Le traitement de l’adénome de la prostate

13 novembre 2019
L’adénome de la prostate peut faire l’objet d’une simple surveillance. Mais lorsque la gêne est modérée, un traitement médicamenteux est utile. Enfin, la chirurgie est proposée lorsque les troubles urinaires sont importants.

Adénome de la prostate : comment choisir le traitement ?

Le choix du traitement de l' de la prostate dépend :

  • de l'importance de la gêne ressentie,
  • du volume de l',
  • de son retentissement dans la vie de tous les jours,
  • et de l'état de santé général du patient.

Plusieurs solutions existent :

  • la simple surveillance peut être proposée lorsque :
    • l' est de petite taille,
    • la gêne est légère ou bien supportée,
    • il n'existe pas de complications,
    • la vessie se vide bien ;
  • le traitement médicamenteux est indiqué lorsque la gêne est modérée ;
  • si le traitement médical n'est pas suffisant ou s'il existe des complications de
    l' de la prostate
    , une intervention chirurgicale est proposée.

Adénome de la prostate : pas de traitement mais une surveillance

Si l' de la prostate est de petit volume et n'altère pas la qualité de vie, aucun traitement n'est nécessaire, mais une surveillance médicale est indispensable en raison du risque éventuel de survenue d'une complication.

Des règles hygiénodiététiques sont à suivre :

  • suppression des boissons contenant de la caféine ;
  • arrêt de la consommation d'alcool ;
  • diminution des apports hydriques le soir (eau, soupes...) ;
  • pratique d'une activité physique régulière ;
  • prévention de la constipation.

Le traitement médicamenteux de l’adénome de la prostate

Le traitement médical est commencé lorsque les troubles urinaires deviennent gênants et altèrent la qualité de vie.

Le traitement médicamenteux est toujours associé aux règles hygiénodiététiques.

Il existe différentes classes de médicaments, utilisées seules ou en association, dont les principales sont :

  • les alpha-bloquants qui luttent contre la contraction des voies urinaires et permettent d'uriner plus facilement. Ils n'ont pas d'effet sur le volume de la prostate. Les bénéfices se font sentir au bout de deux jours de traitement et les effets secondaires sont peu fréquents (vertiges, maux de tête, , palpitations, trouble de l'éjaculation) ;
  • les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase qui bloquent la fabrication de la et ainsi diminuent le volume de la prostate de 25 à 30 % au bout d'un an. Il existe fréquemment des effets secondaires : baisse de la et problème d'érection ;
Finastéride : attention aux effets indésirables

Pendant et après l'utilisation de finastéride, des effets indésirables ont été observés :

Si vous présentez des effets indésirables notamment psychiatriques, consultez rapidement votre médecin traitant.

  • une association alpha-bloquant et inhibiteur de la 5-alpha-réductase, en seconde intention ;
  • les extraits végétaux (palmier de Floride ou prunier d’Afrique), dont le mécanisme d’action n’est pas connu exactement. Ces produits, même en traitement continu, ne font pas l’objet de recommandations officielles et ne peuvent dispenser d’une surveillance médicale régulière. l'association de la phytothérapie avec les autres traitements médicaux n'est pas recommandée.

Le traitement chirurgical de l’adénome de la prostate

La chirurgie de l' de la prostate peut être proposée lorsque :

  • le traitement médicamenteux est inefficace ;
  • la gêne au quotidien est importante ;
  • il y a une complication de l' de la prostate.

Différentes techniques chirurgicales peuvent être utilisées :

  • la de l' de la prostate par .  L' de la prostate est enlevé sous forme de copeaux grâce à une anse électrique de résection.
    Les complications peuvent être :
    • la présence de sang dans les urines ;
    • une rétention urinaire transitoire ;
    • une infection urinaire ;
    • une phlébite ;
    • une très fréquente (dans environ 75 % des cas) ;
    • une incontinence urinaire transitoire.
  • l'incision cervico-prostatique consiste à pratiquer une petite incision de la prostate par voie endoscopique pour élargir le col vésical. Cet acte ne permet pas de retirer
    l' de la prostate.
    Les complications peuvent être :
  • l'adénomectomieou ablation chirurgicale de l' par voie haute abdominale.
    L' est enlevé manuellement grâce à une incision de la paroi abdominale au dessus du pubis et de la paroi de la vessie.
    Les complications peuvent être :
    • la présence de sang dans les urines ;
    • une rétention urinaire transitoire ;
    • une infection de la cicatrice opératoire ;
    • une infection urinaire ;
    • une phlébite ;
    • une très fréquente (dans environ 75 % des cas) ;
    • une incontinence urinaire transitoire.
  • la pose d'un (anneau) prostatique, placé dans le canal par lequel s'écoule l'urine (l'), au niveau de la prostate. Cette intervention peut être proposée pour faciliter l'écoulement de l'urine. Ce traitement est proposé aux personnes qui ne sont pas opérées.
    Les complications peuvent être :
    • une infection urinaire ;
    • une obstruction progressive (le doit alors être changé).

Il existe des alternatives aux traitements chirurgicaux de référence : c'est, entre autres techniques, la chirurgie endoscopique par ou la vaporisation transurétrale électrique de la prostate. Ces techniques constituent une option thérapeutique compte tenu des avantages qu'elles présentent, notamment une hospitalisation plus courte et une convalescence plus rapide.

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  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Finastéride : rappel sur les risques de troubles psychiatriques et de la fonction sexuelle - Point d'Information du 01/02/2019. Site internet : Ansm. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 4 février 2019]