Arrêter sa consommation d'alcool en cas de dépendance

18 décembre 2018
En cas d’alcoolodépendance, vous pouvez entreprendre un sevrage sur le long terme. Les professionnels de santé, les associations de patients ou vos proches vous aideront dans cette démarche.

S’arrêter complètement de boire en cas d’alcoolodépendance

Le : une étape indispensable en cas de dépendance à l'alcool

L’arrêt de consommation d’alcool passe par une phase de "".

Le but du est de contrôler et de prévenir les symptômes liés au manque d’alcool, mais aussi de débuter une nouvelle vie sans alcool. Arrêter de boire consiste à changer sa manière de vivre et souvent à modifier ses relations aux autres.

Arrêter l’alcool ne se fait ni dans l’urgence, ni sur un coup de tête.

La décision de sevrage et la demande d’aide doit venir de vous-même, au moment où vous l'aurez choisi.

Pour commencer, il est nécessaire:

  • de prendre conscience de votre dépendance à l'alcool ;
  • d’admettre que vous avez besoin d’aide. En effet, l’arrêt de l’alcool nécessite un soutien prolongé sur les plans médical et psychique, voire social. Cet accompagnement peut être coordonné par un addictologue (spécialiste de la dépendance physique et psychologique à une substance, ou à un comportement).

Où a lieu le de l'alcool ?

Vous pouvez décider d’être pris en charge soit à l’hôpital, soit à votre domicile.

Dans les deux cas, le de l'alcool associe :

  • une hydratation correcte (il faut boire beaucoup d’eau) ;
  • la prescription de vitamines B1 et B6 ;
  • un traitement par benzodiazépines (médicaments destinés à prévenir le syndrome de ) pour une courte période (une semaine environ).

Vidéo : Le de l'alcool

© Pulsations Multimedia « Allô Docteurs »

La prise en charge des maladies liées à l'alcool ou des autres addictions

Si vous présentez des troubles psychiques ou une maladie associée à l’alcoolodépendance, ils seront pris en compte dans le traitement mis en place.

Dans 80 à 95 % des cas, les personnes dépendantes à l’alcool le sont également au tabac. Si vous êtes dans cette situation, une aide complémentaire vous sera proposée pour l’arrêt du tabac.

Alcool Info Service

Pour obtenir un soutien ou des informations sur l’alcool, appelez Alcool Info Service au 0 980 980 930, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7 (appel non surtaxé, au prix d’une communication locale depuis un poste fixe). Vous pouvez aussi consulter alcoolinfoservice.fr. Ce site vous permet notamment :

  • d’évaluer votre consommation et d’en suivre la progression ;
  • d’accéder à la liste des structures d’aide les plus proches de chez vous ;
  • d’échanger avec des personnes vivant des difficultés similaires.

Apprendre à vivre sans alcool après le traitement

Après votre , vous allez apprendre à trouver un nouvel équilibre, sans alcool. Cette phase du traitement est la plus importante pour éviter toute rechute de consommation d'alcool.

Il est important de pouvoir être accompagné(e) de façon prolongée sur le plan :

  • médical (suivi de l'état de santé) ;
  • psychologique ( de soutien) ;
  • et social (adaptation de l'environnement et des liens facilitant l'abstinence à l'alcool).

Après le , si vous restez alcoolodépendant, un médicament qui aide au maintien de l’abstinence peut vous être prescrit. Ces médicaments qui découragent la consommation d'alcool en agissant au niveau du cerveau sont :

  • le disulfirame ;
  • l’acamprosate ;
  • la naltrexone.

À noter qu'il existe un médicament, le nalméfène, indiqué chez les personnes dépendantes à l'alcool, souhaitant réduire leur consommation d'alcool pour atteindre une consommation contrôlée et non un complet.

Par ailleurs, si vous vous sentez seul durant cette période, faites-vous épauler par :

  • vos proches ;
  • les services sociaux ;
  • des groupes de parole ou des associations d’entraide.
Baclofène et dépendance à l’alcool ?

Le baclofène est un relaxant musculaire d’action centrale indiqué dans le traitement des contractures spastiques d’origine neurologique.

En octobre 2018, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé octroie une autorisation de mise sur le marché du baclofène (spécialité BACLOCUR®) dans le traitement de patients alcoolo-dépendants à la dose maximale de 80 mg/jour.

Lors d'un traitement par baclofène, un suivi médical est indispensable en raison du risque d'effets secondaires : aggravation d'une pathologie psychiatrique, déclenchement de crises épileptiques chez un patient atteint d'épilepsie...

Sources
  • Santé publique France - Inpes. Alcool et professionnels de santé : outils pour en parler et repérer. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2013 [consulté le 6 novembre 2018]
  • Santé publique France - Inpes. La Santé de l’homme – Jeunes et alcool : quelle prévention ? Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2008 [consulté le 6 novembre 2018]
  • Santé publique France. Alcool. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2018 [consulté le 5 novembre 2018]
  • Ministère des solidarités et de la santé. L'addiction à l'alcool. Site internet : Ministère des solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 5 novembre 2018]
  • Société française d’alcoologie. Recommandation de bonne pratique 2014 - Mésusage de l'alcool : dépistage, diagnostic et traitement. Site internet : Société française d’alcoologie. Issy-les-Moulineaux (France) ; 2014 [consulté le 5 novembre 2018]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Sevrage du patient alcoolo-dépendant : de nouveaux indicateurs pour évaluer la prise en charge. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 6 novembre 2018]
  • Association française de formation médicale continue en Hépato-Gastro-Entérologie (fmcgastro). Le traitement médicamenteux de la dépendance alcoolique (en dehors de la période aiguë). Site internet : fmcgastro. Nancy (France) ; 2013 [consulté le 6 novembre 2018]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Autorisation de mise sur le marché pour une utilisation du baclofène dans l’alcoolo-dépendance - Communiqué. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2018 [consulté le 6 novembre 2018]