urgentes et compulsives (boire devient une idée fixe). Ce phénomène est similaire à la toxicomanie (dépendance créée par la prise de drogues).

La personne perd le contrôle de sa consommation et devient même tolérante aux effets de l’alcool. Si elle décide d’arrêter de boire brusquement, elle présente un syndrome de (anxiété, sueurs, agitation, confusion, insomnies, tremblements voire convulsions.

Face à la dépendance à l’alcool, les individus sont inégaux

D'une personne à l’autre, la vulnérabilité devant la dépendance à l’alcool varie. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène :

  • le patrimoine génétique ;
  • la personnalité (impulsivité, recherche de sensations et plaisir à prendre des risques) ;
  • l’environnement (environnement social et familial incitant à la consommation d'alcool ; facilité d’accès liée au faible prix et à la disponibilité des boissons alcoolisées ; incitation à consommer véhiculée par la publicité et les films).

Enfin, l’absorption d’alcool par une femme pendant sa grossesse augmente le risque de dépendance future pour l’enfant.

De même, boire dès 11-12 ans multiplie par dix le risque de devenir dépendant par rapport à un début à 18 ans.

Il s’agit de:

  • stéatose (accumulation de graisse au niveau du foie), de fibroseoude cirrhose du foie ;
  • gastrite (inflammation de la paroi intérieure de l’estomac) chronique;
  • hépatiteaiguë alcoolique;
  • .

La prise d’alcool favorise la survenue des pathologies suivantes :

Plus de 50 % des personnes alcoolodépendantes présentent des troubles dits "cognitifs" (altération de la mémoire, inadaptation de certains mouvements, etc.) Par ailleurs, chez ces patients, le risque d’épilepsie augmente.

L’alcool provoque parfois des pathologies comme :

  • un syndrome de Korsakoff (troubles de la mémoire, perte des repères, fabulation), lié à une détérioration du cerveau, ou d’autres troubles mentaux et du comportement ;
  • une polynévrite (inflammation des nerfs) alcoolique.

Une consommation excessive d’alcool peut entraîner des troubles psychiques : anxiété, dépression...

Par ailleurs les personnes en situation de vulnérabilité peuvent avoir tendance à consommer de l’alcool en excès pour lutter contre leur mal être.

L’alcool est responsable de 10 % des décès par cancer, soit 15 000 décès.

On observe une augmentation du risque de cancer dès une consommation moyenne d’un verre par jour ; cette augmentation du risque est proportionnelle à la quantité d’alcool consommée.

L'alcool joue un rôle important notamment dans l’apparition de tumeurs:

  • des voies aérodigestives supérieures (bouche, , larynx) ;
  • de l'œsophage ;
  • du foie ;
  • du sein ;
  • du colon et/ou du rectum.

Les effets de l'alcool sont renforcés quand ils sont associés à ceux du tabac et le risque de cancer des voies aérodigestives supérieures est alors particulièrement augmenté.

La grossesse : une situation à grand risque

Quelle que soit la dose bue, l’alcool ingéré par une femme enceinte passe presque intégralement dans le sang du fœtus.

Cela peut avoir des effets irréversibles sur le bébé. Parfois, il s’agit de troubles du comportement mineurs appelés troubles causés par l'alcoolisation fœtale (TCAF). Dans d’autres cas, l’enfant présente un syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), avec des anomalies sévères du développement, par exemple :

  • une malformation du crâne et du visage ;
  • un retard de croissance ;
  • des handicaps comportementaux et/ou cognitifs (retard mental, problèmes d’apprentissage, de mémoire, d’attention), observés dans près de 50 % des cas.

De même, une femme allaitante qui boit de l'alcool transmet ce dernier à son bébé par son lait. Cela peut avoir des effets néfastes sur le sommeil et le développement de l’enfant. D'où la recommandation de zéro alcool pendant la grossesse et l’allaitement.

L'alcoolisation fœtale en France

Chaque année en France, 8 000 enfants naissent avec des troubles causés par l'alcoolisation fœtale et 800 d'entre eux ont un syndrome d’alcoolisation fœtale grave.

Pour obtenir plus d’informations sur le syndrome d’alcoolisation fœtale, visiter le site de l’association SAF France.

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Alcool et santé. Site internet : INSERM. Paris ; 2015 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Alcool. Site internet : Santé publique France (France) ; 2016 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut National du Cancer (INCa). Alcool. Site internet : INCa. Boulogne-Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Alcool pendant la grossesse : des risques encore mal connus des Français. Site internet : Santé publique France (France) ; 2015 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Collégiale des Universitaires en Hépato-Gastroentérologie (CDU-HGE). Addiction et conduites dopantes : épidémiologie, prévention, dépistage. Site internet : Campus d’Hépato-Gastroentérologie de l’Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Nantes (France) ; 2009 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut de veille sanitaire (INVS). L’alcool, toujours un facteur de risque majeur pour la santé en France. Bulletin épidémiologique hebdomadaire – N°16-17-18/2013.