L'alcool : définition et repères de consommation

20 février 2019
Qu'elle soit régulière ou occasionnelle, une prise excessive d’alcool peut être dangereuse. Pour préserver votre santé, évaluez votre consommation de boissons alcoolisées et comparez-la aux repères conseillés.

Qu’est-ce que l’alcool ?

L’alcool (également appelé "éthanol", "acide éthylique" ou "alcool pur") présent dans certaines boissons est une substance obtenue par la fermentation de :

  • fruits (ex. : raisins pour le vin, cerises ou poires pour les eaux de vie) ;
  • grains (ex. : houblon servant à produire la bière) ;
  • tubercules (ex. : pomme de terre, utilisée dans la production de la vodka).

La quantité d’alcool pur contenue dans une boisson alcoolisée est indiquée sur l’étiquette de la bouteille, en degrés (°) ou en pourcentage (%) pour 100 ml. Plus le degré est élevé, plus la boisson est concentrée en alcool pur.
Ainsi, pour une boisson à 12 ° ou 12 %, 100 ml contiennent 12 ml d’alcool pur.

Que se passe-t-il dans l’organisme quand on ingère de l’alcool ?

Après consommation, l’alcool passe rapidement dans le sang, par absorption au niveau de l’intestin grêle. La concentration d'alcool dans le sang est maximale au bout de 45 minutes si l'alcool est bu à jeun et au bout de 90 minutes s'il est pris au cours d'un repas. De là, il est transporté en quelques minutes dans tout l’organisme (notamment le cerveau).

Puis, l'alcool est éliminé peu à peu à 95 % par le foie et à 5 % par les reins (urine), la peau (sueur), la salive et les poumons (expiration). La vitesse d'élimination de l'alcool est variable d'une personne à l'autre et plus lente chez la femme que chez l'homme.

L'alcool n'est pas digéré, donc contrairement à certaines idées reçues, la durée d'élimination de l'alcool ne peut être réduite en buvant du café salé, de grands verres d’eau ou une cuillerée d'huile !

Vidéo : Les effets de l'alcool

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Comment évaluer sa consommation d'alcool ?

Une bière, un verre de whisky, un verre de vin ou encore une vodka orange tels qu’on les sert dans les bars contiennent tous la même quantité d’alcool pur (environ 10 g). C’est ce que l’on appelle un verre standard ou encore unité d’alcool.

Toutefois, cette équivalence est valable seulement si chaque boisson est servie dans le récipient prévu à cet effet (verre à vodka, à cognac, etc.), conçu pour un certain dosage. Par exemple, si vous remplissez de porto un verre à vin (10 cl) au lieu d’un verre à apéritif (6 cl), cette règle ne s’applique pas.

Équivalence en alcool des différentes boissons alcoolisées

 contenance par types de boisson pour la même quantité d'alcool

Attention aux prémix et boissons énergisantes

Les prémix (ou "pre-mix") sont des boissons contenant 5 à 7 % d'alcool, mélangé à un soda très sucré. Prêts à l’emploi, ces produits ciblent directement les adolescents, qui apprécient pour la plupart leur saveur douce. Or, ce goût est trompeur : il masque celui de l’alcool et peut amener à boire de grandes quantités de prémix, entrainant des comportements dangereux responsables d'accidents de la route, d'actes violentss... et créant un risque d’alcoolodépendance.

Les boissons énergisantes (contenant des excitants comme la caféine, des vitamines, etc.) entraînent parfois un abus de boissons alcoolisées. En effet, elles diminuent la perception des effets de l’alcool sur l’organisme.

À quoi correspond une consommation d’alcool excessive ?

Il n’y a pas de consommation d’alcool sans risque, mais des consommations à risque plus ou moins élevé.

Il n’existe donc pas de seuil de consommation qui permettrait à coup sûr de limiter les risques pour la santé tout au long de la vie. Toutefois, un avis d’experts de Santé publique France et de l’Institut national du cancer a tenté de définir des risques acceptables et propose une valeur repère unique aussi bien pour les hommes que pour les femmes exprimée sous la forme d’un nombre de verres d'alcool standard.

Cette valeur repère est de 10 verres d'alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour.

Ces mêmes experts recommandent d'avoir des jours dans la semaine sans consommation et, pour chaque occasion de consommation, de :

  • réduire la quantité totale d’alcool bue à chaque occasion,
  • boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau,
  • éviter les lieux et les activités à risque de consommation excessive d'alcool,
  • s'assurer d’être entouré de personnes de confiance et de pouvoir rentrer chez soi  en toute sécurité après avoir consommé de l'alcool.

D'une façon générale, l'option la plus sûre est de ne pas consommer d'alcool dans les situations suivantes :

  • pendant toute la durée de la grossesse et de l’allaitement,
  • pendant l’enfance, l’adolescence et toute la période de la croissance,
  • en cas de conduite automobile,
  • lors de pratique de sports (risque de chute, de blessure...),
  • en cas de consommation de médicaments (se référer à la notice des médicament pris),
  • si l'on présente certaines maladies, selon les conseils de son médecin.

Les habitudes des Français en matière d’alcool

Si la France figure parmi les pays du monde les plus gros consommateurs de boissons alcoolisées, la tendance de consommation quotidienne d'alcool est stable depuis 2010, mais elle se stabilise à un niveau élevé.

Consommation d'alcool chez les adultes

En 2017, 86,5 % des adultes de 18 à 75 ans ont déclaré avoir bu de l'alcool au cours de l'année écoulée :

  • 40%  au moins une fois par semaine,
  • 25% une à trois fois par semaine,
  • 10% tous les jours.

Ces usages sont plus fréquents chez les hommes que chez les femmes.

Alcool chez les jeunes

Les usages d’alcool des jeunes diffèrent de ceux de leurs aînés. Les jeunes boivent moins régulièrement de l'alcool, mais de manière plus excessive avec des épisodes d'alcoolisation ponctuelle importante et des états d'ivresse.

En 2017 :

  • plus de la moitié (54,1%) des 18-24 ans déclarent au moins une alcoolisation ponctuelle importante dans l'année ;
  • on observe, cependant, un fléchissement des jeunes (18-24 ans) déclarant au moins une alcoolisation ponctuelle importante par semaine ou au moins 10 ivresses au cours de l'année, après une hausse régulière depuis 2005 ;
  • une étude relève également que le contrôle d'identité des jeunes de moins de 18 ans lors de l'achat d'alcool dans les magasins ou débits de boissons est inconstant.
Le "binge drinking"

Le binge-drinking, ou « biture express » ou encore « beuverie express », est un mode de consommation qui consiste à boire de l’alcool ponctuellement, le plus rapidement possible et en grandes quantités. En français, on parle de "conduite d’alcoolisation aiguë", de "recherche d’ivresse" (ou, plus familièrement, de "défonce" ou de "cuite"). Le binge-drinking peut être responsable d'un coma éthylique.

  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Alcool et santé. Site internet : Inserm. Paris ; 2016 [consulté le 5 novembre 2018]
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  • Institut national du Cancer (INCa). Alcool et cancers. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2016 [consulté le 5 novembre 2018]
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  • Bulletin épidémiologique hebdomadaire du 19 février 2019. Consommation d’alcool, comportements et conséquences pour la santé. BEH, n°5-6, p87-97 et p109-115