Saignements gynécologiques lors du deuxième et du troisième trimestre de la grossesse

Avoir des saignements vaginaux une fois que la grossesse a dépassé le premier trimestre est toujours anormal et nécessite un bilan en urgence. Le traitement est mis en route dès que la cause est trouvée : hématome rétroplacentaire ou placenta prævia.

Deuxième et troisième trimestre de grossesse : les causes des saignements vaginaux

Saigner une fois que la grossesse est bien engagée est toujours anormal et nécessite un bilan en urgence. En effet, les 2 causes principales des saignements génitaux des deuxième et troisième trimestre de grossesse sont le prævia et l’hématome rétroplacentaire. Ces 2 causes constituent une urgence et nécessitent une hospitalisation immédiate.                          

Les saignements dans le cas du placenta prævia

Qu’est-ce que le prævia ?

Normalement, le se fixe au fond de la cavité utérine.

normalement positionné

Schéma représentant la position la plus fréquente d’un fœtus dans l’utérus, avec la tête vers le bas, les bras et les jambes repliés contre son corps

Le prævia est une anomalie d’insertion du  : ce dernier est inséré trop bas dans l’utérus. Il  recouvre, en partie ou en intégralité, l'orifice interne du col de l’utérus, par lequel sort le bébé.  

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes suivants évoquent l'existence d'un prævia :

  • présence de saignements génitaux survenant lors du 2e ou du 3e trimestre de grossesse, abondants, de sang rouge et coagulable (formant des caillots). Ces saignements se répètent (en l'absence de repos strict) ;
  • les saignements sont éventuellement associés à des contractions utérines mais, dans ce cas, les contractions sont indolores. 

Quel traitement et quel risque en cas de prævia ?

L’hospitalisation immédiate est nécessaire. En effet, il existe un risque pour la mère et l’enfant. Le risque principal est la survenue d’une hémorragie sévère.

Une échographie obstétricale précise la position du et vérifie la vitalité du bébé.

Les battements du cœur du bébé sont surveillés et enregistrés par monitoring.

La femme enceinte est mise au repos strict au lit et une surveillance étroite est mise en place.

Le mode d'accouchement dépend de la position du en fin de grossesse :

  • Si le prævia se déplace un peu et ne recouvre pas l'orifice interne du col de l'utérus, l'accouchement par voie basse, sous stricte surveillance en raison du risque d'hémorragie, est possible.
  • Si le couvre l’orifice du col de l’utérus au moment du terme de la grossesse, une césarienne est programmée.

Les saignements dans le cas de l’hématome rétroplacentaire

Qu’est-ce que l’hématome rétroplacentaire ?

Un hématome rétroplacentaire est une poche de sang qui se forme entre le et la paroi de l’utérus, sur une surface plus ou moins importante, provoquant un décollement du . L'une des conséquences est une altération des échanges sanguins entre la mère et l'enfant entraînant une .

L’hématome rétroplacentaire est une complication possible de la pré-éclampsie. Le diagnostic de pré-éclampsie est fait sur une élévation de la pression artérielle et la présence de protéines dans les urines. Le traitement de la pré-éclampsie permettent d’éviter la survenue d’un hématome rétroplacentaire.
En savoir plus sur le diagnostic et le traitement de la pré-éclampsie.

Quels sont les symptômes de l’hématome rétroplacentaire ?

La présence d'un hématome rétroplacentaire est suspectée en présence des symptômes suivants :

  • survenue de saignements génitaux lors du 2e ou du 3e trimestre de grossesse, peu abondants, noirâtres, qui ne coagulent pas ;
  • associés à des douleurs utérines brutales, permanentes, associées à une contracture utérine permanente (« ventre de bois ») ;
  • avec un retentissement important sur la femme enceinte : palpitations cardiaques, tension artérielle élevée et pouls rapide, malaise, etc., contrastant avec le fait que les saignements vaginaux sont peu abondants.

L’hospitalisation immédiate est nécessaire.

Du fait du décollement souvent brutal du , il existe un risque grave pour la mère et l’enfant.
La femme enceinte est hospitalisée pour une surveillance étroite et un traitement adapté.

Une échographie obstétricale localise l'hématome et vérifie la vitalité du bébé. Les battements du cœur du bébé sont surveillés et enregistrés par monitoring.

Le déclenchement de l’accouchement ou une césarienne sont indispensables.

Vous êtes enceinte de plus de 3 mois et vous saignez : que faire ?

Tout saignement gynécologique en milieu et fin de grossesse est anormal. La prise en charge est urgente et une hospitalisation est nécessaire.

Donc, si vous saignez, adressez-vous immédiatement à la maternité qui vous suit ou appelez les urgences.

Les professionnels de santé évaluent, dès votre arrivée, l’abondance de l'hémorragie ainsi que son retentissement hémodynamique (débit du sang dans l'organisme). Pour cela, les médecins prennent des mesures répétées du pouls, de la pression artérielle, recherchent un trouble de conscience et des signes généraux (tels qu’une pâleur due à l'anémie, des sueurs, un malaise, des difficultés à respirer).

Si des signes de choc due aux pertes de sang (pâleur, artérielle, tachycardie, difficulté à respirer, confusion…) sont présents, les professionnels de santé peuvent vous poser une perfusion de de remplissage, voire une transfusion sanguine.

La cause est immédiatement recherchée et la prise en charge décidée. En effet, la présence d'un prævia ou d'un hématome rétroplacentaire a un fort retentissement sur l’évolution de votre grossesse et le devenir de votre enfant.

Vous êtes enceinte et de groupe sanguin rhésus négatif

En cas de saignements gynécologiques lors du deuxième ou du troisième trimestre de grossesse, vous recevez, si vous êtes de groupe sanguin rhésus négatif, une injection de gammaglobulines anti-D afin de prévenir l’allo-immunisation materno-fœtale.

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