Comment se déroule un accouchement ?

09 juillet 2019
Après des mois d’attente et de préparation, le jour J est arrivé. Vous allez bientôt faire connaissance avec votre bébé ! Comment va se dérouler votre accouchement ?

La position du bébé au moment de l’accouchement

Le plus souvent, quelques semaines avant la naissance, le bébé se positionne naturellement pour sa venue au monde : tête en bas et bien fléchie. Cette présentation céphalique permet, le plus souvent, un accouchement normal, par voie basse.

Cependant, il arrive que certains bébés viennent au monde dans d’autres positions. N’ayez pas d’inquiétude, dans la très grande majorité des cas, la naissance se passe néanmoins très bien.

  • Le bébé se présente par le siège : les fesses du bébé se présentent en premier pour l’accouchement. Si cette position est décelée lors du huitième mois de grossesse, l’obstétricien peut essayer de retourner le fœtus en bonne position, par manœuvre externe.
  • Le bébé se présente tête en bas mais non fléchie : cette position rend la descente du bébé dans le bassin plus longue et donc plus difficile.
  • Le bébé se présente par la face : sa tête est en extension complète. L’accouchement par voie basse est difficile : une césarienne est alors nécessaire.
  • Le bébé se présente par le front et l’épaule : le recours à la césarienne est là aussi nécessaire.

La position la plus fréquente du fœtus

Schéma représentant la position la plus fréquente d’un fœtus dans l’utérus, avec la tête vers le bas, les bras et les jambes repliés contre son corps

L’accouchement par voie basse

L’enfant naît spontanément en position du sommet entre 37 et 42 semaines d’aménorrhée.

Le déclenchement du travail le plus souvent spontané

Le début du travail, lors d’un accouchement par voie basse, est le plus souvent spontané. Il est marqué par la survenue de contractions qui, au fil des heures, deviendront de plus en plus intenses et régulières, associées parfois à la rupture de la poche des eaux.

Au moment de la naissance, la poche de liquide amniotique (dite poche des eaux) dans laquelle baigne votre bébé depuis des mois, se rompt, entraînant un écoulement clair appelé « perte des eaux ».
Cette rupture peut avoir lieu spontanément, dès le début du travail, alors que vous êtes toujours à votre domicile par exemple. Vous devez alors vous rendre à la maternité même si les contractions ne sont pas encore intenses.
Si la poche des eaux ne s'est pas rompue spontanément, la sage-femme peut décider de la provoquer, alors que le travail est déjà avancé.

Dans certains cas, votre obstétricien décide de procéder au déclenchement de l’accouchement pour des raisons médicales :

La fiche d’information sur le déclenchement artificiel de l'accouchement (PDF, 15.41 Ko) éditée par la Haute autorité de santé apporte davantage de détails sur le sujet.

© Blausen Medical

L’accouchement par voie basse se déroule en trois phases.

La dilatation du col de l'utérus

Pour la naissance d’un premier bébé (on dit que la maman est primipare), cette phase de dilatation du col de l'utérus dure environ huit heures. Elle ne dure plus que quatre heures en moyenne, chez une femme multipare ayant déjà eu au moins un enfant.

Les contractions, d’abord brèves et espacées (toutes les dix minutes) se rapprochent (cinq minutes, puis moins), deviennent régulières, plus intenses et douloureuses. Sous l’effet des contractions, le col de l'utérus s’ouvre très progressivement.

C’est durant cette phase que vous vous rendez à la maternité. À l'arrivée, vous êtes prise en charge et examinée par la sage-femme ou l’obstétricien. Si le travail est suffisamment avancé, vous êtes installée en salle de travail.

Durant cette phase, vous êtes autorisée à consommer des liquides clairs (eau, thé sans lait, café noir, boissons gazeuses ou non, jus de fruit sans pulpe), mais vous ne prenez pas d'aliments solides.

La surveillance des battements du cœur du bébé lors des contractions utérines est assurée par un monitoring. Il s’agit d’un enregistrement des battements du cœur de votre bébé, effectué grâce à un capteur placé sur votre . Le but du monitoring est de détecter d’éventuels signes de souffrance du bébé lors des contractions.

Soulager la douleur des contractions

Si vous souhaitez accoucher sous , une analgésie locorégionale est réalisée au début du travail par un médecin anesthésiste. Une aiguille est introduite dans l'espace péridural entre deux vertèbres lombaires. Un fin cathéter est poussé par l'aiguille et l'aiguille est retirée. Par ce cathéter, relié à une pompe d'auto-administration et laissé en place durant l'accouchement, vous pouvez gérer vous-même, sous contrôle médical, les douleurs ressenties.
L'anesthésie supprime le caractère douloureux des contractions utérines, sans pour autant faire perdre conscience. Elle permet de vivre l’accouchement plus sereinement.

 

Les chiffres 2016 de la prise en charge de la douleur de l'accouchement

Avant leur arrivée à la maternité, seules 14,6 % des femmes ne souhaitaient pas d’analgésie . Pendant le travail, le recours à l’analgésie passe de 78,9 % à 82,2 %.
La prise en charge de la douleur évolue vers une approche de meilleure qualité et plus diversifiée :

  • recours plus fréquent d’une technique d’analgésie contrôlée par voie avec utilisation d'une pompe qui permet aux femmes de contrôler les doses d’analgésiques administrées,
  • utilisation en hausse, passant de 14,3 % en 2010 à 35,5 % en 2016, de méthodes non médicamenteuses (immersion, relaxation, acupuncture, hypnose ou massages), que les femmes aient eu ou non une anesthésie .

La naissance du bébé ou l'expulsion

La phase d’expulsion du bébé est relativement courte et ne dure qu’une trentaine de minutes environ.

Lorsque le col de l'utérus est ouvert complètement (la dilatation du col atteint alors 10 cm) et que la tête du bébé (la partie la plus large) est bien engagée dans le bassin, la sage-femme ou l’obstétricien vous demande de pousser. Ces poussées, lors des contractions, permettent l’expulsion du bébé.
Une fois la tête sortie, le corps du bébé glisse sans difficulté.
Votre bébé est né ! La sage-femme coupe le cordon ombilical, vérifie la bonne vitalité de votre bébé et pose votre enfant contre vous.

Quelques aides médicales utiles dans certains accouchements

  • Si la dilatation est complète mais si le fœtus n'est pas assez descendu dans le bassin ou si la mère ne ressent pas d'envie de pousser, une administration d'oxytocine déclenche des contractions permettant l'accouchement par voie basse.
  • Lors des efforts de poussée, il peut être nécessaire de réaliser une (incision du à la partie postérieure de la vulve, destinée à agrandir l'orifice vulvaire) afin d’éviter les déchirures du .
  • Certains accouchements par voie basse requièrent des techniques instrumentales ; on dit que l’accouchement est « assisté ». L’obstétricien peut être amené à les pratiquer lorsque le bébé supporte mal la phase d’expulsion, donne des signes anormaux enregistrés sur le monitoring ou si la maman se fatigue trop, ne peut fournir les efforts nécessaires à l’expulsion. À l’aide de forceps, de spatules ou de ventouses, cette extraction instrumentale est réalisée sous anesthésie locale, ou générale.
Le bon usage de l'

Le taux d’épisiotomie continue à diminuer (de 27 % à 20 % des femmes entre 2010 et 2016), après les recommandations du CNGOF en 2005 de ne pas faire d’épisiotomie systématique, en raison de l’absence de bénéfice dans la prévention des lésions sévères du .

La délivrance

L’accouchement ne s’achève réellement que vingt à trente minutes plus tard. Sous l’effet de nouvelles contractions utérines, la maman expulse le . C'est ce qu’on appelle la délivrance.

Pour prévenir le risque d'hémorragie du post-partum, de l'oxytocine est administrée à la maman juste avant ou après la naissance du bébé.

Si une hémorragie survient alors que le n'est que partiellement décollé ou si la délivrance n'a pas eu lieu 30 minutes après la naissance (au plus 60 minutes), une (extraction manuelle du hors de l'utérus) est réalisée.

L’accouchement par césarienne

En France, environ 20 % des accouchements se font chaque année par césarienne. Ce taux reste stable depuis 2010.

La césarienne est un acte opératoire pratiqué au bloc opératoire par un obstétricien.

Elle est réalisée sous , sous anesthésie locorégionale ou générale.

La césarienne peut être programmée à l’avance, par exemple si :

  • le bébé se présente de manière particulière ;
  • si le bassin de la maman est trop étroit ;
  • si le bébé est un gros bébé ;
  • dans certains cas de grossesse à risque.

La césarienne peut être réalisée en urgence lorsque l’accouchement par voie basse se révèle au dernier moment difficile -ou impossible- ou lorsque le monitoring enregistre des signes de .

Les informations utiles sur le site Mpedia

Le site Mpedia vous aide à mieux comprendre quelques questions que les parents viennent à se poser, notamment :

  • Haute Autorité de santé (HAS). Accouchement normal. Accompagnement de la physiologie et interventions médicales. Décembre 2017. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2018 [consulté le 12 mars 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Déclenchement artificiel du travail à partir de 37 semaines d’aménorrhée. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2008 [consulté le 12 mars 2019]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF). Recommandations pour la pratique clinique.Prévention et protection périnéale en obstétrique. Site internet : CNGOF. Paris ; 2018 [consulté le 12 mars 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Indications de la césarienne programmée à terme. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 12 mars 2019]
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF). Accouchement, délivrance et suites de couches normales. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 12 mars 2019]
  • Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. Enquête nationale périnatale. Synthèse du rapport 2016. Site internet : Drees-Ministère des Solidarités et de la santé. Paris ; 2017 [consulté le 12 mars 2019]