L'alcool : définition et repères de consommation

24 avril 2017
Qu'elle soit régulière ou occasionnelle, une prise excessive d’alcool se révèle néfaste pour le corps. Pour préserver votre santé, évaluez votre consommation de boissons alcoolisées et réduisez votre consommation, si nécessaire.

Qu’est-ce que l’alcool ?

L’alcool (également appelé "éthanol", "acide éthylique" ou "alcool pur") présent dans certaines boissons est une substance obtenue par la fermentation de :

  • fruits (ex. : raisins pour le vin, cerises ou poires pour les eaux de vie) ;
  • grains (ex. : houblon servant à produire la bière) ;
  • tubercules (ex. : pomme de terre, utilisée dans la production de la vodka).

La quantité d’alcool pur contenue dans une boisson alcoolisée est indiquée sur l’étiquette de la bouteille, en degrés (°) ou en pourcentage (%) pour 100 ml. Ainsi, pour une boisson à 12 ° ou 12 %, 100 ml contiennent 12 ml d’alcool pur. Plus le degré est élevé, plus la boisson est concentrée en alcool pur.

Que se passe-t-il dans l’organisme quand on ingère de l’alcool ?

Après consommation, l’alcool passe directement dans le sang, par absorption au niveau de l’intestin grêle.

La concentration d'alcool dans le sang est maximale au bout de 45 minutes si l'alcool est bu à jeun et au bout de 90 minutes s'il est pris au cours d'un repas. De là, il est transporté en quelques minutes dans tout l’organisme (notamment le cerveau). Puis, il est éliminé peu à peu à 95 % par le foie et à 5 % par les reins (urine), la peau (sueur), la salive et les poumons (expiration). La vitesse d'élimination de l'alcool est variable d'une personne à l'autre et plus lente chez la femme que chez l'homme.

Contrairement à certaines idées reçues, la durée d'élimination de l'alcool ne peut être réduite en buvant du café salé, de grands verres d’eau ou une cuillerée d'huile !

L’analyse de l’air expiré permet de mesurer le taux d’alcool dans le sang (ou "alcoolémie"), exprimé en grammes d’alcool pur par litre de sang (g/l). Pour effectuer cette mesure, on utilise un petit appareil nommé "éthylotest".

Un dosage sanguin est également possible pour mesurer l'alcoolémie.

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Comment évaluer votre consommation ?

Une bière, un verre de whisky, un verre de vin ou encore une vodka orange tels qu’on les sert dans les bars contiennent tous approximativement la même quantité d’alcool pur (environ 10 g). C’est ce que l’on appelle un verre standard ou encore unité d’alcool.

Toutefois, cette équivalence est valable seulement si chaque boisson est servie dans le récipient prévu à cet effet (verre à vodka, à cognac, etc.), conçu pour un certain dosage. Par exemple, si vous remplissez de porto un verre à vin (10 cl) au lieu d’un verre à apéritif (6 cl), cette règle ne s’applique pas.

Les prémix et les boissons énergisantes

Les prémix (ou "pre-mix") sont des boissons contenant 5 à 7 % d'alcool, mélangé à un soda très sucré. Prêts à l’emploi, ces produits ciblent directement les adolescents, qui apprécient pour la plupart leur saveur douce. Or, ce goût est trompeur : il masque celui de l’alcool et peut amener à boire de grandes quantités de prémix, créant un risque d’alcoolodépendance.

Les boissons énergisantes (contenant des excitants comme la caféine, des vitamines, etc.) entraînent parfois un abus de boissons alcoolisées. En effet, elles diminuent la perception de l’impact de l’alcool sur l’organisme.

À quoi correspond une consommation d’alcool excessive ?

La frontière entre, d’un côté, une consommation d’alcool qui serait sans risque pour la santé et, de l’autre côté, une consommation dangereuse ou excessive n’est pas établie. Cependant les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont défini des repères qui permettent de distinguer une consommation à faible risque d’une consommation à risque plus élevée.

À partir de ces chiffres, on a défini des seuils limite de consommation pour un adulte, soit :

  • pour les femmes, 2 verres standard par jour ;
  • pour les hommes, 3 verres par jour ;
  • 4 verres pour les événements particuliers.

Par ailleurs, l’OMS conseille de s’abstenir de boire de l’alcool au moins un jour par semaine.

Si la consommation habituelle dépasse les seuils conseillés, elle peut présenter un risque pour la santé physique et/ou mentale.

Par ailleurs, l'alcool est nocif indépendamment de tout seuil dans les cas suivants :

  • le risque de développer certains cancers augmente avec la quantité d'alcool absorbée, dès le premier verre ingéré ;
  • la prise de boissons alcoolisées est nocive dès le début de la grossesse, quelle que soit la dose bue ;
  • une consommation ponctuelle excessive, même sans prise quotidienne, peut avoir des retentissements sur la santé, par exemple :
    • une diminution des capacités d’apprentissage et de mémorisation, à long terme,
    • une impulsivité accrue,
    • un impact sur les émotions et l’humeur,
    • une augmentation du risque d’alcoolodépendance.
Le "binge drinking"

Ce terme anglais désigne une absorption d’alcool épisodique mais très importante (au moins 4 verres ou plus d'alcool en moins de deux heures pour une fille et 5 verres pour un garçon). En français, on parle de "conduite d’alcoolisation aiguë", de "recherche d’ivresse" (ou, plus familièrement, de "défonce" ou de "cuite").

En France, en 2011, plus de 50 % des jeunes de 17 ans avaient pratiqué le "binge drinking" dans les 30 jours avant le sondage. Ce phénomène prend de l'ampleur, notamment chez les filles.

Les habitudes des Français en matière d’alcool

La France figure parmi les pays du monde les plus gros consommateurs de boissons alcoolisées. Bien que depuis 40 ans, la consommation d'alcool ait diminué, 10 % des français sont en difficulté avec l'alcool.

Les façons de consommer de l'alcool ont progressivement évolué, comme le montrent les données du Baromètre Santé 2014.

Les données du Baromètre Santé 2014 montrent que :

  • 13,6 % des adultes ne boivent jamais ;
  • 9,7 % des adultes boivent tous les jours (3 hommes pour 1 femme) ;
  • au quotidien, le vin est la boisson alcoolisée la plus consommée ;
  • les quantités bues chaque jour ont baissé depuis 40 ans, mais les consommations d'alcool ponctuelles et excessives sont de plus en plus nombreuses.

Les données du Baromètre Santé 2014 montrent que :

  • 58,9 % des adolescents âgés de 17 ans ont déclarés avoir déjà été ivres au cours de leur vie ;
  • 25,3 % déclarent avoir eu 3 épisodes d'ivresse au cours des 12 derniers mois.
Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Alcool et santé. Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Baromètre Santé 2014. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2016 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Alcool. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2016 [consulté le 22 juillet 2016]
  • Institut national du Cancer (INCa). Alcool et cancers. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 22 juillet 2016]