Comment préparer sa trousse de médicaments pour partir en voyage ?

21 novembre 2017
Vous allez partir en voyage prochainement, et vous vous demandez quels médicaments, documents médicaux et matériel de soins vous devez emporter ? Voici quelques conseils pour ne rien oublier, en fonction de votre destination et de votre état de santé.

Comment bien se préparer à un voyage ?

Prévoyez toutes les affaires nécessaires pour pouvoir :

  • poursuivre vos traitements habituels loin de chez vous ;
  • traiter les blessures et affections bénignes ;
  • prévenir certaines maladies infectieuses ou parasitaires en particulier celles transmises par les moustiques (ex. : paludisme)...

Sachez qu’il n’existe pas de trousse de voyage type. La liste des affaires à emporter dépend de :

  • votre état de santé actuel et vos antécédents médicaux ;
  • votre destination (ex. : zone rurale ou urbaine) et ses caractéristiques (présence permanente de certaines pathologies infectieuses, conditions d’hygiène précaires, difficultés d’accès aux soins médicaux, etc.) ;
  • le moment de votre séjour (ex. : saison sèche ou humide) et sa durée ;
  • le type de voyage que vous entreprenez (professionnel ou touristique, individuel ou en groupe, organisé ou "à l’aventure") ;
  • vos conditions d’hébergement.

Par ailleurs, avant tout séjour, il est conseillé de :

  • consulter votre chirurgien-dentiste (en particulier si vous présentez des problèmes dentaires chroniques ou récurrents) ;
  • vérifier que vous disposez d’une carte de groupe sanguin et d’un carnet de vaccinations international (pour les destinations hors UE) ;
  • souscrire une assurance rapatriement sanitaire.
Quelles sont les vaccinations à effectuer avant un voyage à l’étranger ?

Plusieurs vaccinations peuvent se révéler nécessaires (par exemple contre la diphtérie, le tétanos, la , l’hépatite A, l’hépatite B, le méningocoque C, la fièvre jaune ou la fièvre typhoïde). Leur réalisation dépend :

  • des obligations administratives de chaque pays ;
  • des risques réellement encourus, en fonction de la situation sanitaire sur place au moment où vous partez.

Pour mettre à jour ou réaliser les vaccinations requises, consultez votre médecin traitant ou rendez-vous dans un centre de médecine tropicale. La consultation doit avoir lieu au minimum 4 à 6 semaines avant le départ, pour assurer l’efficacité du ou des vaccin(s).

Quel est le petit matériel indispensable pour les premiers soins lors d'un voyage ?

Prévoyez de quoi traiter les lésions bénignes, c’est-à-dire :

  • un désinfectant hydro-alcoolique (à base d’eau et d’alcool) pour les mains ;
  • des compresses stériles et du sparadrap ou des pansements stériles ;
  • des pansements gras (ou "interface"), pour les brûlures et les plaies suintantes ;
  • des bandelettes adhésives (favorisant une bonne cicatrisation des coupures) ;
  • une bande de contention (pour traiter une entorse ou tenir un pansement) et une épingle de sûreté (épingle à nourrice) pour l’attacher ;
  • une pince à épiler (pour enlever échardes ou tiques) ;
  • une paire de ciseaux ;
  • un thermomètre ;
  • si vous voyagez en avion et/ou si vous avez un terrain prédisposant au risque de phlébite, des bas ou chaussettes de contention ; des préservatifs de norme NF (pour prévenir les infections sexuellement transmissibles ou "IST").

Les médicaments de base à emporter en voyage

Il est recommandé de prendre avec vous plusieurs types de produits.

Il peut s’agir par exemple de chlorhexidine. Choisissez de préférence une forme en spray ou en lingettes, les flacons pouvant s’ouvrir pendant le trajet.

Privilégiez comme antalgique le paracétamol, qui se conserve mieux à la chaleur que l’aspirine, et évitez les suppositoires, qui fondent.

Il s’utilise en cas d’allergie. Pour orienter votre choix, demandez conseil à votre pharmacien.

Utlisez un ant--diarrhéique en cas de diarrhée du voyageur ou "tourista". Cela peut être :

  • soit un anti-sécrétoire (diminuant la quantité et le nombre de selles) à base de racécadotril, contre-indiqué chez les moins de 15 ans et les femmes enceintes ou allaitantes ;
  • soit un anti-diarrhéique dit "moteur" (ralentissant le transit intestinal) à base de lopéramide, contre-indiqué avant l’âge de 30 mois.

À base de phloroglucinol, trimébutine ou mébévérine, l'antispasmodique traite les spasmes musculaires du système digestif notamment.

C’est un traitement contre la constipation., fréquente en raison des changements d'habitude.

Ces produits vous seront utiles en cas de conjonctivite. Le sérum physiologique sert alors à nettoyer les yeux avant d’utiliser, selon l’origine de l’inflammation oculaire :

  • soit un collyre antiallergique en cas d’allergie ;
  • soit un collyre antiseptique en cas d’infection.

Elles aident à arrêter les saignements en cas de coupure.

Emportez une crème pour apaiser vos coups de soleil éventuels, en complément de votre crème solaire à indice de protection élevé (IP 50+).

Dans tous les cas, prenez avec vous des produits :

  • dont vous connaissez l’usage (indications, posologies) ;
  • dans leur emballage d’origine (et non en vrac), notamment pour pouvoir lire la notice si nécessaire.
En cas d’allergie

Vous avez déjà présenté une réaction allergique générale (œdème de Quincke ou ) suite à une piqûre d’hyménoptère (guêpe, frelon, abeille, bourdon) ? Avant de partir en voyage, parlez-en à votre médecin : un traitement d’urgence à base d’adrénaline peut vous être prescrit.

Les médicaments conseillés pour certains risques spécifiques aux voyages

Selon la zone où vous allez séjourner, vous pouvez avoir besoin de produits particuliers.

Il est utile en cas de nausées liées au mal des transports (en avion, voiture, etc.) Il existe notamment sous forme de patch.

Emportez ces produits si vous ne pouvez disposer de bouteilles d’eau capsulées là où vous allez. En effet, dans les pays où l’hygiène précaire, boire de l’eau purifiée contribue à la prévention des maladies infectieuses.

Ils peuvent servir en cas de voyage dans un pays chaud exposant au risque de déshydratation, en particulier pour un enfant en bas âge. Pour les enfants plus grands et les adultes, vous pouvez aussi réaliser vous-même une solution de réhydratation. Il suffit de diluer 6 cuillères à café de sucre et une demi-cuillère à café de sel dans 1 litre d’eau potable.

Si vous partez dans un pays où le paludisme est présent en permanence, consultez votre médecin traitant. Il vous prescrira un médicament préventif adapté à votre destination. Par ailleurs, demandez conseil à votre pharmacien pour vous procurer l’équipement nécessaire à la prévention des maladies transmises par les moustiques :

  • une moustiquaire spécifique (imbibée d’un répulsif à base de perméthrine, deltaméthrine ou bifenthrine), efficace durant 6 à 8 mois ;
  • un répulsif cutané à base de DEET (N, N-diéthyl-3-méthylbenzamide), sous forme de spray. Sa durée d’action est de 4 à 8 heures, selon les conditions d’utilisation (transpiration, humidité ambiante, etc.) Aussi, son application doit être renouvelée régulièrement (et au moins 20 minutes après avoir appliqué une crème solaire, le cas échéant). Sachez aussi que certains répulsifs peuvent être vaporisés sur vos vêtements, avant votre départ. Les répulsifs diminuent aussi le risque de morsure par les araignées et les tiques.
Un site pour préparer son voyage selon sa destination

Vous pouvez consulter la rubrique "Conseils par pays" du site  France Diplomatie.

Quelques conseils lors du voyage en cas de traitement régulier

Si vous prenez régulièrement certains médicaments (ex. : pilule contraceptive), consultez votre médecin avant votre départ. Cela vous permettra de bien préparer votre voyage et de vous informer sur plusieurs points.

Il faut prévoir assez de médicaments pour la durée du séjour, voire un peu plus (dans l’hypothèse d’un retour retardé).

Si votre traitement se prend à des moments précis de la journée, renseignez-vous sur un éventuel décalage horaire dans votre pays de destination.

Pour faciliter les contrôles douaniers, il est recommandé de conserver sur vous :

  • une ordonnance de votre médecin traitant précisant le nom des substances contenues dans votre traitement, en dénomination commune internationale ( ). Ce conseil est valable en particulier pour les molécules classées parmi les stupéfiants (ex. : dérivés de l’opium) ;
  • le cas échéant, une attestation médicale certifiant que vous devez utiliser des seringues et aiguilles (en français et si possible, selon votre destination, en anglais).

Par ailleurs, si vous voyagez en avion, placez vos médicaments dans votre sac à main (en cas de perte de vos bagages pendant le trajet). Gardez-en également une réserve dans votre valise en soute, pour parer à toute éventualité.

En cas de voyage dans un pays très chaud ou de canicule, des modalités de conservation particulières peuvent être requises pour vos médicaments.

Obtenir son traitement pour un séjour à l’étranger supérieur à 3 mois

Pour obtenir votre traitement habituel en quantité suffisante, demandez une autorisation de délivrance des médicaments à votre caisse d’Assurance Maladie. Si vous allez dans l’Union Européenne (UE) ou en Suisse, faites aussi établir par votre caisse une carte européenne d’Assurance Maladie (au moins 3 semaines avant le voyage).

Sources
  • Gouvernement du Canada. Trousse de produits de santé pour le voyage. Site internet : voyage.gc.ca. Ottawa ; 2016 [consulté le 15 juin 2017]
  • Organisation mondiale de la Santé (OMS). Voyages internationaux et santé. Site internet : OMS. Genève (Suisse) ; 2017 [consulté le 15 juin 2017]
  • Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH). Recommandations sanitaires pour les voyageurs 2017. Hors-série du 6 juin 2017.