Bien utiliser les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

30 mars 2017
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des médicaments qui permettent de réduire ou de supprimer les symptômes liés à un phénomène inflammatoire. Certains sont disponibles sans ordonnance. Les AINS ne sont cependant pas sans risque et peuvent avoir des effets secondaires.

Propriétés et origine des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont des médicaments qui ont en commun quatre propriétés :

  • anti-inflammatoire. Ils sont actifs contre l’inflammation ;
  • antalgique. Ils agissent contre la douleur ;
  • . Ils aident à lutter contre la fièvre ;
  • antiagrégant plaquettaire. Ils fluidifient le sang.

Chacune de ces actions est plus ou moins forte selon l’anti-inflammatoire concerné.

L’origine des AINS

Pendant l’Antiquité, l’écorce du saule était connue pour soigner certaines fièvres. La substance active responsable de cet effet a été isolée au XIXe siècle ; après quelques transformations chimiques, elle a donné naissance à l’aspirine.

Ainsi, l’aspirine a été la première molécule de la famille des AINS. Rapidement ses autres vertus ont été mises en évidence ; l’aspirine n’agit pas seulement contre la fièvre mais aussi contre la douleur et tous les phénomènes inflammatoires.

Au fil du temps, grâce à la recherche de molécules toujours plus efficaces et mieux tolérées, la classe des AINS s’est agrandie. Elle compte aujourd’hui plusieurs dizaines de médicaments couvrant des familles chimiques très différentes : ibuprofène, piroxicam, diclofénac, acide niflumique, etc.

La structure chimique des AINS permet de les distinguer des anti-inflammatoires stéroïdiens (AIS) qui eux, sont des dérivés de la .

Le rôle de l’AINS contre l’inflammation

Une inflammation est une réaction de l’organisme face à une agression ou un dérèglement : infection, corps étranger, plaie, allergie, dérèglement immunitaire, etc. Elle a une fonction de défense et fait partie des réactions « normales » du .

Au niveau de la zone concernée, l’inflammation comporte toujours une association des signes suivants :

  • chaleur ;
  • rougeur ;
  • gonflement (œdème) ;
  • douleur.

Si l’inflammation est trop importante et/ou prolongée, ces symptômes deviennent gênants (notamment la douleur), pouvant même avoir un retentissement sur l’ensemble de l’organisme.

Les AINS réduisent l’intensité et la durée de l’inflammation.

Formes, utilisation et administration des AINS

Les AINS peuvent être pris pour réduire ou supprimer les symptômes liés à un phénomène inflammatoire, principalement dans les maladies suivantes :

Tous les AINS ne sont pas efficaces contre l’ensemble de ces symptômes, ni dans toutes les maladies. Ils ne sont donc pas interchangeables entre eux. Il est important de respecter la prescription et les conseils du pharmacien ou du médecin pour leur utilisation.

Selon les médicaments, les AINS sont disponibles :

  • par voie orale, c’est à dire en comprimés à avaler, comprimés à dissoudre, gouttes buvables, granulés à dissoudre, etc. A noter que pour les formes à avaler, ils doivent toujours être pris en même temps qu’un repas, afin de protéger l’estomac. C’est aussi la voie mieux adaptée aux traitements prolongés ;
  • par voie rectale (suppositoires) ;
  • par voie cutanée. L’application de gels ou pommades à base d’AINS sur la peau peut suffire à soulager les douleurs liées à une entorse bénigne, une contusion, une , une arthrose de petites articulations ;
  • par voie injectable. Cette voie est surtout pratiquée quand l’administration orale est impossible, dans un contexte d’urgence ; ou dans des cas particuliers comme le traitement de la douleur postopératoire des crises de colique néphrétique.

Certains AINS sont disponibles sans ordonnance et ne sont dans ce cas pas remboursés par l'Assurance Maladie. C’est le cas pour :

  • l’aspirine ;
  • certains dosages d’ibuprofène ;
  • et le flurbiprofène dans des dosages spécifiques contre les douleurs en cas de maux de gorge.

La prise de ces AINS concerne généralement des pathologies ponctuelles ou des douleurs légères.

Avant l’achat d’un AINS sans ordonnance, demandez conseil à votre pharmacien en lui signalant vos traitements en cours. Il est important de respecter les posologies préconisées pour ce type de médicament.

Si le traitement ne vous soulage pas :

  • consultez votre médecin traitant ;
  • n’augmentez jamais les doses par votre propre initiative et au-delà des dosages inscrits dans la notice.

Si votre médecin vous a prescrit un AINS pour une situation précise, ne l’utilisez pas par la suite, en automédication. Ne donnez pas non plus ce médicament à une autre personne.

D’autres AINS ne sont disponibles qu’avec une prescription médicale et sont généralement remboursés par l’Assurance Maladie.

Comme pour tout traitement :

  • signalez à votre médecin tout autre traitement en cours. Ceci permet d’éviter le risque d’interaction médicamenteuse ;
  • respectez les doses prescrites par votre médecin, les moments de prises, la durée du traitement. Il est important ne pas interrompre votre traitement même si les symptômes semblent avoir disparu ;
  • en cas d’effets secondaires, informez votre médecin ou votre pharmacien ; il vous suggèrera des solutions pour supprimer ou atténuer certains de ces effets.

Dans quel cas où les AINS ne peuvent pas être utilisés ?

La prise d’AINS n’est pas toujours sans risque. Certaines restrictions sont à prendre en compte par le médecin lors de sa prescription mais elles sont également à considérer lors de la prise d’AINS en automédication.

Dans tous les cas, avant la prise d’AINS en automédication, il faut se reporter à la notice du médicament ou de demander conseil à son pharmacien.

Les AINS sont à éviter chez :

  • les enfants âgés de moins de 15 ans, sauf si la notice du médicament mentionne clairement qu’il peut être utilisé chez l’enfant, et dans quelles conditions ;
  • les personnes âgées de plus de 65 ans ;
  • les femmes qui allaitent.

Par ailleurs, si vous devez conduire, lisez attentivement la notice du médicament que vous prenez ; certains AINS peuvent comporter des restrictions ou une note de vigilance lors de la conduite d’un véhicule. Evitez de prendre ces médicaments si vous devez conduire.

Les AINS sont contre-indiqués chez les femmes enceintes à partir du 6e mois de grossesse. Par ailleurs, il est indispensable de demander l’avis de son médecin ou de son pharmacien avant de prendre des AINS avant le 6e mois de grossesse.

La prise d’AINS est contre-indiquée chez les personnes souffrant :

S’il y a un risque d’infection, les AINS ne doivent pas être pris de façon prolongée car ils peuvent aggraver l’infection. Ainsi, en cas de fièvre persistante, il ne faut pas poursuivre la prise d’AINS sans avis médical.

Les contre-indications concernent aussi les personnes qui ont des antécédents connus d’allergies aux AINS, même s’il ne s’agit pas de la même molécule.

Les contre-indications concernent aussi les personnes qui prennent certains traitements. C’est le cas lors de la prise :

  • de traitement par anticoagulants (médicaments pour fluidifier le sang) ;
  • d'autres AINS ;
  • de traitement par héparines (anticoagulant) ;
  • de médicaments à base de , utilisés pour traiter les troubles bipolaires) et les dépressions sévères ;
  • de certains antidépresseurs.

D’autres médicaments peuvent également être incompatibles avec la prise d’AINS. Il est donc important de toujours se référer à la notice du médicament ou de demander conseils à votre pharmacien ou à votre médecin.

Les effets secondaires possibles lors d’un traitement par AINS

Pendant la prise d'AINS, les symptômes suivants peuvent apparaître :

Ces effets secondaires doivent vous conduire à arrêter le traitement et à consulter votre médecin.

Sources
  • H. Lévesque, 0. Lafont. L’aspirine à travers les siècles : rappel historique. Rev Med interne. 2000;21(suppl1)8 :17
  • Faculté de médecine Pierre et Marie Curie, CHU Pitié-Salpêtrière. Pharmacologie - Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Site internet : chups.jussieu.fr. Paris. 2006-2007 [consulté le 10 octobre 2016]
  • Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), Rappel des règles de bon usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), 2013,
  • Faculté de médecine Pierre et Marie Curie, CHU Pitié-Salpêtrière. Anatomie pathologique - Inflammation. Site internet : chups.jussieu.fr. Paris. 2002-2003 [consulté le 10 octobre 2016]
  • Collège Français des Enseignants en Rhumatologie (COFER). Prescriptions et surveillance des anti-inflammatoires stéroïdiens et non stéroïdiens. Site internet : Campus cimeres. Paris. 2010-2011 [consulté le 10 octobre 2016]
  • National health service (NHS Choice). NSAIDs. Site internet : NHS Choice. Londres. 2016 [consulté le 10 octobre 2016]