Comment se déroule un écho-doppler cardiaque ?

05 mai 2017
L’écho-doppler cardiaque consiste à observer le cœur, les vaisseaux et flux sanguins sur des images en mouvement, obtenues grâce aux propriétés des ultrasons. Cet acte est réalisé pour diagnostiquer une éventuelle maladie cardiovasculaire, ou suivre son évolution.

Qu’est-ce qu’un echo-doppler cardiaque et à quoi sert-il ?

L’écho- cardiaque (aussi appelé ou du cœur) est une technique d’imagerie médicale utilisant les , ondes sonores non perçues par l’oreille humaine. Elle permet :

  • de visualiser le cœur, ses structures, ses cavités et ses valves, ainsi que les principaux vaisseaux sanguins à proximité (aorte, artères pulmonaires, veine cave inférieure), en 2 à 3 dimensions ;
  • d’observer et d’analyser les déplacements des tissus cardiaques ainsi que les flux sanguins (quantité, vitesse, sens, irrégularité éventuelle ou "turbulence", etc.) En effet, les images obtenues sont dynamiques (c’est-à-dire en mouvement).

Dans la majorité des cas, l’ est "transthoracique" (ETT), c’est-à-dire réalisée au moyen d’une sonde déplacée sur le thorax. Cet examen est indolore et inoffensif pour l’organisme (les n’étant pas des rayons X). Il peut être pratiqué à tout âge et est prescrit dans le cadre du diagnostic ou de la surveillance de certaines affections, à savoir :

  • les maladies des valves cardiaques ;
  • les malformations cardiaques ;
  • l’insuffisance cardiaque ;
  • les pathologies du muscle cardiaque et du péricarde (enveloppe entourant le cœur) ;
  • les maladies de l’aorte (artère principale) thoracique ;
  • l’hypertension artérielle (HTA) ;
  • l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) ;
  • l’angine de poitrine.

Par ailleurs, l’écho- peut servir au suivi médical après certains traitements (ex. : prise de médicaments toxiques pour le cœur, dits "cardiotoxiques" ; pose de prothèses valvulaires).

Comment fonctionnent les outils d’imagerie utilisés durant un écho-doppler ?

L’examen repose sur deux techniques différentes :

  • l’échographie utilise les propriétés des émis par la sonde de l’échographe. Ceux-ci se réfléchissent sur les parois des organes et produisent un écho, dont le retour permet d’obtenir des images de la zone examinée ;
  • la fonction se base sur un phénomène physique nommé "effet ". La fréquence des ondes sonores émises par la sonde échographique est modifiée lorsque les ondes sont réfléchies par une cible en mouvement (tels que les globules rouges sanguins ou parois du cœur). Cela permet d’étudier aussi bien les flux sanguins que les mouvements cardiaques.

Ce qu’il faut savoir avant un écho-doppler cardiaque

L’ du cœur dure en moyenne 30 minutes. Aussi, prévoyez le temps nécessaire lorsque vous prenez rendez-vous.

Le jour de l’examen, pensez également à vous munir :

  • de votre ordonnance ;
  • du courrier remis par le médecin prescripteur (médecin traitant, cardiologue…) ;
  • des résultats de vos précédents écho-dopplers cardiaques et autres examens du cœur (ECG, ECG d’effort…)

Le déroulement de l’échographie-doppler transthoracique du cœur

L’examen est effectué par un cardiologue ou un radiologue. Il comprend plusieurs étapes :

  1. Le médecin vous interroge sur vos problèmes de santé et vos traitements en cours ou passés. Il est particulièrement important de lui signaler toute prise de médicaments cardiotoxiques.
  2. Vous vous allongez sur une table d’examen, dans une pièce sombre, pour faciliter la lecture des images. Le praticien applique ensuite un gel cutané au niveau de votre thorax, pour favoriser la bonne transmission des . Puis, il place la sonde au contact de la peau et la déplace sur le thorax, en exerçant une légère pression.
  3. Les échos des sont enregistrés par un ordinateur qui les convertit en images en mouvement, visibles sur un écran. Le médecin enregistre alors les images sur lesquelles il souhaite mesurer certains paramètres (ex. : largeur d’une artère, épaisseur d’une paroi).

Les autres types d’écho-dopplers cardiaques

Cet examen peut prendre deux autres formes.

Son principe est identique à celui de l’ transthoracique, à ceci près que la sonde n’est pas externe mais associée à un endoscope (tube souple équipé d’une caméra miniature et d’une lampe). Ainsi, elle peut être introduite dans l’œsophage par la bouche. Cela permet d’obtenir une meilleure qualité d’image, surtout pour les structures arrière du cœur. En effet, l’œsophage étant situé directement derrière le cœur, le signal échographique n’est perturbé ni par le ou les côtes, ni par les voies aériennes, ni par les zones contenant de la graisse.

La réalisation d’une ETO peut éventuellement nécessiter une anesthésie générale ou une sédation (anesthésie légère), au cours d’une hospitalisation de quelques heures.

Elle est prescrite en cas de suspicion d’angine de poitrine (ou ischémie myocardique). Elle permet d’évaluer et de comparer la qualité de la contraction du muscle cardiaque, dans deux situations différentes :

  • d’abord, au repos ;
  • ensuite, après un effort physique (pédalage en position allongée, sur une bicyclette spécifique couplée à la table d’examen).

Pour les personnes ne pouvant fournir d’effort physique, le médecin administre par voie intraveineuse un médicament ayant les mêmes effets (dobutamine).

Après l’échographie-doppler cardiaque

Une fois l’examen terminé, le médecin interprète les résultats et vous les explique. Il vous remet un compte-rendu d’examen qu’il adresse également au médecin prescripteur. Si nécessaire, au vu des résultats, il vous prescrit des examens complémentaires, pour compléter votre bilan cardiaque.

Sources
  • Haute Autorité de santé (HAS). Échocardiographie doppler transthoracique : principales indications et conditions de réalisation. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 17 novembre 2016]
  • CHU de Besançon – Pôle cœur-poumons. Échocardiographie doppler. Site internet : Besançon-cardio. Besançon (France) ; 2008 [consulté le 17 novembre 2016]
  • Collège National des Enseignants de Cardiologie et Maladies Vasculaires. Échocardiographie-doppler. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 17 novembre 2016]