Comment lire les résultats d’une prise de sang ?

06 juin 2019
Les analyses sanguines sont prescrites afin d’affiner le diagnostic de certaines maladies. Voici quelques repères pour le bon déroulement de votre prise de sang, et pour mieux comprendre les résultats communiqués par le laboratoire.

Qu’est-ce qu’une prise de sang ?

Une prise de sang est un prélèvement sanguin réalisé le plus souvent dans une veine du bras, à l’aide d’une aiguille. Il permet d’analyser le sang, pour diagnostiquer certaines maladies.

Cet examen est peu douloureux. Toutefois, la peau peut être légèrement sensible lorsque l’aiguille la traverse. Aussi, chez les enfants, on utilise parfois un patch anesthésiant, afin d’insensibiliser la zone de . Il se pose sur le bras, une heure avant le prélèvement.

Avant la prise de sang : conseils pour bien se préparer

Lorsque vous prenez rendez-vous dans un laboratoire d’analyses sanguines, demandez à votre interlocuteur si vous devez être à jeun au moment du prélèvement.

Si vous devez être à jeun, pensez à :

  • ne pas prendre de nourriture ou boisson sucrée (hormis l’eau) dans les 12 heures précédant la prise de sang ;
  • éviter de fumer et de pratiquer une activité physique intense, juste avant le rendez-vous.

De nombreux médicaments peuvent affecter les résultats de certains dosages. Aussi, mentionnez tous les traitements que vous prenez (avec ou sans ordonnance) :

  • au médecin qui vous prescrit l’examen ;
  • au technicien ou à l’infirmier qui le réalise.

Par ailleurs, s’il vous est impossible de vous déplacer pour raisons médicales, vous pouvez demander un prélèvement à domicile.

Toujours dans le même laboratoire ?

Pour une même analyse sanguine, les résultats peuvent varier légèrement d’un laboratoire à un autre. Ce phénomène est dû à l’emploi de techniques de dosage différentes. Aussi, afin de pouvoir comparer l’évolution des dosages, il est préférable de réaliser toutes vos prises de sang dans le même laboratoire.

Le déroulement de la prise de sang

Le jour où vous vous rendez au laboratoire, munissez-vous de votre ordonnance et de vos papiers (cartes Vitale et de mutuelle).

Le prélèvement se déroule en plusieurs étapes :

  1. La personne qui vous accueille vérifie :
    • votre identité,
    • votre ordonnance,
    • que vous soyez bien à jeun si cela est utiles,
  2. Vous êtes conduit dans un box ou une petite salle, où l’on vous installe dans un fauteuil.
  3. Le technicien prépare le(s) tube(s) qu’il va utiliser pour recueillir votre sang (le plus souvent, plusieurs sont nécessaires).
  4. Il vous pose un garrot (lien serré au-dessus du coude, bloquant momentanément la circulation du sang, pour faciliter le prélèvement).
  5. La prise de sang est réalisée dans une veine, souvent au niveau de l’intérieur du coude, avec une aiguille à usage unique. Les différents tubes sont positionnés successivement sur l’aiguille, qui reste en place dans la veine.
  6. Le technicien retire le garrot puis l’aiguille.
  7. Il met en place un pansement compressif, pour éviter la formation d’un hématome. Vous appuyez vous-même sur le pansement durant une à deux minutes (ou davantage, en cas de troubles de la coagulation).
  8. Le technicien étiquette les tubes à votre nom, et vous précise le délai d’obtention de vos résultats.
  9. Les résultats sont également transmis au médecin prescripteur.
À quoi correspondent les « valeurs de référence » (VR) mentionnées dans les résultats de prise de sang ?

Les valeurs de référence mentionnées sont des normes de résultats, variant selon les techniques de dosage utilisées, le sexe et l’âge. Généralement, elles figurent dans la partie droite du document.

Si vos résultats n’entrent pas dans ces normes, faites-en part à votre médecin, qui vous fournira des explications.

Sachez qu’un chiffre supérieur ou inférieur aux limites fixées n’est pas systématiquement révélateur d’une maladie.

Déchiffrer les résultats de la prise de sang : la numération formule sanguine (NFS) ou "hémogramme"

L'hémogramme ou numération formule sanguine consiste à dénombrer et analyser les différentes cellules du sang.

Les globules rouges servent à transporter l’oxygène des poumons vers les tissus. On évalue leur nombre, par exemple pour détecter une polyglobulie (taux d’hématies trop élevé) ou une anémie (taux d'hématies trop bas).

On étudie aussi plusieurs autres caractéristiques des globules rouges :

  • Le volume globulaire moyen (VGM) est un indicateur de la taille des globules rouges.
  • L’hématocrite est le pourcentage du volume sanguin occupé par les hématies. Il diminue en cas d’anémie, et augmente par exemple lors d’un épisode de déshydratation.
  • Le taux de réticulocytes correspond au nombre de jeunes globules rouges nouvellement produits par la moelle osseuse. Il donne donc des indications sur le fonctionnement de cette dernière.

On étudie aussi l'hémoglobine que les hématies contiennent, sous plusieurs aspects :

  • Le taux d’hémoglobine dans le sang est normalement de 13 grammes par décilitre (g/dl) chez l’homme, et 12 chez la femme. À partir du deuxième trimestre de grossesse, il tombe à 10,5 g/dl.
  • La concentration corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine (CCMH ou CGMH) est la quantité d’hémoglobine contenue dans 100 millilitres de globules rouges.
  • La teneur corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine (TCMH ou TGMH) est la quantité moyenne d’hémoglobine contenue dans un globule rouge.

Les plaquettes sont des cellules qui participent à la coagulation du sang et en particulier à la formation de caillots en cas d’hémorragie (écoulement sanguin). Leur taux anormal peut avoir de multiples causes :

  • Une valeur basse révèle par exemple une infection ou un problème de coagulation (avec un risque de saignement prolongé, d’épistaxis ou d’apparition de bleus).
  • Une valeur élevée signale un risque d’obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot de sang ().

Les globules blancs ont en charge la défense du corps contre les micro-organismes (virus, bactéries, champignons).

On en distingue 3 variétés.

  • Les polynucléaires de trois types :
    • polynucléaires neutrophiles : ils augmentent en cas d’infection bactérienne (ex. : pneumonie) ;
    • polynucléaires éosinophiles : ils augmentent en cas d’allergie, ou d’infection parasitaires (ex. : oxyurose…) ;
    • polynucléaires basophiles : leur taux peut être augmenté en cas de réaction allergique, infectieuse… ;
  • Les se multiplient face à une infection virale ou à une .
  • Les monocytes deviennent plus nombreux durant certaines maladies infectieuses (ex. : mononucléose, toxoplasmose).

Le nombre de leucocytes peut aussi varier en cas de trouble du fonctionnement de la moelle osseuse, ou suite à la prise de certains médicaments.

Comprendre le dosage de la ferritine

La ferritine est une protéine qui assure le stockage du fer dans le sang. Le fer est très utile pour la constitution de l'hémoglobine des hématies.

Un taux de ferritine bas signifie que le fer stocké est insuffisant ; c'est le signe d'une carence en fer (anémie ferriprive).

Un taux excessif de ferritine sanguine peut révéler :

  • une hémochromatose, anomalie génétique qui se manifeste par une absorption et un stockage excessif de fer,
  • un alcoolisme chronique,
  • une maladie inflammatoire...

Comprendre le bilan inflammatoire simple sanguin

Le bilan inflammatoire sanguin prend en compte 2 éléments :

  • La vitesse de sédimentation ("VS") correspond à la quantité de sang coagulé dans un tube au bout d’une ou deux heures. Cette valeur permet de diagnostiquer une éventuelle inflammation aiguë ou chronique, quelle que soit son origine (infection, cancer, , etc.) Son taux normal varie selon le sexe et l’âge, durant la grossesse et avec la prise de certains médicaments.
  • La protéine C-réactive (ou "CRP") est fabriquée par le foie. Son taux dans le sang augmente vite en cas d’infection ou d’inflammation. Il diminue ensuite en cas d’amélioration, plus rapidement que la vitesse de sédimentation.

VS et CRP sont au dessus des valeurs de référence en cas d'inflammation ou d'infection.

Comprendre les résultats d’analyse de la glycémie

La glycémie est l’évaluation de la concentration de glucose (principale source d’énergie de l’organisme) dans le sang.

Elle peut révéler :

  • un taux de glucose trop faible par rapport à la valeur de référence (),
  • un taux de glucose trop élevé (, caractéristique du diabète). Le diagnostic de diabète est posé lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1,26 g/l (ou 7 mmol/l) et est constatée à 2 reprises.

La glycémie est souvent mesurée à la fois à jeun et après les repas (mesure de la glycémie "post-prandiale").

Le médecin peut aussi demander un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO). Cette analyse repose sur un premier prélèvement sanguin à jeun. On effectue ensuite plusieurs autres prises de sang, à intervalles réguliers, après absorption d’un liquide contenant une quantité connue de glucose. Cet examen peut être prescrit par exemple lorsque le médecin ou la sage femme suspecte un diabète gestationnel chez une femme enceinte.

Comprendre les résultats du bilan lipidique sanguin

Le bilan lipidique sanguin, aussi appelé exploration d’une anomalie lipidique (EAL), vise à mesurer les quantités des deux principaux types de lipides (graisses) dans le sang :

  • Le cholestérol est principalement fabriqué par le foie, et aussi apporté par l’alimentation. Son dosage concerne trois éléments distincts :
    • Le taux de cholestérol total peut être élevé.
    • Le LDL-cholestérol (ou "mauvais cholestérol") est transporté dans le sang vers les cellules. Il peut se déposer sur la paroi des artères si son taux est trop élevé, ce qui augmente le risque cardiovasculaire.
    • Le HDL-cholestérol collecte le "mauvais cholestérol" en excès dans le sang, pour l’amener jusqu’au foie qui assure son élimination. Ce "bon cholestérol" exerce donc un effet protecteur sur l’organisme, a fortiori si sa quantité est élevée.
  • Les triglycérides sont apportés par l’alimentation. Ils sont stockés dans des cellules dites "adipeuses", pour servir de réserve d’énergie à l’organisme.

Les taux recommandés pour le LDL-cholestérol et les triglycérides diffèrent en fonction de chaque patient, selon ses facteurs de risque cardiovasculaire. En l'absence de facteurs de risque cardiovasculaire, les taux suivants sont considérés comme normaux :

  • un taux de cholestérol total inférieur à 2 g/l,
  • un taux de LDL-cholestérol inférieur à 1,6 g/l,
  • un taux de HDL-cholestérol  supérieur à 0,4 g/l,
  • un taux de triglycérides inférieur à 1,5 g/l.

Par ailleurs, le bilan lipidique considère l’aspect du sérum sanguin (liquide issu du sang, après suppression des cellules sanguines et protéines participant à la coagulation). Normalement clair, il peut aussi être opalescent ou lactescent (ce qui révèle parfois un excès de triglycérides).

L’hypercholestérolémie, la dyslipidémie mixte (cholestérol et triglycérides augmentés) et certaines hypertriglycéridémies constituent des facteurs de risque majeurs d’athérosclérose (formation de plaques d’athérome) impliqués dans la survenue des maladies cardiovasculaires :

Comprendre les résultats du bilan rénal

Servant à évaluer le fonctionnement des reins, le bilan rénal prend en compte plusieurs éléments.

La sanguine provient de la dégradation de la créatine (substance présente surtout dans les muscles, utilisée pour produire de l’énergie). Inutile à l’organisme, elle est éliminée par les reins er rejetée dans les urines, pour éviter son stockage dans le sang. Un taux élevé de signale donc un dysfonctionnement rénal. Sachez toutefois que la quantité normale de produite dépend de la masse musculaire. Pour cette raison, les concentrations sont plus élevées chez l’homme que chez la femme et l’enfant.

Le débit de filtration glomérulaire (DFG) correspond à la capacité de filtration des reins en 24 heures. Il est calculé à partir de la quantité de dans le sang à l’aide d’une équation (le plus souvent CKD-EPI).

L’urée est une substance résultant de la transformation des protéines alimentaires en acides aminés (assimilables par l’organisme), lors de la digestion. Pour le corps, il s’agit d’un déchet, éliminé par les reins dans les urines. Sa concentration dans le sang reste donc faible et stable lorsque le fonctionnement rénal est satisfaisant. Dans un cadre diagnostique, le dosage de l’urée est beaucoup moins fiable que celui de la . C’est pourquoi il est souvent réalisé en association avec la mesure du taux de .

Pour rechercher une maladie rénale, une analyse d'urine est également demandée. Elle est effectuée, dans un laboratoire d'analyses médicales, sur un échantillon d'urines recueilli à n'importe quel moment de la journée, pour recherche et dosage d'une protéinurie (présence de protéines dans les urines) ou, chez les personnes diabétiques, d'une albuminurie (présence d' dans les urines).

Une maladie rénale chronique est présente si, à deux examens successifs :

  • le débit de filtration glomérulaire est inférieur à 60 ml/min/1.73m²,
  • et/ou la protéinurie et/ou l'albuminurie dépassent les valeurs-seuils

Comprendre les résultats du bilan hépatique

Le bilan hépatique contribue à identifier d’éventuelles maladies du foie.

On dose en général plusieurs éléments.

Les hépatiques sont des substances intervenant dans diverses réactions chimiques de l’organisme (ex. : digestion). On en distingue plusieurs types :

  • Les , augmentées lorsque des cellules du foie se détruisent :
    • L’alanine aminotransférase (ALAT), ou transaminase glutamo-pyruvique sérique (TGP) : son taux augmente par exemple en cas d’hépatite A, d'hépatite B ou d'hépatite C.
    • L’aspartate aminotransférase (ASAT), ou transaminase glutamo-oxaloacétique (TGO) : son taux s'élève par exemple en cas de cirrhose, d'hépatite alcoolique, mais aussi lors d'affections musculaire ou cardiaque.
  • Les de la cholestase, témoignant d'une anomalie de la fabrication ou de l'excrétion de la bilirubine :
    • La gamma-glutamyl transférase (GGT), peut être présente en quantité excessive en cas d'alcoolisme chronique...
    • La phosphatase alcaline (PAL). Sa quantité dans le sang devient plus importante, en cas d'obstruction des voies biliaires, complication de la lithiase de la vésicule biliaire.

La bilirubine est un pigment jaune produit par la dégradation de l’hémoglobine des globules rouges. Le foie assure normalement son élimination. En cas de dysfonctionnement hépatique, la bilirubine s’accumule dans le sang et provoque un ictère (jaunisse).

Une altération importante du fonctionnement du foie se traduit par :

  • une baisse de l’albumine et du cholestérol fabriqués par le foie,
  • une perturbation du bilan de coagulation, par diminution de la fabrication par le foie des facteurs de coagulation.
Dossier Médical Partagé

Le DMP (ex Dossier Médical Personnel) permet de retrouver au même endroit toutes vos informations de santé, et notamment les résultats d’examens.

  • Association des Collèges des Enseignants d'Immunologie des Universités de Langue française. Réaction inflammatoire : aspects biologiques et cliniques, conduite à tenir. Site internet : Université médicale virtuelle francophone. Nantes (France) ; 2011 [consulté le 4 juin 2019]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Diagnostic de l’insuffisance rénale chronique – Bon usage des technologies de santé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 4 juin 2019]
  • Collège des Enseignants de Nutrition. Dyslipidémies. Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Nantes (France) ; 2011 [consulté le 4 juin 2019]
  • Société Française d'Hématologie (SFH). Hémogramme : indications et interprétations. Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Nantes (France) ; 2011 [consulté le 4 juin 2019]