Drogues et grossesse

La consommation de drogues a des répercussions sur l'évolution de la grossesse et sur le bébé.

Consommation de drogues pendant la grossesse : quels sont les dangers ?

La consommation de drogues (cannabis, cocaïne, héroïne...) est souvent associée à d'autres consommations : alcool, médicaments, tabac qui cumulent leurs effets sur le déroulement de la grossesse.

Quels sont les risques en cas de consommation de drogues pendant la grossesse ?

Pendant la grossesse, la consommation de drogues peut avoir des conséquences graves sur le développement de votre bébé et met en danger sa santé. En effet, les drogues traversent aisément la barrière du et pénètrent directement dans le système sanguin de fœtus qui, dans certains cas, souffrira d'un « état de manque » à la naissance.

Cannabis et grossesse

Avec 900 000 usagers quotidiens, le cannabis est la drogue la plus consommée en France. La consommation de cannabis est essentiellement masculine, mais une féminisation de la consommation s’amorce chez les jeunes consommateurs.

Le principe actif du cannabis, responsable des effets psychoactifs, est le tétrahydrocannabinol (THC), inscrit sur la liste des stupéfiants. Sa concentration est très variable selon les préparations et la provenance du cannabis et elle a tendance à être plus élevée aujourd’hui que par le passé. Le THC du cannabis passe le , ainsi que dans le lait maternel.

Le cannabis étant souvent mélangé au tabac et le rôle propre du tabac fumé avec le cannabis est difficile à distinguer de celui du cannabis.

Quelles sont les conséquences sur l'enfant et l'évolution de la grossesse ?

Dans les études menées, aucun effet malformatif n’est retenu chez les femmes enceintes exposées au cannabis au 1er trimestre de la grossesse.

Lors d’une consommation régulière et importante de cannabis (de l’ordre de 6 fois par semaine ou plus), les effets suivants doses-dépendants ont été évoqués :

2021 : moins de cannabis au cours de la grossesse

Dans l'enquête nationale périnatale 2021, la proportion des femmes déclarant consommer du cannabis durant la grossesse est passée de 2,1 % en 2016 à 1,1 % en 2021.

Opiacés (héroïne...), cocaïne, crack et grossesse

La prise de ces drogues augmente le risque :

  • de fausses couches  ;
  • de prævia. Normalement, le est inséré dans le fond de l'utérus. On parle de prævia lorsqu’il recouvre, en partie ou en intégralité, l'orifice interne du col de l’utérus, par lequel sort le bébé. Le prævia cause des saignements vaginaux de sang rouge et récidivants durant la grossesse. Son évolution doit donc être particulièrement surveillée par échographie abdomino-pelvienne. Chez la plupart des femmes, le prævia se déplace un peu dans la cavité utérine lors de la grossesse et permet un accouchement par voie basse. Néanmoins, si ce n’est pas le cas, une césarienne est nécessaire ;
  • d'hématome rétroplacentaire. L’hématome rétroplacentaire se forme au niveau de la zone de fixation du , sur la paroi interne de l’utérus. Il provoque, en cours de grossesse, un décollement plus ou moins important du , ce qui supprime, de façon plus ou moins grave, les échanges entre la mère et le fœtus. Il se manifeste par des douleurs brutales du ventre, des pertes sanguines noirâtres et des anomalies des contractions utérines et du rythme cardiaque du fœtus détectées lors l’enregistrement du monitoring. Il nécessite en général une césarienne en urgence quel que soit le terme de la grossesse, car il met en jeu la vie de l’enfant et de la mère ;
  • d'accouchement prématuré ;
  • de retard de croissance du fœtus. Ce retard de croissance intra-utérin se traduit par une cassure de la courbe de croissance du fœtus précocement au cours du deuxième trimestre ou plus tardivement. La courbe de croissance in utero n'est pas régulière ;
  • de complications cardiovasculaires chez la femme enceinte lors d'une intoxication aiguë : infarctus du myocarde, hypertension artérielle..., ayant des retentissement sur l'enfant.

Le risque de malformations du fœtus ne semble pas augmenté, sauf pour la cocaïne.

De plus, les drogues traversent aisément la barrière du et pénètrent directement dans le système sanguin de fœtus. Un « état de manque » à la naissance (syndrome de ) est présent chez plus de la moitié des nouveau-nés dont les mères ont consommé des opiacés pendant la grossesse.

Syndrome de aux opiacés (héroïne) chez le nouveau-né

Le bébé présente fréquemment à sa naissance un  « état de manque » qui se traduit par :

  • une agitation intense, des tremblements, des mouvements anormaux, voire des convulsions, des troubles du sommeil ;
  • une mauvaise succion, des vomissements et une diarrhée ;
  • une respiration rapide...

Ce syndrome de apparaît dans les 12 à 72 premières heures de vie et dure en général moins de 3 semaines.

Consommation de drogues pendants la grossesse : qui peut vous aider ?

Parlez à votre médecin ou à votre sage-femme de votre consommation de drogue et de sa fréquence, si possible avant même d'être enceinte lors de la consultation préconceptionnelle. Des structures et associations sont là pour vous aider.
Votre médecin vous conseillera et vous orientera pour prendre, avec vous, les mesures nécessaires afin de préserver au mieux la santé de votre bébé.

Comprendre avec des images et des mots simples

Consommer du cannabis peut présenter des risques pour la grossesse. Vous pouvez lire la bande dessinée Le cannabis et ma santé sur le site santebd.org. La BD décrit de manière simple ce qu’est le cannabis et les moyens pour arrêter.

Ce document a été réalisé par l’association CoActis Santé avec des personnes en situation de handicap. Il contient des images et des mots simples. C’est pourquoi il est facile à lire et à comprendre (FALC).

  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Grossesse et toxicomanie. ECN 2018. Éditions Elsevier Masson
  • Centre de référence sur les agents tératogènes. Hôpital Armand Trousseau. Cannabis. Héroïne. Cocaïne : grossesse et allaitement. Site internet : CRAT. Paris ; 2021 [consulté le 1e mars 2024]
  • Santé publique France. Enquête nationale périnatale 2021. Site internet : Santé publique France. Saint-Maurice (France) ; 2022 [consulté le 1e mars 2024]
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