Adénome de la prostate : symptômes, diagnostic et évolution

06 juillet 2021
L’adénome de la prostate se manifeste par des symptômes urinaires (besoins fréquents d’uriner, jet urinaire faible, etc.) évoluant progressivement. Le médecin établit le diagnostic grâce à au toucher rectal. S’il n’est pas traité, l'adénome peut entraîner des complications.

Les symptômes de l'adénome de la prostate

Les principaux symptômes d’un de la prostate sont urinaires et ils sont dus à la compression de l' par l' . En effet, la diminution du calibre de l' gêne la vidange de la vessie.

Les symptômes apparaissent progressivement et vont souvent en s'aggravant. Ils retentissent sur la qualité de vie.

Les signes d' de la prostate les plus courants sont :

  • un besoin fréquent d'uriner (pollakiurie), de jour comme de nuit :
    • réveils nocturnes pour uriner jusqu'à cinq fois par nuit,
    • besoin d'uriner moins de deux heures après avoir fini d'uriner dans la journée ;
  • des besoins urgents d'uriner avec difficultés à se retenir ;
  • l'interruption du jet d'urine  se traduisant par un démarrage retardé du jet, suivi d'un arrêt puis d'un redémarrage ;
  • une diminution de la force ou de la taille du jet d'urine (voire une au goutte à goutte) et une obligation de forcer sur la vessie pour uriner ;
  • la sensation de ne pas avoir entièrement vidé sa vessie après avoir uriné, avec des gouttes d'urine retardataires ;
  • des fuites urinaires ;
  • une impossibilité brutale d'uriner, ou une rétention aiguë d'urine, avec la sensation douloureuse d'avoir la vessie pleine ;
  • des troubles sexuels avec un jet éjaculatoire moins important qu'auparavant.

Si la personne ressent de tels symptômes, il est important qu'elle en parle à son médecin traitant. Ce dernier peut évaluer la sévérité de la gêne liée à l' de la prostate en remettant un auto-questionnaire au patient pour caractériser les symptômes urinaires.

Le diagnostic d'adénome de la prostate

Une fois qu'il a pris connaissance des symptômes décrits par le patient, le médecin en évalue l'impact sur la gêne ressentie et la qualité de vie.

Il peut demander à son patient d'établir un calendrier mictionnel sur une période de deux à trois jours (pas obligatoirement consécutifs), en précisant lers apports de liquides par l'alimentation. L'objectif est d'estimer la fréquence des mictions et les difficultés ressenties. Le patient y mentionne :

  • combien de fois il a uriné en 24 heures et à quels moments,
  • le volume d'urines émises,
  • les difficultés à se retenir, à uriner et à vider sa vessie,
  • le nombre de fuites urinaires et leur circonstances de survenue,
  • les circonstances qui ont déclenché l'envie d'uriner...

Il fait le diagnostic de l' de la prostate par un examen médical : le toucher rectal, complété par un test urinaire.

Le toucher rectal pour examiner la prostate

Le médecin palpe la prostate en introduisant son index, protégé par un gant, dans le rectum. Ce geste médical non douloureux permet de vérifier le volume, la surface et la consistance de la prostate à travers la paroi antérieure du rectum.

En cas d' , la prostate :

  • est augmentée de volume,
  • a des bords réguliers, une surface uniforme et lisse, symétrique, sans nodule,
  • présente une consistance ferme sans être dure ou "pierreuse".

Le test urinaire par bandelette

L'examen clinique est complété par un test urinaire, à l'aide d'une bandelette réactive, pour rechercher une éventuelle infection urinaire. Cet examen recherche la présence de leucocytes (globules blancs) et de produits lors d'une infection urinaire. Si le test est positif, un examen cytobactériologique des urines est nécessaire.

D'autres examens en cas d' de la prostate avec complications ou avant chirurgie

Lorsque le médecin a toutes les raisons de penser qu'il s'agit d'un de la prostate, il n'est pas nécessaire de faire des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic. L'examen clinique et le test urinaire suffisent. En cas de suspicion de complications ou dans le cadre d'un bilan pré-opératoire, des examens sont nécessaires.

Une débitmétrie ou mesure du jet urinaire

Cet examen consiste à uriner dans des toilettes spécifiques qui calculent le débit mictionnel, à savoir :

  • le volume des urines,
  • la puissance du jet urinaire,
  • la vitesse d’émission des urines.

Une échographie abdomino-pelvienne

L'échographie abdomino-pelvienne évalue le retentissement de l' de la prostate sur les reins (dialatation des uretères, amincissement des reins...) et sur la vessie. (anomalies de la paroi de la vessie, résidus d'urines en fin de ...)

L'échographie prostatique est réalisée par voie transrectale. Elle permet d'évaluer le volume de la prostate et d'analyser sa structure.

Un bilan sanguin

Le bilan sanguin analyse le fonctionnement des reins.

Le dosage sanguin de l' Prostatique Spécifique (PSA), substance produite par la prostate, n'est demandé que lorsque le toucher rectal fait craindre la présence d'un cancer de la prostate. Le médecin prescripteur informe son patient des modalités de l'examen, de la complexité de l'interprétation des résultats de ce dosage biologique. Il est le mieux placé pour en expliquer la signification.
La valeur seuil de normalité des PSA la plus souvent retenue est de 4 ng/ml (elle dépend de la technique du test utilisé).
De nombreuses situations, en dehors du cancer de la prostate, peuvent expliquer un taux élevé de PSA : un de la prostate, une éjaculation récente, un toucher rectal récent, une infection urinaire avec , une intervention chirurgicale récente de la prostate, une urinaire.

Vidéo : Le toucher rectal dans l'examen de la prostate

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L'évolution de l'adénome de la prostate

Lorsqu'il entraine des symptômes, l' de la prostate bénéficie d'un traitement médical ou chirurgical. Le traitement choisi permet de diminuer le volume de la prostate.

En l'absence de prise en charge thérapeutique, l' de la prostate continue à augmenter de volume et peut entraîner certaines complications :

  • une dans la vessie, responsable :
    • d'infections urinaires à répétition,
    • d'infection de la prostate ( ),
    • de calculs de la vessie ;
  • un retentissement sur le fonctionnement des reins avec apparition d’une insuffisance rénale. Des examens complémentaires (ECBU, analyses de sang, échographie abdomino-pelvienne...) et un traitement adapté sont alors nécessaires.
  • une rétention aiguë d'urine (le patient ne peut plus uriner, l’adénome faisant obstacle à l’évacuation de l’urine). Il s'agit, dans ce cas, d'une urgence. La rétention aiguë nécessite une hospitalisation pour réaliser un bilan et un sondage afin de vider la vessie.

  • Haute Autorité de santé (HAS). Traitement des symptômes du bas appareil urinaire liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate par laser. Rapport d'évaluation technologique. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (Paris) ; 2013 [consulté le 6 juillet 2021]
  • Association française d'urologie (AFU). Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Site internet : Urofrance. Paris ; 2017 [consulté le 6 juillet 2021]
  • Seisen T, Drouin S-J, Rouprêt M. Hypertrophie bénigne de la prostate. In : Traité de médecine AKOS. Paris : Elsevier Masson ; 2017;12(1):1-10