Comment se déroule une endoscopie digestive haute ?

14 novembre 2019
L’endoscopie digestive haute, souvent appelée gastroscopie, consiste à observer l'œsophage, l'estomac et le duodénum, grâce à un tube souple muni d’une petite caméra et à pratiquer des prélèvements et gestes chirurgicaux. Voici quelques informations pour mieux connaître cet examen et bien vous y préparer.

Qu’est-ce qu’une endoscopie digestive haute

L’ digestive haute est l’observation de l’intérieur de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum (première partie de l’intestin grêle). Cet examen est également nommé " œsogastroduodénale" ou "fibroscopie œsogastroduodénale", "gastroscopie".

On réalise cet examen grâce à un endoscope ou gastroscope introduit par la bouche ou le nez. Il s'agit d'un tube souple équipé d’une caméra miniature, d’une lampe et de divers instruments chirurgicaux selon les besoins (pinces, aiguilles, fils, instruments de coagulation...)

L'endoscope permet :

  • d'observer les parois de cette partie du tube digestif à la recherche de lésions présentes dans diverses maladies (reflux gastro-œsophagien, ulcère gastroduodénal, maladie de Crohn., varices œsophagienne présentes lors d'une cirrhose du foie, dyspepsie, cancer de l'œsophage ou de l'estomac...) ;
  • de réaliser, grâce à des instruments chirurgicaux, des gestes :
    • un prélèvement ou biopsie ;
    • l’ablation d’une tumeur bénigne ou d’un corps étranger (arête de poisson, fragment d’os de lapin, etc.) ;
    • la coagulation de vaisseaux sanguins (par exemple de varices œsophagiennes).

L’endoscopie digestive haute est pratiquée par un médecin gastro-entérologue :

  • soit sous anesthésie générale classique (en particulier si une intervention chirurgicale est programmée) ou légère ("sédation") ;
  • soit sous anesthésie locale (cette dernière permettant d'éviter les nausées lors de l’introduction de l’endoscope dans l’œsophage).
L'écho- digestive haute : une autre utilisation de l'

Pour obtenir des images échographiques très précises, on utilise un écho-endoscope qui combine les fonctions de l' aux fonctions d’échographie. Les sont délivrés par une source intégrée à l’endoscope.

Avant l’endoscopie œsogastroduodénale : conseils pour bien se préparer

Lorsque vous prenez rendez-vous pour une digestive haute, signalez à votre interlocuteur :

  • les éventuels traitements que vous prenez (particulièrement s’ils modifient la coagulation du sang) ;
  • les maladies pour lesquelles vous êtes suivi (ex. : allergies).

Si une anesthésie générale est prévue, fixez aussi une consultation pré-anesthésique avec un anesthésiste, 8 à 10 jours avant l’examen. Apportez en consultation vos ordonnances et résultats d'examens en votre possession.

En raison des effets des produits anesthésiants, prévoyez aussi pour le jour de l’endoscopie de ne pas conduire un véhicule et d’être raccompagné chez vous par un proche.

Il est nécessaire d’être à jeun pour l’examen. De ce fait, ne prenez ni aliment, ni boisson ni médicament dans les 6 heures avant votre arrivée à l’hôpital (ou selon les indications du médecin prescripteur). Par ailleurs, ne fumez pas durant le même délai car le tabac augmente les sécrétions de l’estomac.

L’endoscopie digestive haute (gastroscopie) sous anesthésie générale

L’ digestive haute sous anesthésie générale donne lieu à un séjour de quelques heures à l’hôpital ou en clinique (en structure de chirurgie ambulatoire).

L’examen comprend plusieurs étapes.

  1. Vous entrez dans une chambre ou un box, pourvu(e) d’un lit ou d’un fauteuil. Vous vous déshabillez et passez la tenue adéquate pour entrer en salle d’opération (blouse, charlotte, chaussons stériles). Si vous portez des prothèses dentaires, on peut aussi vous demander de les ôter.
  2. On vous conduit dans un bloc opératoire équipé d’appareils de surveillance anesthésique (vérifiant votre rythme cardiaque, votre respiration et votre tension artérielle pendant l’examen). L’anesthésiste vous injecte un produit qui vous insensibilise et vous endort.
  3. Le gastro-entérologue introduit l’endoscope par votre bouche ou votre nez. Il envoie de l’air à travers l’appareil pour écarter les parois de votre estomac (qui sont resserrées parce que vous êtes à jeun), afin de pouvoir les observer. Ensuite, grâce à la caméra, le praticien explore l’intérieur de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum. Si nécessaire, il effectue des prélèvements et des soins, avant de retirer l’endoscope.
  4. Vous êtes conduit en salle de réveil, où vous vous réveillez au bout de quelques minutes. Pendant une heure environ, on surveille encore votre tension artérielle, votre respiration et votre état général (en particulier l’absence de douleurs).
  5. On vous ramène dans votre chambre ou votre box, afin de prolonger la surveillance pour quelques heures. On vous sert aussi une collation.
  6. Le gastro-entérologue vous communique ses observations. En cas de prélèvements, il faut quelques jours pour obtenir les résultats définitifs.
  7. Vous quittez l’établissement avec la personne qui doit vous raccompagner.

L’endoscopie digestive haute (gastroscopie) sous anesthésie locale

L’ digestive haute sous anesthésie locale comprend plusieurs étapes à respecter :

  1. Vous êtes installé(e) dans une salle d’endoscopie et allongé(e) sur un lit.
  2. Le fond de votre gorge est anesthésié à l’aide d’un spray ou d’un gel (le cas échéant, vous vous gargarisez avec avant de l’avaler).
  3. Vous vous placez sur le côté gauche, puis le médecin introduit l’endoscope par votre bouche ou votre nez. Pour faciliter l’examen et éviter les nausées, on vous demande de respirer régulièrement, de vous détendre et de ne pas avaler votre salive (vous la laissez couler sur une protection).
  4. Le praticien insuffle de l’air dans votre estomac. Il observe les parois de votre système digestif pendant quelques minutes, effectue des prélèvements si nécessaire puis retire l’endoscope.
  5. Le gastro-entérologue vous rend compte de ses observations.

Après une surveillance de quelques minutes à 2 heures, vous pouvez rentrer chez vous seul(e), y compris en conduisant un véhicule.

Il vous est possible de boire et de manger dès que l’anesthésie locale ne fait plus effet (soit une heure environ après la fin de l’examen) afin d’éviter une inhalation par fausse route.

L’exploration du système digestif haut

Schéma représentant le trajet d’un endoscope à l’intérieur de l’appareil digestif supérieur, le long de l’œsophage et dans l’estomac (cf. description détaillée ci-après)

Une endoscopie digestive haute permet d’observer les organes digestifs supérieurs. Pour procéder à cet examen, un endoscope, petite caméra située au bout d’un long et fin bras articulé, est introduit dans votre bouche.

La caméra descend ensuite le long de l’œsophage, long et étroit canal digestif. Il prend son origine dans la bouche, puis descend le long de la poitrine, entre les poumons, jusqu’à l’estomac.

L’estomac est une poche en forme de haricot, située dans l’abdomen, sous le diaphragme. Son entrée est appelée cardia.

Une fois le cardia dépassé, la caméra peut observer l’intérieur de l’estomac. Elle doit s’arrêter au niveau du pylore, un sphincter permettant l’ouverture et la fermeture de la sortie de l’estomac. Il peut cependant observer ce sphincter ainsi que la partie située juste après celui-ci, appelée le bulbe duodénal.

Le bulbe duodénal est la première partie du duodénum, segment initial de l’intestin grêle.

Les suites de l’endoscopie digestive haute (ou gastroscopie)

Dans les quelques heures suivant l’endoscopie digestive haute, vous pouvez encore :

  • ressentir un ballonnement abdominal non douloureux, émettre des gaz ou des renvois d’air (à cause de la persistance de gaz dans le tube digestif) ;
  • avoir des nausées ;
  • en cas d’anesthésie locale, éprouver une gêne dans la bouche ou la gorge.

Puis, vous pouvez reprendre vos activités habituelles :

  • le jour même, en cas d’endoscopie sous anesthésie locale ;
  • dès le lendemain, si l’examen a eu lieu sous anesthésie générale.

Très rarement, des complications peuvent survenir : blessure ou perforation de la paroi digestive, hémorragie digestive...

Devant tout symptôme anormal (ex. : douleurs abdominales, douleurs thoraciques, vomissements contenant du sang, toux, fièvre), contactez le médecin qui a réalisé l’acte, ou consultez très rapidement votre médecin traitant.

  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Informations médicales avant réalisation d'une gastroscopie diagnostique. Site internet : SNFGE. Paris ; 2014 [consulté le 23 mai 2019]
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Informations médicales avant réalisation d'une gastroscopie thérapeutique. Site internet : SNFGE. Paris ; 2014 [consulté le 23 mai 2019]
  • Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE). Les fondamentaux de la pathologie digestive. Endoscopie digestive. Site internet : SNFGE. Paris ; 2014 [consulté le 23 mai 2019]
  • National Health service. Gastroscopy. Site internet : NHS. Londres ; 2018 [consulté le 23 mai 2019]