Addiction à l'alcool et au tabac

L'alcool et le tabac ont un pouvoir addictif. Leur consommation est autorisée et réglementée. Fumer et boire de l'alcool comportent des risques plus ou moins importants pour la santé, avec, en particulier, un risque de dépendance.

L'alcoolodépendance

Il est possible d’avoir un usage simple de l’alcool sans dépendance et addiction. Cependant, en cas de consommation fréquente, l’installation d’une dépendance à l’alcool, ou alcoolodépendance, est souvent insidieuse. Il peut s’écouler plusieurs années avant qu’il y ait une prise de conscience de l’addiction à l’alcool.

L’alcoolodépendance se traduit par un besoin impérieux et récurrent d’absorber des boissons alcoolisées. Elle peut être associée à une envie d’arrêter ou de reprendre le contrôle de sa consommation.

Aux différents stades d’usage de l’alcool (ponctuel, régulier et de dépendance), la consommation d’alcool n’est pas sans risque. D’autant qu’une consommation excessive d’alcool, même ponctuelle, accroît le risque d’accidents et d’actes de violence, en plus des risques sur la santé.

Une valeur repère de consommation à moindre risque est de 10 verres d'alcool standard par semaine, maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour. Il est également recommandé d'avoir des jours dans la semaine sans consommation.

Après 65 ans, l'organisme tolère moins bien l'alcool et les recommandations sont adaptées à l'âge. Consulter l'article Consommation d'alcool : avec l'âge, des risques accrus pour la santé.

Évaluer son comportement vis-à-vis de l’alcool

Une consommation régulière d’alcool peut mener à un risque d’alcoolodépendance. Il importe d’être particulièrement vigilant dans les cas suivants :

  • votre consommation est excessive, répétée et/ou incontrôlée ;
  • vous ressentez un manque lorsque vous ne buvez pas d’alcool ;
  • vous devez boire pour éliminer des phénomènes désagréables (tremblements, agitation, anxiété, etc.), qui surviennent lorsque vous restez à jeun ;
  • vous avez arrêté certaines activités (études, travail, loisirs) parce que vous consommez trop d’alcool ;
  • votre entourage vous fait des remarques sur vos habitudes liées à la boisson.

Si vous vous retrouvez dans l’une ou plusieurs de ces situations, il est possible que vous ayez un réel problème avec l’alcool. Le cas échéant, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant. Il peut vous aider à dresser un bilan plus précis, et à lutter contre une éventuelle dépendance.

Par ailleurs, le questionnaire en ligne AUDIT dépendance à l’alcool, sur le site automesure.com, vous permet d’évaluer votre éventuelle dépendance.

Alcool et jeunes : quels sont les risques ?

Les usages d’alcool des jeunes diffèrent de ceux de leurs aînés. En effet, les jeunes boivent de l'alcool moins régulièrement, mais de manière plus excessive, avec des épisodes d'alcoolisation ponctuelle importante et des états d'ivresse. Or, l’usage précoce de l’alcool expose au risque accru d’addiction. En effet, consommer de l’alcool dès le début de l’adolescence multiplie par 10 le risque de devenir alcoolodépendant à l’âge adulte, par rapport à une initiation vers l’âge de 20 ans.

La consommation d’alcool chez les jeunes

Si les jeunes consomment moins régulièrement de l’alcool par rapport à leurs aînées, les quantités sont bien plus importantes lorsqu’ils le font. Deux études montrent qu’en 2017, une alcoolisation ponctuelle importante a été déclarée chez :

  • 44 % des jeunes de 17 ans au cours du mois. Ces résultats confirment l’importante consommation d’alcool à l’adolescence. Les comparaisons avec les années précédentes montrent toutefois un léger recul de ce type d’expérimentation depuis 2014 ;
  • 54 % des 18-24 ans au cours de l'année.

La dépendance au tabac

Le pouvoir addictif du tabac

En plus des nombreuses maladies auxquelles il expose, le tabac a un pouvoir très addictif ; 32 % des consommateurs en sont dépendants. La mise en place de cette dépendance est très rapide puisqu’elle peut se développer en quelques semaines.

Cette dépendance se caractérise par la perte de la liberté de s’abstenir de fumer. Elle est due aux effets de la nicotine, substance naturelle contenue dans la feuille de tabac.

Le tabac occasionne une dépendance physique, mais engendre également une dépendance psychologique et comportementale.

Évaluer sa dépendance grâce au test de Fageström (PDF).

La dépendance physique

La nicotine agit sur le système nerveux, en créant une dépendance, tout comme le ferait une drogue telle que l'héroïne. Quelques secondes après l'inhalation de la fumée de cigarette, elle produit des sensations de bien-être physique auxquelles il est difficile de résister.

La dépendance psychologique

Fumer permet de diminuer son stress ou son anxiété, de surmonter ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc.

Cette dépendance est liée aux effets psychoactifs de la nicotine qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle. La nicotine agit comme un anxiolytique et un coupe-faim.

La dépendance comportementale

Fumer est associé à un environnement, des personnes, des situations, des lieux, etc. qui suscitent l'envie et le plaisir de fumer. Quand on envisage d’arrêter de fumer, il est donc important de réfléchir à ce qui peut être fait pour éviter ces situations.

Tabac et jeunes : quels sont les risques ?

Commencer à fumer à l’adolescence augmente :

  • fortement le risque de devenir dépendant, risque qui s’atténue lors d’une initiation à l’âge adulte ;
  • le risque d'apparition d’autres dépendances : alcool, cannabis, etc.

Lutte contre le tabagisme : des résultats encourageants

En France, les différentes politiques de lutte contre le tabac menées ces dernières années commencent à porter leurs fruits : augmentation régulière du prix du tabac, remboursement des substituts nicotiniques, opération « Mois sans Tabac » qui se déroule chaque mois de novembre depuis 2016, etc.

En effet, 35,1 % des adultes déclaraient fumer, dont 29,4 % quotidiennement en 2016. Ces proportions étaient globalement stables depuis 2010. En 2020, l’usage quotidien du tabac est passé à 25,5 %. Ceci se traduit par une réduction de 1,6 million de fumeurs ; une bonne partie a arrêté l’usage du tabac ces dernières années et le nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme a diminué.

  • Ministère des Solidarités et de la santé. L’addiction à l’alcool. Site internet : Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris ; 2021 [consulté le 1er décembre 2022]
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Addictions. Site internet : Inserm. Paris ; 2020 [consulté le 1er décembre 2022]
  • Richard JB, Andler R, Cogordan C, Spilka S, Nguyen-Thanh V, et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017. La consommation d’alcool chez les adultes en France en 2017. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(5-6):89-97.
  • Bourdillon F. Éditorial. 1,6 million de fumeurs en moins en deux ans, des résultats inédits. Bull Epidémiol Hebd. 2019;(15):270-1.
  • Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Addictions : alcool, tabac, drogues… Site internet : INRS. Paris ; 2021 [consulté le 21 juin 2022]
  • National Health service (NHS). Addiction. Site internet : NHS. Londres ; 2021 [consulté le 21 juin 2022]
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