Deux méthodes d’IVG : IVG médicamenteuse et IVG instrumentale

Il existe deux méthodes d’IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale (ou instrumentale). La femme enceinte doit avoir une information détaillée sur ces deux méthodes et choisit, avec son médecin ou une sage-femme, la plus adaptée à sa situation.

L'essentiel

Infographie présentant les différentes méthodes d'IVG (description complète ci-après)

[Ministère de la Santé et de la prévention]

IVG : mon corps, mon choix, mon droit

IGV instrumentale ou médicamenteuse : quelle méthode choisir ?

La méthode instrumentale

  • en établissement de santé ou en centre de santé
  • délais : jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse
  • mes attentes et mon profil : j'ai besoin d'être accompagnée par des professionnels. Je préfère que l'intervention se déroule rapidement et une seule fois.

La méthode médicamenteuse

  • en hôpital, en clinique, dans un cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé
  • délais : jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse
  • mes attentes et mon profil : je ne veux pas d'intervention chirurgical mais je souhaite être accompagnée par des professionnels

La méthode médicamenteuse

  • à domicile
  • délais : jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse
  • mes attentes et mon profil : je préfère être chez moi, accompagnée d'un proche. Mon logement est adapté et proche d'un établissement de santé. Je connais parfaitement la marche à suivre et je n'ai pas de problème de santé.

Dans les 3 cas : mon besoin de discrétion

Pour toutes les IVG quelle que soit la méthode : La prise en charge de l'interruption volontaire de grossesse est légalement protée par le secret afin de pouvoir préserver, si je le souhaite, mon anonymat.

L'anonymat doit être proposé à toutes les femmes (majeures, mineures, femmes bénéficiaire de l'aide médicale de l'Etat...).

La prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, la pratique du tiers payant obligatoire et l'absence de décompte envoyé à l'assurée garantissent l'anonymat.

Taux de réussite : des méthodes très fiables

  • 99,7 % de réussite pour la méthode instrumentale
  • 95 % de réussite pour les méthodes médicamenteuses

Plus d'information : www.ivg.gouv.fr et le numéro 0 800 08 11 11 (service et appel anonymes et gratuite) pour toute question sexualités - contraception - IVG

IVG : la méthode médicamenteuse

L'IVG médicamenteuse consiste à prendre des médicaments qui provoquent l'interruption de la grossesse et l'expulsion de l'.

Déroulement de l'IVG médicamenteuse

En France, cette méthode consiste à prendre successivement deux médicaments.

Ces médicaments vous sont :

  • remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ;
  • ou délivré en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation.

Un médicament antiprogestérone : la mifépristone qui interrompt la grossesse

Vous pouvez choisir de prendre le médicament :

  • au cours d'une consultation ou une téléconsultation en présence d'un médecin ou d'une sage-femme) ;
  • ou seule à domicile après la consultation ou la téléconsultation.

Des saignements après la prise de ce médicament sont possibles. Cela ne veut pas dire que l’interruption de grossesse a eu lieu. Il est indispensable de prendre le deuxième médicament.

Puis une prostaglandine : le misoprostol

Ce médicament est pris 24 à 48 heures plus tard par voie orale, sublinguale (sous la langue) ou trans- orale (à l'intérieur de la joue) :

  • soit lors d'une consultation (ou d'une téléconsultation), mais il y a un risque d'expulsion sur le trajet de retour au domicile ;
  • soit, de préférence, à domicile après prescription par un établissement de santé, par un professionnel de ville autorisé (médecin et sage femme) ou par un centre de planification ou d'éducation familiale ayant établi une convention avec un établissement de santé.

Ce médicament provoque des contractions et l'expulsion de l'. Celle-ci survient généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise de ce second médicament, mais peut parfois se produire dans les 24 à 72 heures.

Comment prendre un médicament par voie transmuqueuse orale ou jugale ?

Les comprimés sont mis en place entre la joue et la gencive et les fragments résiduels doivent être avalés au bout de 30 minutes.

Dates et lieux de prescription de l'IVG médicamenteuse

Du début de la grossesse jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse (9 semaines après le premier jour des dernières règles), la jeune femme peut s'adresse pour une IVG médicamenteuse :

  • à un établissement de santé ;
  • à un cabinet de ville. Le médecin ou la sage-femme doivent avoir conclu une convention avec un établissement de santé ;
  • à un centre de santé ou un centre der santé sexuelle (ex-centre de planification et d'éducation) ayant également conclu une convention avec un établissement de santé.

La téléconsultation est possible, mais elle ne peut pas vous être imposée. Les médicaments sont délivrés par la pharmacie d’officine choisie par la femme.

Consulter l'article « Votre prise en charge pour une IVG médicamenteuse »

Avantages et inconvénients de l’IVG médicamenteuse

Les avantages :

  • l'IVG médicamenteuse évite la chirurgie et l’anesthésie ;
  • peut être réalisée dès le début de la grossesse ;
  • peut être pratiquée en cabinet de ville ou à domicile.

Les inconvénients :

  • l'IVG médicamenteuse échoue dans environ 5 % des cas avec alors la nécessité d’avoir recours à un avortement chirurgical si la grossesse n'est toujours pas souhaitée (dans ce cas, la patiente est informée du risque tératogène du misoprostol) ;
  • se déroule sur plusieurs jours ;
  • peut causer des saignements importants ;
  • peut entraîner des douleurs, des nausées, des vomissements et des diarrhées.

Après la prise des médicaments pour une IVG

Je ne reste pas seule à mon domicile lors de l'expulsion.

Je prends les antalgiques prescrits.

Je contacte l'établissement dont le professionnel m'a donné les coordonnées ou j'appelle le 15 en cas de complications (hémorragie par exemple).

Pour aller plus loin, lire aussi l'article « L'IVG, ou avortement, par voie médicamenteuse » (site du gouvernement).

IVG: la méthode instrumentale

L’IVG instrumentale repose sur la dilatation du col et l’évacuation du contenu utérin par aspiration.

Déroulement de l'IVG instrumentale

L'IVG instrumentale consiste, dans un premier temps, à dilater progressivement le col de l’utérus.

Pour faciliter cette dilatation, une préparation médicamenteuse du col de l'utérus est recommandée. La préparation cervicale repose sur :

  • une antiprogestérone, la mifépristone (à prendre par la bouche 36 à 48 heures avant l’aspiration) ou sur une prostaglandine, le misoprostol (à prendre par la bouche 3 à 4 heures avant l’aspiration) ;
  • ou sur le géméprost (un par voie vaginale 3 heures avant l’aspiration).

Une fois le col bien ouvert, le médecin introduit dans l’utérus un petit tube (ou canule) relié à un dispositif permettant d'aspirer le contenu utérin.

Cette technique est réalisée sous anesthésie locale (seul le col de l'utérus est anesthésié) ou générale selon la situation médicale et le choix de la femme. Si une anesthésie générale est nécessaire, une consultation pré-anesthésie est obligatoire.

Dates et lieux d’intervention de l'IVG instrumentale

L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse (soit au maximum 16 semaines après le début des dernières règles) et a lieu dans un établissement de santé, c’est-à-dire un hôpital ou une clinique autorisés à pratiquer l’avortement. Sous certaines conditions (IVG pratiquée uniquement sous anesthésie locale, locaux adaptés, disponibilité d'un anesthésiste...), elle peut avoir lieu dans un centre de santé autorisé ayant établi une convention de coopération avec un centre hospitalier de proximité.

Elle nécessite des règles d’hygiène strictes.

L’intervention en elle-même ne dure qu’une dizaine de minutes mais une surveillance de la patiente doit ensuite être réalisée pendant quelques heures. Dans la plupart des cas, une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures est nécessaire. Les médecins recommandent, par ailleurs, que la femme soit accompagnée lors de sa sortie de l’établissement.

Consulter l'article « Votre prise en charge pour une IVG instrumentale »

Qui pratique l'IVG instrumentale ?

L'IVG instrumentale peut être faite par :

  • un médecin en établissement de santé ou dans un centre de santé autorisé et ayant établi une convention avec un centre hospitalier de proximité ;
  • une sage-femme en établissement de santé (clinique ou hôpital). Sa compétence professionnelle est attestée par le suivi d'une formation théorique et pratique à l'IVG instrumentale et à la conduite à tenir en cas de complications.

Avantages et inconvénients de l’IVG instrumentale

Les avantages :

  • l'IVG instrumentale échoue rarement ;
  • se déroule en une fois ;
  • peut être réalisée jusqu’à 16 semaines d’.

Les inconvénients :

  • l'IVG instrumentale nécessite une anesthésie, locale ou générale, et une brève hospitalisation ;
  • est faite par une technique chirurgicale ;
  • peut entraîner des complications (infection, lésion de l’utérus) cependant rares.

Un rendez-vous à prendre rapidement

Certains établissements ou centres de santé étant très sollicités, il est important de prendre rendez-vous pour une IVG instrumentale le plus tôt possible. Ceci afin de ne pas laisser passer le délai légal d’interruption volontaire de grossesse.

Lire aussi sur le site du gouvernement l'article « L'IVG, ou avortement, par voie médicamenteuse ».

Les étapes de l'IVG - vidéo ivg.gouv.fr

L'IVG pour interruption volontaire de grossesse est possible pour toutes les femmes, majeures et mineures, qui ne souhaitent pas poursuivre leur grossesse.

Elle peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 14e semaines de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles.

Elle est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais.
Les femmes mineurs n'ont pas besoin d'autorisation parentale, mais doivent être accompagnées d'une personne majeure de leur choix.
Une fois la décision prise d'avorter, il est important de prendre un rendez-vous sans tarder car les délais de prise en charge peuvent être longs.

[Sur l'écran apparaît une liste :

  • cabinet de médecin ou sage-femme
  • centre de santé
  • centre de santé sexuelle
  • hôpital ou clinique]

En premier lieu, il faut consulter un médecin, généraliste ou gynécologue, ou bien une sage-femme. Ce rendez-vous comprend un temps d'information. C'est l'occasion de poser toutes les questions que l'on peut avoir.

Dans un second temps, lors du même rendez-vous ou lors d'un second rendez-vous, le médecin ou la sage-femme recueille votre consentement pour pratiquer l'IVG.

Pour les femmes mineures, une consultation psychosociale est obligatoire avant le recueil du consentement.
Les femmes majeures peuvent en bénéficier si elles en ressentent le besoin.

2 méthodes d'avortement sont pratiqués en France :

  • instrumentale ;
  • médicamenteuse.

Chaque femme peut choisir sa méthode en fonction de l'avancement de la grossesse.

L'IVG médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments à 24/48 heures d'intervalle. Ils peuvent être pris à votre domicile ou sur le lieu d'exercice du professionnel de santé. Cette méthode est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse.
 
L'IVG instrumentale est une intervention consistant à aspirer l'oeuf dans l'utérus. Elle se déroule : à l'hôpital, en clinique ou bien dan certains centres de santé agréés. Elle est pratiquée sous anesthésie générale ou locale. Elle est possible jusqu'à 14 semaines de grossesse.

14 à 21 jours après l'IVG une consultation de suivi est nécessaire pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue.

Vous voulez en savoir plus sur l'IVG ? Vous avez besoin de conseils ? Consultez le site : IVG.gouv.fr ou contactez le 0 800 08 11 11.

[Logo Ministère de la Santé et de la prévention]

  • Ministère des Solidarités et de la santé. Toute l’information sur l’interruption volontaire de grossesse. Site internet : IVG.gouv.fr. Paris ; 2022 [consulté le 16 mars 2022]
  • Décret n° 2022-212 du 19 février 2022 relatif aux conditions de réalisation des interruptions volontaires de grossesse par voie médicamenteuse hors établissements de santé
  • Direction de l'information légale et administrative. IVG. Site internet : Service-Public.fr. Paris ; 2022 [consulté le 15 mars 2022]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cahier des charges pour la réalisation des interruptions volontaires de grossesse par méthode instrumentale hors établissement de santé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2016 [consulté le 16 mars 2022]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse - Mise à jour. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2021 [consulté le 16 mars 2022]
  • Décret n° 2024-367 du 23 avril 2024 modifiant les conditions d'exercice par les sages-femmes de la pratique des interruptions volontaires de grossesse instrumentales en établissement de santé
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