Comment lire les résultats d’une prise de sang ?

30 mars 2017
Les analyses sanguines sont prescrites afin d’affiner le diagnostic de certaines pathologies. Voici quelques repères pour le bon déroulement de votre prise de sang, et pour mieux comprendre les résultats communiqués par le laboratoire.

Qu’est-ce qu’une prise de sang ?

Une prise de sang est un prélèvement sanguin réalisé le plus souvent dans une veine du bras, à l’aide d’une aiguille. Il permet d’analyser le sang, pour diagnostiquer certaines affections.

Cet examen est peu douloureux. Toutefois, la peau peut être légèrement sensible lorsque l’aiguille la traverse. Aussi, chez les enfants, on utilise parfois un patch anesthésiant, afin d’insensibiliser la zone de . Il se pose sur le bras, une heure avant le prélèvement.

Avant la prise de sang : conseils pour bien se préparer

Lorsque vous prenez rendez-vous dans un laboratoire d’analyses sanguines, demandez à votre interlocuteur si vous devez être à jeun le jour du prélèvement. Le cas échéant, pensez à :

  • proscrire toute nourriture ou boisson (hormis l’eau) dans les 12 heures précédant la prise de sang ;
  • éviter de fumer et de pratiquer une activité physique intense, juste avant le rendez-vous.

De nombreux médicaments peuvent affecter les résultats de certains dosages. Aussi, mentionnez tous les traitements que vous prenez (avec ou sans ordonnance) :

  • au médecin qui vous prescrit l’examen ;
  • au technicien ou à l’infirmier qui le réalise.

Par ailleurs, s’il vous est impossible de vous déplacer pour raisons médicales, vous pouvez demander un prélèvement à domicile.

Toujours dans le même laboratoire ?

Pour une même analyse sanguine, les résultats peuvent varier légèrement d’un laboratoire à un autre. Ce phénomène est dû à l’emploi de techniques de dosage différentes. Aussi, il est préférable de réaliser toutes vos prises de sang dans le même laboratoire (afin de pouvoir comparer l’évolution des dosages).

Le déroulement de la prise de sang

Le jour du rendez-vous, munissez-vous de votre ordonnance et de vos papiers (cartes Vitale et de mutuelle).

Le prélèvement se déroule en plusieurs étapes :

  1. La personne qui vous accueille vérifie votre identité et votre ordonnance.
  2. Vous êtes conduit dans un box ou une petite salle, où l’on vous installe dans un fauteuil.
  3. Le technicien prépare le(s) tube(s) qu’il va utiliser pour recueillir votre sang (le plus souvent, plusieurs sont nécessaires).
  4. Il vous pose un garrot (lien serré au-dessus du coude, bloquant momentanément la circulation du sang, pour faciliter le prélèvement).
  5. La prise de sang est réalisée dans une veine, souvent au niveau de l’intérieur du coude, avec une aiguille à usage unique. Les différents tubes sont positionnés successivement sur l’aiguille, qui reste en place dans la veine.
  6. Le technicien retire le garrot puis l’aiguille.
  7. Il met en place un pansement compressif, pour éviter la formation d’un hématome. Vous appuyez vous-même sur le pansement durant une à deux minutes (ou davantage, en cas de troubles de la coagulation).
  8. Le technicien étiquette les tubes à votre nom, et vous précise le délai d’obtention des résultats. Dans certains laboratoires, ceux-ci seront également transmis au médecin prescripteur.

Déchiffrer les résultats : la numération sanguine (NFS) ou "hémogramme"

Elle consiste à dénombrer et analyser les différentes cellules du sang.

Ils servent à transporter l’oxygène des poumons vers les tissus. On évalue leur nombre, par exemple pour détecter une polyglobulie (taux d’hématies trop élevé). On étudie aussi plusieurs autres caractéristiques des globules rouges :

  • Le volume globulaire moyen (VGM) est un indicateur de la taille des globules rouges.
  • L’hématocrite est le pourcentage du volume sanguin occupé par les hématies. Il diminue en cas d’anémie, et augmente par exemple lors d’un épisode de déshydratation.
  • Le taux de réticulocytes correspond au nombre de jeunes globules rouges nouvellement produits par la moelle osseuse. Il donne donc des indications sur le fonctionnement de cette dernière.

L’analyse des hématies permet également d’étudier l’hémoglobine qu’elles contiennent, sous plusieurs aspects :

  • Le taux d’hémoglobine dans le sang est normalement de 13 grammes par décilitre (g/dl) chez l’homme, et 12 chez la femme. À partir du deuxième trimestre de grossesse, il tombe à 10,5 g/dl.
  • La concentration corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine (CCMH ou CGMH) est la quantité d’hémoglobine contenue dans 100 millilitres de globules rouges.
  • La teneur corpusculaire (ou globulaire) moyenne en hémoglobine (TCMH ou TGMH) est la quantité moyenne d’hémoglobine contenue dans un globule rouge.

Elles participent à la coagulation du sang, et à la formation de caillots en cas d’hémorragie (écoulement sanguin). Leur taux anormal peut avoir de multiples causes :

  • Une valeur basse révèle par exemple une infection ou un problème de coagulation (avec un risque de saignement prolongé, d’épistaxis ou d’apparition de bleus).
  • Une valeur élevée signale un risque d’obstruction d’un vaisseau sanguin ( ).

Ils ont en charge la défense du corps contre les micro-organismes (virus, bactéries, champignons). On en distingue 3 variétés.

  • Les polynucléaires sont de trois types :
  • polynucléaires neutrophiles : ils augmentent en cas d’infection bactérienne (ex. : pneumonie) ;
  • polynucléaires éosinophiles : ils augmentent en cas d’allergie, ou d’infection parasitaires (ex. : oxyurose…) ;
  • polynucléaires basophiles : leur taux peut être augmenté en cas de réaction allergique, infectieuse… ;

Les se multiplient face à une infection virale ou à une .

Les monocytes deviennent plus nombreux durant certaines pathologies infectieuses (ex. : mononucléose, toxoplasmose).

Le nombre de leucocytes peut aussi varier en cas de trouble du fonctionnement de la moelle osseuse, ou suite à la prise de certains médicaments.

À quoi correspondent les « valeurs de référence » (VR) mentionnées dans les résultats de prise de sang ?

Il s’agit de normes de résultats, variant selon les techniques de dosage utilisées, le sexe et l’âge. Généralement, elles figurent dans la partie droite du document.

Si vos résultats n’entrent pas dans ces normes, faites-en part à votre médecin, qui vous fournira des explications. Sachez qu’un chiffre supérieur ou inférieur aux limites fixées n’est pas systématiquement révélateur d’une maladie.

Comprendre le dosage de la ferritine

Cette protéine assure le stockage du fer dans le sang. Selon qu’elle est insuffisante ou excessive, sa quantité dans l’organisme peut révéler une carence ou une surcharge en fer.

Comprendre Le bilan inflammatoire simple

Il prend en compte 2 éléments :

  • La vitesse de sédimentation ("VS") correspond à la quantité de sang coagulé dans un tube au bout d’une ou deux heures. Cette valeur permet de diagnostiquer une éventuelle inflammation aiguë ou chronique, quelle que soit son origine (infection, cancer, , etc.) Son taux normal varie selon le sexe et l’âge, durant la grossesse et avec la prise de certains médicaments.
  • La protéine C-réactive (ou "CRP") est fabriquée par le foie. Son taux dans le sang augmente vite en cas d’infection ou d’inflammation. Il diminue ensuite en cas d’amélioration, plus rapidement que la vitesse de sédimentation.

Comprendre les résultats d’analyse de la glycémie

C’est l’évaluation de la concentration de glucose (principale source d’énergie de l’organisme) dans le sang. Elle peut révéler un taux de glucose trop faible ( ) ou trop élevé ( , caractéristique du diabète).

La glycémie est souvent mesurée à la fois à jeun et après les repas (mesure "post-prandiale").

Le médecin peut aussi demander un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO). Cette analyse repose sur un premier prélèvement sanguin à jeun. On effectue ensuite plusieurs autres prises de sang, à intervalles réguliers, après absorption d’un liquide contenant une quantité connue de glucose.

Comprendre les résultats du bilan lipidique

Il vise à mesurer les quantités des deux principaux types de lipides (graisses) dans le sang :

  • Le cholestérol est principalement fabriqué par le foie, et aussi apporté par l’alimentation. Son dosage concerne trois éléments distincts :
    • Le taux de cholestérol total peut être élevé.
    • Le LDL-cholestérol (ou "mauvais cholestérol") est transporté dans le sang vers les cellules. Il peut se déposer sur la paroi des artères si son taux est trop élevé, ce qui augmente le risque cardiovasculaire.
    • Le HDL-cholestérol collecte le "mauvais cholestérol" en excès dans le sang, pour l’amener jusqu’au foie qui assure son élimination. Ce "bon cholestérol" exerce donc un effet protecteur sur l’organisme, a fortiori si sa quantité est élevée.
  • Les triglycérides sont apportés par l’alimentation. Ils sont stockés dans des cellules dites "adipeuses", pour servir de réserve d’énergie à l’organisme. En quantité trop importante dans le sang, ils accentuent aussi le risque d’AVC.

Les taux recommandés pour le LDL-cholestérol et les triglycérides diffèrent en fonction de chaque patient, selon ses facteurs de risque cardiovasculaire. Un taux inférieur à 1,5 g/l (<1,7 mmol/l) pour les triglycérides, et supérieur à 0,4 g/l (>1,0 mmol/l) pour le HDL-cholestérol, est considéré comme optimal.

Par ailleurs, le bilan lipidique considère l’aspect du sérum sanguin (liquide issu du sang, après suppression des cellules sanguines et protéines participant à la coagulation). Normalement clair, il peut aussi être opalescent ou lactescent (ce qui révèle parfois un excès de triglycérides).

Comprendre les résultats du bilan rénal

Servant à évaluer le fonctionnement des reins, il prend en compte plusieurs éléments :

  • La sanguine provient de la dégradation de la créatine (substance présente surtout dans les muscles, utilisée pour produire de l’énergie). Inutile à l’organisme, elle est éliminée par les reins, pour éviter son stockage dans le sang. Un taux élevé de signale donc un dysfonctionnement rénal. Sachez toutefois que la quantité normale de produite dépend de la masse musculaire. Pour cette raison, les concentrations sont plus élevées chez l’homme que chez la femme et l’enfant.
  • Le débit de filtration glomérulaire (DFG) correspond à la capacité de filtration des reins en 24 heures. Il est calculé à partir de la quantité de dans le sang à l’aide d’une équation (le plus souvent CKD-EPI).

L’urée est une substance résultant de la transformation des protéines alimentaires en acides aminés (assimilables par l’organisme), lors de la digestion. Pour le corps, il s’agit d’un déchet, éliminé par les reins dans les urines. Sa concentration dans le sang reste donc faible et stable lorsque le fonctionnement rénal est satisfaisant. Dans un cadre diagnostique, le dosage de l’urée est beaucoup moins fiable que celui de la . C’est pourquoi il est souvent réalisé en association avec la mesure du taux de .

Comprendre les résultats du bilan hépatique

Il contribue notamment à identifier d’éventuelles pathologies du foie. On dose en général plusieurs éléments :

  • Les hépatiques sont des substances intervenant dans diverses réactions chimiques de l’organisme (ex. : digestion). On en distingue plusieurs types :
    • L’alanine aminotransférase (ALAT), ou transaminase glutamo-pyruvique sérique (TGP), son taux augmente en cas d’hépatite.
    • L’aspartate aminotransférase (ASAT), ou transaminase glutamo-oxaloacétique (TGO), son taux s'élève en cas d'affection musculaire ou cardiaque si son taux s’élève.
    • La gamma-glutamyl transférase (GGT), en quantité excessive, peut correspondre à la présence d’une maladie du foie, du cœur, des reins, etc.
    • La phosphatase alcaline (PAL) est en partie évacuée du corps via la . Sa quantité dans le sang devient plus importante, en cas d'obstruction des voies biliaires, complication de la lithiase vésiculaire.
  • La bilirubine est un pigment jaune produit par la dégradation de l’hémoglobine des globules rouges. Le foie assure normalement son élimination. En cas de dysfonctionnement hépatique, la bilirubine s’accumule dans le sang et provoque un ictère (jaunisse).
  • L’albumine est la protéine la plus abondante dans le sang. Elle est fabriquée par le foie. Son dosage permet d’évaluer les capacités de synthèse du foie.

Le bilan hépatique peut aussi comporter des tests sur le temps de coagulation (ou "taux de prothrombine"). Leurs résultats sont perturbés en cas de maladie du foie.

Sources
  • Association des Collèges des Enseignants d'Immunologie des Universités de Langue française. Réaction inflammatoire : aspects biologiques et cliniques, conduite à tenir. Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Nantes (France) ; 2011 [consulté le 14 novembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Diagnostic de l’insuffisance rénale chronique – Bon usage des technologies de santé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2012 [consulté le 14 novembre 2016]
  • Collège des Enseignants de Nutrition. Dyslipidémies. Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Nantes (France) ; 2011 [consulté le 14 novembre 2016]
  • Société Française d'Hématologie (SFH). Hémogramme : indications et interprétations. Site internet : Université médicale virtuelle francophone (UMVF). Nantes (France) ; 2011 [consulté le 14 novembre 2016]