Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et antalgiques : comprendre la différence

14 novembre 2019
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les antalgiques sont des médicaments qui agissent contre la douleur et la fièvre. Les AINS sont plutôt réservés à des douleurs inflammatoires, mais sont contre-indiqués chez certaines personnes.

Différencier l’action d’un anti-inflammatoire non stéroïdien et d’un antalgique

Les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des médicaments. Il est indispensable de comprendre leurs effets et surtout de connaître les cas où ils peuvent être contre-indiqués.

Comment agit un anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS) ?

L’inflammation est la conséquence d’une activation du face à une agression, ou suite à un dérèglement dans l’organisme. Sur la zone concernée, l’inflammation se manifeste par les signes suivants :

  • chaleur ;
  • rougeur ;
  • gonflement (œdème) ;
  • douleur.

Si la rougeur et le gonflement restent localisés, la douleur et la chaleur peuvent diffuser autour de la zone et donner la sensation de s’étendre.

Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) réduit ou supprime chacun de ces quatre signes. Uniquement dans un contexte anti-inflammatoire, l’activité de l’AINS comporte une composante :

  • antalgique car il supprime la douleur ;
  • car il agit contre la fièvre.

Comment agit un antalgique ?

La douleur n’est pas une maladie. C’est un signal d’alerte envoyé à partir d’une zone de l’organisme qui subit une agression ou un dysfonctionnement. Ce signal est transmis par les nerfs depuis la zone concernée vers le cerveau, qui traite et interprète le message douloureux.

Un antalgique atténue ou supprime la douleur en bloquant le signal douloureux qui est transmis au cerveau. Il ne traite donc pas la cause de l’agression, ou le dysfonctionnement. Certains antalgiques ont également une action contre la fièvre.

L’antalgique le plus utilisé est le paracétamol.

Sous prescription ou en automédication : les précautions à prendre

Qu’il s’agisse d’antalgiques ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), en automédication ou prescrits, il est toujours impératif de :

  • respecter les intervalles entre les prises ;
  • ne jamais dépasser les posologies maximales ni les durées maximales de traitement.

Face à une douleur dans une situation quotidienne, pourquoi faut-il privilégier la prise de paracétamol ?

Le paracétamol est un antalgique de premier niveau qui suffit à atténuer ou supprimer la douleur dans la majorité des situations courantes. Il entraîne moins d’effets secondaires que les AINS et à la différence de beaucoup d’entre eux, il peut être pris pendant la grossesse et l’allaitement.

Seules les personnes qui y sont allergiques et celles ayant une insuffisance hépatique ne doivent absolument pas prendre de paracétamol.

Mais il faut garder à l’esprit que même si le paracétamol est efficace, il ne traite pas la cause de la douleur. Si les symptômes persistent, il est donc nécessaire de consulter son médecin traitant pour identifier et traiter l’origine de la douleur.

Pour quel type de douleurs peut-on prendre un anti-inflammatoire non stéroïdien ?

Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) a une composante antalgique qui agit dans un contexte d’inflammation, c’est-à-dire en cas notamment de :

Ces douleurs sont toutes liées à un contexte d’activation du , ayant ou non une cause infectieuse. Elles correspondent donc au terrain d’action des AINS.

Cependant, même si l’AINS supprime l’inflammation et la douleur qui l’accompagne, il ne traite pas la cause du phénomène. Il est nécessaire de consulter son médecin traitant pour identifier et traiter la cause de l’inflammation si les symptômes persistent.

Par exemple, un anti-inflammatoire non stéroïdien peut supprimer l’inflammation et la douleur liées à une rage de dents. Toutefois, si ce problème est dû à une infection de la racine d’une dent (carie dentaire), l’AINS ne sera d’aucun recours ; l’infection perdure et doit être traitée par un chirurgien dentiste.

Pour plus d’efficacité contre la douleur et la fièvre, peut-on associer un AINS et du paracétamol ou deux AINS ?

Non, il n’y a pas lieu d’associer un AINS et du paracétamol. De la même façon, il ne faut jamais associer deux AINS.

Si la douleur ou la fièvre persistent après la prise de l’un ou de l’autre, il faut consulter son médecin traitant qui cherchera la cause du problème pour donner le traitement nécessaire. Il pourra décider, si cela se justifie, de donner un antalgique plus puissant que le paracétamol.

Pourquoi le médecin prescrit-il un antalgique plutôt qu'un AINS ?

Le médecin prescrit un antalgique et non un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) dans certains cas. Cela est dû à la sécurité d’utilisation de ces différents médicaments.

En effet, les AINS ne doivent pas être utilisés en cas :

De plus, la majorité des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) :

  • ne doivent pas être donnés à un enfant de moins de 15 ans ;
  • sont à administrer avec prudence chez le sujet âgé.

Même en cas de maladie inflammatoire, le traitement de la douleur chez une personne concernée par une de ces situations, doit donc être réalisé par un antalgique. La sécurité d’utilisation du médicament correspond alors au profil de la personne.

Enfin, dans un contexte d’infection (angine, otite, varicelle, toux, rhinopharyngite, etc.), l’utilisation des AINS (et particulièrement l’ibuprofène et le kétoprofène) doit être évitée en raison de la survenue possible de complications infectieuses graves. Dans ces cas, l’utilisation du paracétamol doit être privilégiée pour lutter contre la douleur.

En cas de fièvre, faut-il prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou du paracétamol ?

Comme la douleur, la fièvre est un symptôme, ce n’est pas une maladie. Le traitement contre la fièvre ne dispense donc pas de rechercher et de traiter la cause du problème.

La mise en place d’un traitement pour faire baisser la fièvre dépend de sa sévérité, de sa durée, mais surtout de la tolérance de la personne par rapport à ce symptôme.

C’est chez l’enfant que ce dernier paramètre est le plus important, car la fièvre peut s’accompagner de troubles très gênants (douleurs diffuses, maux de tête, crises convulsives, etc.).

Quelques gestes simples à adopter en cas de fièvre chez l'enfant

Même si un traitement est envisagé, plusieurs gestes simples peuvent aider l’enfant à mieux supporter la fièvre :

  • mettez votre enfant dans une pièce fraîche et aérée (entre 18 et 20° C) et évitez les pièces surchauffées ;
  • ne le couvrez pas trop. Enlevez-lui des épaisseurs de vêtements pour permettre à la chaleur de s’échapper et abaisser sa température corporelle. Ne le déshabillez pas complètement, car il pourrait alors avoir trop froid et commencer à grelotter ;
  • donnez-lui souvent de l'eau fraîche ou une boisson qu'il aime pour qu'il boive avec plaisir. Ne le limitez pas dans la prise des boissons et pensez à lui proposer souvent à boire même s'il ne vous le demande pas. A fortiori, si votre enfant est trop petit pour manifester sa soif, pensez à lui donner souvent à boire. C'est capital pour éviter la déshydratation ;
  • il est déconseillé de lui donner un bain à 2° C en dessous de sa température, car votre enfant peut se mettre à frissonner et se sentir mal, en raison d'une baisse rapide de sa température. Ce qui va à l'encontre de l’amélioration de son confort.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme les antalgiques, ont une action , c’est-à-dire qu’ils font diminuer la fièvre. Ils peuvent donc faire partie du traitement contre la fièvre autant chez l’adulte que chez l’enfant. Cependant, s’il y a un risque d’infection ou une infection déclarée (angine, otite, varicelle, etc.), les AINS doivent être évités (particulièrement l’ibuprofène et le kétoprofène) en raison du risque de complication infectieuse grave. S’il est nécessaire, le traitement doit respecter les règles suivantes et être pris sur avis médical :

  • utiliser l’AINS à la dose minimale efficace ;
  • ne pas dépasser 3 jours de traitement contre la fièvre, et 5 jours de traitement contre la douleur ;
  • arrêter le traitement dès la disparition des symptômes.

Chez l'enfant, des précautions sont nécessaires : le paracétamol est donné en première intention. En cas de contre-indication, il est possible d'utiliser les AINS. Cependant, tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne peuvent pas être utilisés. Ceux qui le sont se présentent généralement sous une forme adaptée comme les gouttes buvables à doser en fonction du poids de l’enfant.

Pour choisir entre paracétamol ou AINS, le facteur le plus important à prendre en compte n’est donc pas l’efficacité contre la fièvre mais la sécurité d’emploi de chaque médicament en fonction de l’âge et de la maladie de la personne.

  • Haute Autorité de santé. Prise en charge de la fièvre chez l'enfant. Fiche mémo. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 20 mai 2019]
  • Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et complications infectieuses - Point d'information du 18 avril 2019. Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2019 [consulté le 20 mai 2019]
  • Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), Rappel des règles de bon usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Site internet : ANSM. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2013 [consulté le 20 mai 2019]
  • Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER). Prescriptions et surveillance des anti-inflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 20 mai 2019]