Arrêter sa consommation en cas de dépendance à l'alcool

26 juillet 2017
En cas d’alcoolodépendance, vous pouvez entreprendre un sevrage sur le long terme. Les professionnels de santé, les associations de patients ou vos proches vous aideront dans cette démarche.

S’arrêter complètement de boire en cas d’alcoolodépendance

L’arrêt de consommation d’alcool passe par une phase de " ". Le but est de contrôler et de prévenir les symptômes du manque d’alcool, mais aussi de débuter une nouvelle vie sans alcool. Arrêter de boire consiste à changer sa manière de vivre et souvent à modifier ses relations aux autres.

Arrêter l’alcool ne se fait ni dans l’urgence, ni sur un coup de tête.

La décision de se sevrerde l'alcoolet la demande d’aide doit venir de vous-même, au moment où vous l'aurez choisi.

Pour commencer, il est nécessaire:

  • de prendre conscience de votre dépendance;
  • d’admettre que vous avez besoin d’aide. En effet, l’arrêt de l’alcool nécessite un soutien prolongé sur les plans médical et psychique, voire social. Cet accompagnement peut être coordonné par un addictologue (spécialiste de la dépendance physique et psychologique à une substance, ou à un comportement).

La prise en charge du

Vous pouvez décider d’être pris en charge soit à l’hôpital, soit à votre domicile. Dans les deux cas, le associe :

  • une hydratation correcte (il faut boire beaucoup d’eau) ;
  • la prescription de vitamines B1 et B6 ;
  • un traitement par benzodiazépines (médicaments destinés à prévenir le syndrome de ) pour une courte période (une semaine environ).

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Si vous présentez des troubles psychiques ou une maladie associée à l’alcoolodépendance, ils seront pris en compte dans le traitement mis en place.

Dans 80 à 95 % des cas, les personnes dépendantes à l’alcool le sont également au tabac. Si vous êtes dans cette situation, une aide complémentaire vous sera proposée pour l’arrêt du tabac.

Alcool Info Service

Pour obtenir un soutien ou des informations sur l’alcool, appelez Alcool Info Service au 0 980 980 930, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7 (appel non surtaxé, au prix d’une communication locale depuis un poste fixe). Vous pouvez aussi consulter alcoolinfoservice.fr. Ce site vous permet notamment :

  • d’évaluer votre consommation et d’en suivre la progression ;
  • d’accéder à la liste des structures d’aide les plus proches de chez vous ;
  • d’échanger avec des personnes vivant des difficultés similaires.

Apprendre à vivre sans alcool après le traitement

Après votre , vous allez apprendre à trouver un nouvel équilibre, sans alcool. Cette phase du traitement est la plus importante pour éviter toute rechute.

Il est important de pouvoir être accompagné(e) de façon prolongée sur le plan :

  • médical (suivi de l'état de santé) ;
  • psychologique ( de soutien) ;
  • et social (adaptation de l'environnement et des liens facilitant l'abstinence).

Si vous êtes alcoolo-dépendant, un médicament qui aide au maintien de l’abstinence peut vous être prescrit. Ces médicaments qui découragent la consommation d'alcool en agissant au niveau du cerveau sont :

  • le Disulfirame ;
  • l’Acamprosate ;
  • la Naltrexone.

À noter qu'il existe un médicament, le nalméfène, indiqué chez les personnes dépendantes à l'alcool, souhaitant réduire leur consommation d'alcool pour atteindre une consommation contrôlée et non un complet.

Par ailleurs, si vous vous sentez seul durant cette période, faites-vous épauler par :

  • vos proches ;
  • les services sociaux ;
  • des groupes de parole ou des associations d’entraide.
Baclofène et dépendance à l’alcool ?

Le baclofène est un myorelaxant, utilisé depuis 1975 dans le traitement de certaines contractures musculaires.

Par l'arrêté du 6 juin 2014 paru au journal officiel du 13 juin, le Ministère des affaires sociales et de la santé autorise le remboursement du baclofène dans le traitement de la dépendance à l'alcool, dans le cadre de la recommandation temporaire d'utilisation. Il peut être prescrit pour la prise en charge après échec des autres thérapeutiques disponibles chez les patients alcoolo-dépendants dans les deux indications suivantes :

  • aide au maintien de l’abstinence après chez des patients dépendants à l’alcool ;
  • réduction majeure de la consommation d’alcool jusqu'au niveau faible de consommation tel que défini par l’OMS chez des patients alcoolo-dépendants à haut risque.

Un suivi médical est indispensable en raison du risque d'effets secondaires : aggravation d'une pathologie psychiatrique, déclenchement de crises épileptiques chez un patient atteint d'épilepsie...

Sources
  • Société française d’Alcoologie (SFA). Recommandation. Mésusage, de l'alcool : dépistage, diagnostic et traitement. Site internet : SFA. Issy-les-Moulineaux (France) ; 2014 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Sevrage du patient alcoolo-dépendant : de nouveaux indicateurs pour évaluer la prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Association française de formation médicale continue en Hépato-Gastro-Entérologie (fmcgastro). Le traitement médicamenteux de la dépendance alcoolique (en dehors de la période aiguë). Site internet : fmcgastro. Nancy (France) ; 2013 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). RTU du Baclofène dans la prise en charge du patient alcoolo-dépendant. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2017 [consulté le 26 juillet 2017]
  • Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Alcool et professionnels de santé : outils pour en parler et repérer. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2013 [consulté le 27 juillet 2016]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Alcool et santé. Site internet : INSERM. Paris ; 2016 [consulté le 27 juillet 2016]