Les vaccins recommandés

20 juin 2017
Des vaccins existent contre diverses maladies graves telles que la coqueluche, les méningites, ou encore certaines hépatites. S’ils ne sont pas obligatoires, ils restent la meilleure façon d’éviter ces maladies et de protéger les personnes fragiles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées…).

Les vaccins contre la tuberculose et la coqueluche

Tuberculose et coqueluche sont deux graves maladies respiratoires dues à des bactéries.

La tuberculose est une maladie infectieuse due à une bactérie appelée bacille de Koch. Elle se transmet de personne à personne, par la toux ou les postillons, à l'occasion de contacts rapprochés et répétés. Il est possible d'avoir une tuberculose et de ne pas se sentir malade. Les symptômes de la maladie sont avant tout la toux, la fièvre, la fatigue et la perte de poids. Pratiquement tous les organes peuvent être touchés par la tuberculose et des complications graves peuvent survenir.

Un traitement associant plusieurs antibiotiques est efficace mais il doit être pris tous les jours, pendant plusieurs mois.

Le risque de développer la maladie est plus important chez les enfants.

Le BCG est un vaccin vivant atténué.

Depuis 2007, la vaccination contre la tuberculose n'est plus exigée lors de l'entrée en collectivité des enfants.

À l'exception de la Guyane et de Mayotte où la vaccination en période néonatale est maintenue, la vaccination par le BCG est recommandée à partir de l'âge de 1 mois pour les enfants qui présentent un risque élevé de tuberculose :

  • antécédent familial de tuberculose chez un parent, un frère, une sœur... ;
  • enfant résidant à Mayotte, en Guyanne (vaccination néonatale) et en Ile de France ;
  • enfant né, ou devant séjourner dans un pays de forte tuberculeuse (Afrique, Asie, Moyen et Proche Orient, Amérique centrale du Sud, Europe centrale et de l’Est, certains pays de l’Union Européenne) ;
  • enfant dont au moins un des parents est originaire d'un de ces pays ;
  • enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ;
  • toute autre situation jugée à risque par le médecin.

Le vaccin peut également être proposé jusqu'à 15 ans, chez les enfants à risque élevé et ceux qui n'ont pas encore été vaccinés.

La pratique d'une IDR à la tuberculine prévaccinale n'est requise que pour les enfants âgés de 6 ans ou plus (ainsi que dans des situations particulières).

La revaccination par le BCG, en population générale et chez les professionnels exposés à la tuberculose, n’est plus indiquée depuis 2004. En conséquence, l’IDR à la tuberculine n’est plus pratiquée à titre systématique, notamment après la vaccination par le BCG.

La coqueluche est une maladie infectieuse respiratoire très contagieuse causée par une bactérie. La contamination se fait par l'air (lors de la toux, postillons) et par contact avec une personne qui a la coqueluche.

Le signe principal de cette maladie est la quinte de toux. Il existe des risques de complication, surtout chez le nourrisson de moins de six mois.

Actuellement, la coqueluche est redevenue une maladie fréquente de l'adulte jeune (faute de rappel du vaccin, notamment) Les adultes malades peuvent transmettre la coqueluche aux nourrissons non vaccinés.

La vaccination est recommandée avec :

  • deux injections chez le nourrisson : une à 2 mois et une à 4 mois ;
  • un rappel à 11 mois ;
  • un rappel à l'âge de 6 ans, puis un rappel entre 11 et 13 ans.

La vaccination est également proposée chez l'adulte n'ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des cinq dernières années, à l'occasion du rappel diphtérie–tétanos–poliomyélite fixé à l'âge de 25 ans. Pour les personnes âgées de plus de 25 ans et n'ayant pas reçu ce rappel, un rattrapage peut être proposé jusqu'à l'âge de 39 ans révolus.

La vaccination contre la coqueluche est par ailleurs recommandée dans le cadre de la stratégie dite du "cocooning" :

  • chez les adultes ayant un projet parental ;
  • au cours de la grossesse, pour les enfants de la fratrie, le conjoint et les autres personnes susceptibles d'être en contact étroit avec le futur nourrisson au cours de ses 6 premiers mois (grands–parents, baby–sitters...) ;
  • juste après l'accouchement, pour la mère et les autres personnes susceptibles d'être en contact étroit avec le futur nourrisson au cours de ses 6 premiers mois, si la mise à jour de la vaccination n'a pas encore été pratiquée.

Les vaccins contre l’Haemophilus influenza de type B

L'Hæmophilus influenzæ de type B est une bactérie responsable de pneumonies et de méningites. Elle est présente dans le nez et la gorge. La contamination se fait de personne à personne (toux, postillons). Avant de disposer d'un vaccin, l'Hæmophilus influenzæde type B était la première cause de méningites graves du nourrisson en France.

Le fait d'avoir été en contact avec cette bactérie au cours de sa vie entraîne une protection contre la maladie. C'est pourquoi le risque d'infection grave existe surtout chez le jeune enfant.

La vaccination est recommandée pour tous les enfants, combinée avec les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite :

  • une injection à deux mois et une à quatre mois ;
  • un rappel à 11 mois.

Un rattrapage vaccinal peut être effectué jusqu'à l'âge de 5 ans. Il nécessite :

  • deux doses et un rappel entre 6 et 12 mois ;
  • une seule dose au-delà de 12 mois et jusqu'à 5 ans.
Mieux vaut plusieurs vaccins en un

Pour protéger votre enfant contre plusieurs maladies et limiter le nombre d'injections, il est recommandé d'utiliser un seul vaccin qui en combine plusieurs.

Parlez-en avec votre médecin.

Les vaccins contre l’hépatite A et l’hépatite B

Les hépatites sont des maladies graves dues à des virus qui attaquent le foie.

L'hépatite A est une maladie du foie, due à un virus très répandu. La contamination se fait en consommant de l'eau ou des aliments contenant le virus.

Le vaccin de l'hépatite A est recommandé :

  • chez certains enfants et adolescents :
    • les enfants séjournant dans des structures collectives (crèches...),
    • les enfants atteints de mucoviscidose ou d'une maladie chronique du foie,
    • les enfants, à partir de l'âge de un an, nés de familles dont l'un des membres au moins est originaire d'un pays où l'infection est fréquente et qui sont susceptibles d'y séjourner,
    • les enfants de l'entourage familial d'une personne atteinte d'hépatite A ;
  • chez certains adultes :
    • les personnes atteintes de mucoviscidose,
    • les personnes infectées de manière chronique par le virus de l'hépatite B,
    • les personnes porteuses d'une maladie chronique du foie (notamment due au virus de l'hépatite C ou à une consommation excessive d'alcool),
    • les homosexuels masculins,
    • les personnes exposées au risque professionnel : personne s'occupant de nourrissons, de personnes handicapées, personnes chargées du traitement des eaux usés et es égouts et personne impliquées dans la préparation alimentaire en restauration collective ;
  • dans l'entourage d'une personne atteinte d'une hépatite A : personnes vivant sous le même toit (famille, communauté) ;
  • chez le voyageur : la vaccination est recommandée pour les voyageurs devant séjourner dans un pays où l'hygiène est précaire, particulièrement pour les personnes souffrant d'une maladie chronique du foie et de mucoviscidose. Elle est recommandée dès l'âge de 1 an.

La vaccination comprend une injection suivie d'un rappel 6 à 12 mois plus tard. (si la seconde dose n’a pas été administrée dans ce délai, elle peut l’être dans un délai plus long de 3 à 5 ans selon la spécialité utilisée). La protection dure au moins 10 ans.

L'hépatite B est une maladie du foie, due à un virus.

Les principales causes de transmission du virus sont les relations sexuelles et le contact avec du sang contaminé.

La vaccination contre l'hépatite B est recommandée en priorité à tous les nourrissons. Lorsque les parents souhaitent que cette vaccination soit faite en même temps que les autres vaccins, un vaccin combiné peut être utilisé (diphtérie, tétanos, coqueluche, infections à Hæmophilus influenzæ et hépatite B). Elle est réalisée par une injection à 2 mois, 4 mois et 11 mois.

Un rattrapage de la vaccination devrait être proposé à tout enfant ou adolescent âgé de moins de 16 ans qui n'aurait pas été vacciné antérieurement. On utilise alors soit le schéma classique à trois doses soit un schéma à deux doses en respectant un intervalle de six mois entre les deux doses.

Certaines personnes courent un risque plus important et il est particulièrement recommandé de les protéger :

  • les nouveau-nés de mère porteuse de l’hépatite B, qui doivent être vaccinés dès la naissance ;
  • les enfants et adolescents accueillis en collectivité (crèche, institutions….) ;
  • les personnes ayant des relations sexuelles avec des partenaires multiples ;
  • personnes séropositives pour le VIH, le virus de l'hépatite C ou avec une infection sexuellement transmise en cours ou récente ;
  • les personnes adeptes du tatouage avec effraction cutanée ou du piercing (à l’exception du perçage d’oreille) ;
  • les toxicomanes utilisant des drogues par voie intraveineuse ou intranasale ;
  • les personnes susceptibles d'être transfusées (hémophiles, dialysés, insuffisants rénaux...) ou de recevoir une greffe d'organe ou de tissus ;
  • l'entourage proche d'une personne infectée par le virus de l'hépatite B ou du virus (personne vivant sous le même toit) ;
  • les partenaires sexuels d'une personne infectée par le virus de l'hépatite B ou du virus ;
  • les personnes accueillies dans les institutions psychiatriques ;
  • les détenus qui peuvent cumuler un certain nombre de facteurs d'exposition au virus de l'hépatite B ;
  • les voyageurs ou les personnes amenées à résider en zones de moyenne ou de forte endémie ;
  • les personnes qui, dans le cadre d'activités professionnelles ou bénévoles, sont susceptibles d'être en contact direct avec des patients et/ou d'être exposées au sang et autres produits biologiques, soit directement (contact direct, projections), soit indirectement (manipulation et transport de dispositifs médicaux, de prélèvements biologiques, de linge, de déchets) à titre indicatif et non limitatif sont concernés : les professionnels de santé, les secouristes, les gardiens de prison, les éboueurs, les égoutiers, les policiers, les tatoueurs...
Certains emplois nécessitent la vaccination

L'obligation vaccinale ne concerne que les professionnels de santé des établissements de soins ou de prévention exposés au sang et aux liquides biologiques, de même que les étudiants dans ces professions et le personnel exposé des services d'incendie et de secours.

Les vaccins contre le pneumocoque et le méningocoque de type C

Le pneumocoque est une bactérie qui s’attaque le plus souvent aux poumons, provoquant une pneumonie ; le méningocoque en est une autre, qui peut infecter les membranes entourant le cerveau et la moelle épinière, entraînant une méningite, ou être à l’origine d’une infection généralisée du sang.

Le pneumocoque est une bactérie. Il entraîne des infections du poumon (pneumonies) qui sont mal tolérées par les personnes fragiles. Il peut aussi être responsable d'otites et de méningites, notamment chez les jeunes enfants. La contamination se fait de personne à personne (toux, postillons...) Le pneumocoque est devenu résistant à de nombreux antibiotiques et les infections qu’il provoque sont parfois difficiles à traiter.

Pour cette raison, la vaccination est recommandée pour tous les nourrissons de moins de deux ans par :

  • deux injections à deux mois d'intervalle (deux et quatre mois) ;
  • un rappel à l'âge de 11 mois.

3 injections et un rappel sont recommandés pour les prématurés ainsi que pour les nourrissons à risque élevé d'infection.

Après l'âge de deux ans, la vaccination n'est recommandée que pour les enfants et les adultes à risque présentant une (absence de , infection par le VIH, traitement , etc.) ou une maladie favorisant la survenue d'une infection à pneumocoque (diabète, BPCO, etc.)

Le méningocoque est une bactérie présente dans la gorge et le nez. Le plus souvent, il n'entraîne pas de maladies. Parfois, il est responsable d'infections graves, comme des méningites, chez les enfants et les jeunes adultes. Ces infections existent dans le monde entier.

Il existe plusieurs types de méningocoques. En France, les types B et C sont les plus répandus. Il existe un vaccin efficace contre le type C.

La vaccination contre le méningocoque de sérogroupe C est recommandée selon le schéma suivant :
- Chez les enfants de moins de 12 mois, de manière transitoire, en l’absence d’immunité de groupe du fait d’une insuffisante chez les enfants, adolescents et adultes jeunes : nourrissons à 5 mois avec 1 dose de vaccin méningococcique C (vaccin Neisvac®23) suivie d’une dose de rappel à l’âge de 12 mois (dans la mesure du possible avec le même vaccin). Un intervalle minimum de 6 mois sera respecté entre l’administration des 2 doses. La dose de 12 mois peut être co-administrée avec le vaccin rougeole oreillons rubéole.
- À partir de l’âge de 12 mois et jusqu’à l’âge de 24 ans révolus, pour ceux n’ayant pas reçu de primovaccination antérieure, le schéma comporte une dose unique.

D'autres recommandations existent dans des situations médicales ou professionnelles particulières.

Le vaccin contre les rougeole-oreillons-rubéole

La rougeole, les oreillons et la rubéole sont trois infections très contagieuses, dues à des virus.

La vaccination est recommandée :

  • pour tous les nourrissons. Elle s'effectue par l'injection d'une dose à 12 mois et d'une seconde dose entre 16 et 18 mois ;
  • pour les personnes nées depuis 1980, et âgées de plus de 18 mois, la vaccination nécessite 2 doses au total.

Un rattrapage doit être proposé aux personnes qui n'ont jamais été vaccinées et aux femmes en âge d'avoir des enfants, non vaccinées contre la rubéole.

En ce qui concerne la rougeole, lorsqu'une personne qui n'a pas reçu 2 doses de vaccin, se trouve en contact avec une personne malade, il est recommandé de lui administrer une dose de vaccin dans les 72 heures qui suivent le contact. Cela concerne notamment les nourrissons entre 6 et 11 mois. L'objectif est d'éviter la maladie, mais aussi de contribuer à faire disparaître la rougeole.

De même, si des cas groupés d'oreillons surviennent dans une collectivité (école, caserne, club sportif...), il est recommandé de mettre à jour le statut vaccinal, et de proposer une nouvelle dose de vaccin aux personnes vaccinées depuis plus de 10 ans.

Le vaccin combiné est remboursé à 100 % par l'Assurance Maladie pour les enfants jusqu'à l'âge de 17 ans inclus. Au–delà de cet âge, le vaccin est remboursé à 65 %.

Le vaccin contre les papillomavirus humains (HPV)

Les humains (HPV) sont des virus responsables d'infections génitales et sont très répandus dans la population. Ces infections surviennent au début de la vie sexuelle, passent le plus souvent inaperçues et disparaissent spontanément. Quand elles persistent, elles peuvent être responsables, chez les jeunes filles et les femmes, de lésions au niveau génital, notamment du col de l'utérus, qui peuvent parfois devenir précancéreuses. L'infection par le augmente le risque de cancer du col de l'utérus.

Le vaccin est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV. C’est pourquoi, le vaccin est recommandé pour toutes les jeunes filles de 11 à 14 ans. En rattrapage, le vaccin est recommandé pour les jeunes filles de 15 à 19 ans révolus non encore vaccinées.

La vaccination se déroule en deux injections espacées de six mois pour les jeunes filles de 11 à 14 ans révolus. Pour les jeunes filles de 15 à 19 ans révolus, trois injections sont nécessaires selon le schéma suivant : 0,1 et 6 mois.

Deux vaccins sont utilisables : un vaccin bivalent (qui protège contre les virus de types 16, 18) et un vaccin quadrivalent (qui protège contre les virus de types 6, 11, 16, 18). Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination initiée avec l'un d'eux doit être achevée avec le même vaccin.

Cette vaccination ne remplace pas le frottis, qui doit être réalisé tous les trois ans et permet de dépister des lésions du col de l'utérus.

Vaccination contre le pour certains hommes

Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), la vaccination HPV par Gardasil® est recommandée jusqu’à
l’âge de 26 ans. Le vaccin peut être proposé dans les Cegidd ainsi que dans les centres publics de vaccination afin de permettre un accès gratuit à la vaccination.

Le vaccin contre la grippe

La grippe est une infection respiratoire contagieuse qui peut être due à plusieurs type de virus grippaux (A, B ou C). Ces virus évoluent, et chaque automne, la composition du vaccin est adaptée aux virus circulants. La vaccination comporte une seule injection mais doit être renouvelée chaque année en raison de ces modifications de composition.

La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Elle est également recommandée chez :

  • les femmes enceintes, quel que soit le trimestre de la grossesse ;
  • les personnes à risque atteintes de certaines affections, y compris les enfants à partir de l'âge de 6 mois ;
  • les personnes atteintes d’obésité ;
  • l’entourage familial de nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave ;
  • les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ainsi que dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit l’âge ;
  • certains professionnels de santé : la vaccination des soignants et des personnes s’occupant de jeunes enfants ou de personnes âgées est vivement conseillée.

Pour connaître les personnes ciblées par les recommandations vaccinales, demandez conseil à votre médecin traitant.

Sources
  • Santé publique France. La vaccination. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2017 [consulté le 20 juin 2017]
  • Ministère des Solidarités et de la Santé. Vaccination. Site internet : Ministère des Solidarités et de la Santé. Paris ; 2017 [consulté le 20 juin 2017]
  • Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2017. BEH Hors série du 6 juin 2017. Site internet : Santé publique France. Saint–Maurice (France) ; 2017 [consulté le 20 juin 2017]