Le quotidien après un accident vasculaire cérébral

Après la phase aiguë de l’AVC, un suivi médical à vie est indispensable. Respectez bien les traitements et conseils donnés par les professionnels de santé. Faites-vous aider pour le quotidien par vos proches, les associations de patients…

Un suivi médical indispensable après un accident vasculaire cérébral

Après un AVC, le suivi médical

Votre suivi médical est assuré par votre médecin traitant en collaboration avec d’autres professionnels de santé : neurologue, médecin de réadaptation physique, kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute…

Si vous bénéficiez du service de retour à domicile Prado de l'Assurance Maladie à votre sortie d'hôpital, n'oubliez pas de présenter votre carnet de suivi à chaque professionnel pour qu'il le consulte et le remplisse. Cela permettra une meilleure coordination entre vos différents soignants.

Après votre AVC :

  • respectez le rythme des consultations et des bilans ;
  • posez toutes vos questions à votre médecin traitant et pensez à les noter entre les consultations ;
  • n'oubliez pas vos rendez-vous de rééducation ou d'orthophonie ;
  • suivez les recommandations de votre médecin sur :
    • l'hygiène de vie à adopter,
    • la suppression des facteurs de risque cardiovasculaire,
    • l'adaptation de votre lieu de vie ou de votre poste de travail, si nécessaire ;
  • avertissez sans délai votre médecin devant tout symptôme inhabituel ou nouveau qui vous inquiète.

Si vous avez un trouble de l’humeur (vous vous sentez triste ou vous ne dormez pas bien) ou si vous êtes inquiet, n’hésitez pas à en parler à votre médecin ; il peut vous proposer des solutions pour surmonter ces difficultés.

Votre médecin peut vous adresser, si nécessaire, à d'autres professionnels de santé ou vers des associations de patients qui vous aident, vous et vos proches, par l'information, l'écoute, l'échange d'expérience...

Importance du traitement après un AVC

Agir au quotidien sur vos facteurs de risque cardiovasculaire et prendre régulièrement votre traitement médicamenteux sont des éléments importants pour faire régresser les séquelles et prévenir les récidives d'AVC. Plusieurs mois après la survenue d'un accident vasculaire cérébral, il est encore possible de récupérer.

Après un AVC, il est indispensable de bien suivre son traitement :

  • faites-vous expliquer les enjeux et les bénéfices de votre traitement ;
  • respectez bien les prescriptions médicales, ne modifiez pas votre traitement ou ne l'arrêtez pas sans avis médical. Le traitement doit être suivi sans interruption et à vie ;
  • signalez à votre médecin tout effet indésirable dû au traitement, pour qu'il cherche comment l’atténuer ou le prévenir ;
  • informez tout professionnel de santé du traitement que vous prenez.

Grippe et AVC

Après un AVC, il est recommandé de se faire vacciner contre la grippe tous les ans. Ce vaccin est remboursé par l'Assurance Maladie sous certaines conditions : parlez-en à votre médecin.

Des conseils spécifiques en cas de prise d’anticoagulants après un AVC

Les traitements anti-coagulants évitent la formation de caillots dans le sang.

Quels sont les médicaments anti-coagulants ?

Les anticoagulants antivitamine K

Ce traitement nécessite un suivi régulier, par prises de sang, d'un examen appelé INR. L’INR (qui signifie International Normalized Ratio) consiste à mesurer le temps nécessaire pour que le sang coagule. Il sert à évaluer l’efficacité du traitement anti-coagulant anti-vitamine K et permet à votre médecin d’ajuster le dosage du traitement si nécessaire.

En effet, une dose trop forte favorise les saignements des gencives, du nez, etc. et l’apparition de « bleus » ou ecchymoses. Si le saignement est plus important, on parle d’hémorragie. À l’inverse, une dose trop faible favorise la formation de caillots. La surveillance du traitement est donc très importante.

L’efficacité d’un traitement anti-coagulant anti-vitamine K varie en fonction des personnes. Elle peut être influencée par la présence éventuelle d’une autre maladie, par la prise d’un ou de plusieurs autres traitements médicamenteux, ou encore par l’alimentation.

Les anticoagulants oraux non AVK (dabigatran, rivaroxaban, apixaban)

Ce traitement est réservé à certains cas. Il ne bénéficie pas de test biologique de surveillance.

Traitement par anticoagulants : des règles à appliquer

La prise d'un traitement anticoagulant nécessite quelques précautions :

  • comme pour tout traitement, prenez bien les doses de médicament prescrites ;
  • ayez sur vous une carte mentionnant votre traitement ;
  • signalez la prise d'anticoagulants à tous les professionnels de santé que vous consultez (médecin, chirurgien, dentiste, pédicure, infirmière, pharmacien, biologiste, kinésithérapeute, etc.) ;
  • prenez rendez-vous avec votre médecin traitant devant tout signe vous faisant craindre une hémorragie (saignement des gencives, hématomes, sang dans les selles). De plus, pour éviter une coupure ou une chute, ne pratiquez pas de sport violent, ni de travaux dangereux. En cas de saignement, contactez rapidement votre médecin ou rendez-vous aux urgences de l’hôpital le plus proche ;
  • respectez la surveillance imposée par votre traitement.

Antivitamine K (AVK) : des consignes particulières

  • pensez à effectuer en temps voulu les examens sanguins (international normalized ratio ou INR) prescrits par votre médecin ;
  • à chaque INR, veillez à bien faire remplir le carnet de traitement remis par votre médecin (résultat de l'examen, dose journalière de médicament prise depuis le précédent INR, incidents éventuels). Pensez aussi à apporter ce carnet à chaque consultation médicale ;
  • il existe des interactions entre certains aliments et les AVK. Mangez sans excès les aliments contenant une grande quantité de vitamine K (asperge, brocolis, laitue, épinards, chou, chou-fleur, choux de Bruxelles). En effet, une consommation importante pourrait modifier le résultat de votre prochain INR.

Votre pharmacien vous accompagne dans le suivi de votre traitement anticoagulant

Le traitement par anticoagulant oral nécessite une vigilance particulière pour prévenir certains risques d'interactions entre médicaments. En plus du suivi médical de votre médecin traitant, vous pouvez bénéficier de l’accompagnement du pharmacien de votre choix. Ce dernier vous donne des conseils sur le bon usage de vos médicaments en tenant compte de vos habitudes de vie. Il s’assure avec vous du bon suivi de votre traitement et vous adresse à votre médecin traitant si besoin.

Si vous souhaitez bénéficier de cet accompagnement personnalisé, confidentiel et gratuit, parlez-en à votre pharmacien.

La rééducation après un AVC

La rééducation peut être poursuivie au-delà des six mois après l'AVC si nécessaire. Elle fait appel au kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute et a le plus souvent lieu en cabinet libéral. Une rééducation courte et intense en milieu hospitalier est parfois nécessaire.

La rééducation motrice

Si vous avez des séquelles au-delà de 6 mois après votre AVC, avec des paralysies du membre supérieur et/ou du membre supérieur, un programme de rééducation motrice vous est proposé.

Son but est de vous aider à récupérer de la mobilité et à développer des suppléances des troubles de la motricité de façon à gagner en autonomie.

Le kinésithérapeute vous propose des exercices physiques, une rééducation des postures, de l'équilibre et de la marche. Il peut s'aider d'appareils (tapis roulant, divers appareils) et d' du membre inférieur de type releveur en cas de pied tombant.

Des injections de botulique au niveau des muscles peuvent diminuer le tonus musculaire et faciliter la rééducation.

La rééducation des fonctions cognitives

Les troubles de l'attention, de la mémoire, du langage, de l'exécution des tâches sont des fréquents après un AVC. Les rééducateurs mettent tout en œuvre pour vous aider à réduire vos difficultés, à les surmonter et à les détourner.

L'apprentissage de techniques compensatoires (par exemple, utilisation d'un agenda en cas de troubles de la mémoire), la rééducation de la parole et de la communication, etc. vous permettent d'être plus autonome.

La vie au quotidien après un AVC

Changer ses habitudes de vie après un AVC

Le changement d'habitudes de vie fait partie du traitement de l'AVC, car il prévient le risque de récidive d'AVC ou de survenue d'une autre maladie cardiovasculaire.

Agissez sur vos habitudes alimentaires, sur votre consommation de tabac et votre activité physique.

Si vous êtes une femme jeune, parlez de votre contraception à votre médecin car la contraception estroprogestative (ex. : certaines pilules) est contre-indiquée après un accident vasculaire cérébral. Si vous êtes ménopausée, le traitement hormonal de la ménopause est contre-indiqué.

Vivre à son domicile grâce à des aides 

Si vous avez des difficultés pour prendre en charge votre santé après votre accident vasculaire cérébral, renseignez-vous, si besoin, auprès d'une assistante sociale, sur les aides financières possibles pour adapter au handicap votre domicile ou votre véhicule.

Des ergothérapeutes peuvent intervenir pour adapter votre domicile à votre handicap.

N'hésitez pas à contacter des associations de malades :

Le Portail national d'information pour les personnes âgées et leurs proches

Les personnes âgées et leurs proches peuvent trouver au point d'information local dédié aux personnes âgées tous les renseignements nécessaires pour faire face à leur perte d'autonomie. Pour trouver les coordonnées de ces points d'information, consultez l'annuaire des points d'information locaux sur le site pour-les-personnes-agees.gouv.fr.

Vous y trouverez également :

  • une information officielle et complète sur la perte d'autonomie qui vous renseigne sur les aides, les démarches et les interlocuteurs à contacter ;
  • des conseils vous aidant à vivre à domicile avec votre handicap moteur.

À noter : si vous avez un handicap moteur dû à un AVC survenu avant vos 60 ans, adressez-vous à la maison départementale des personnes handicapées de votre département. Pour cela, consultez l'annuaire des MDPH sur le site action-sociale.org.

Retourner au travail après un AVC

Lorsque l'AVC survient alors que vous avez une activité professionnelle, un arrêt de travail vous est prescrit. S'il est amené à se prolonger, le service social présent auprès de chaque caisse d'Assurance Maladie (CPAM), peut vous aider.

Lorsqu'une reprise de travail est envisagée, votre médecin traitant peut vous orienter vers votre médecin du travail pour une visite de pré-reprise. Cette visite permet d'évaluer votre aptitude au poste de travail que vous occupez et de proposer des mesures adaptées, si nécessaire. Une reprise de travail à temps partiel pour motif thérapeutique peut être utile pour une courte durée.

Après une absence de plus de 30 jours, une visite de reprise auprès du médecin du travail est obligatoire dans un délai de huit jours.

Si nécessaire, contactez la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département pour demander le statut de travailleur handicapé ou un dossier de reclassement professionnel.

Reprendre une activité professionnelle progressivement

Après un arrêt de travail à temps complet pour votre AVC, votre médecin peut demander une reprise à temps partiel pour motif thérapeutique, sur une courte période. Il faut l'accord de l'employeur et du médecin conseil de l’Assurance Maladie. Vous percevez alors des indemnités journalières en complément du salaire partiel.

  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Accident vasculaire cérébral. Site internet : Inserm. Paris ; 2019 [consulté le 9 août 2023]
  • Ministère de la Santé et de la prévention. AVC. Site internet : Ministère de la Santé et de la prévention. Paris ; 2019 [consulté le 9 août 2023]
  • Lamy C. Accidents vasculaires cérébraux chez la femme. EMC - Neurologie 2016;13(3):1-12 [Article 17-046-R-20]
  • Santé publique France. Accident vasculaire cérébral. Site internet : Santé publique France. Saint Maurice (France) ; 2019 [consulté le 9 août 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Prévention vasculaire après un infarctus cérébral ou un accident ischémique transitoire. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 9 août 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Parcours de rééducation réadaptation des patients après la phase initiale de l’AVC. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2020 [consulté le 24 août 2023]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Rééducation à la phase chronique d’un AVC de l’adulte : Pertinence, indications et modalités. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2022 [consulté le 24 août 2023]
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