Bien utiliser les médicaments contre la douleur ou antalgiques

30 mars 2017
Les antalgiques sont des médicaments qui diminuent la douleur. Pour les douleurs brèves et dont la cause est identifiée, il est possible d’en obtenir sans ordonnance. Dans les autres cas, votre médecin doit évaluer la douleur pour prescrire l’antalgique qui vous convient.

Qu’est-ce que la douleur ?

La douleur repose sur le ressenti de chacun. C’est un signal d’alerte envoyé à partir d’une zone de l’organisme qui subit une agression (coupure, brûlure, etc.) ou un dysfonctionnement (inflammation par exemple).

Schématiquement, la transmission du signal se fait ainsi : les nerfs de la zone concernée sont stimulés. Ils transmettent au cerveau un message via d’autres nerfs spécialisés passant par la moelle épinière. L’information reçue à partir de ces nerfs est interprétée par le cerveau comme un message de douleur.

Le rôle de l’antalgique contre la douleur

Un antalgique est un médicament qui atténue ou supprime la douleur. Il bloque le signal transmis au cerveau. Il ne traite donc pas la cause de l’agression.

L’action des antalgiques peut empêcher le passage du message de douleur :

  • au niveau des nerfs de la zone concernée ;
  • ou au niveau de la moelle épinière ;
  • ou directement dans le cerveau.

Les antalgiques sont classés en trois catégories selon le niveau de blocage du message douloureux mais aussi en fonction de leur capacité à bloquer ce signal :

  • les antalgiques de niveau I agissent principalement au niveau des . Ils traitent des douleurs légères à modérées (paracétamol, aspirine, certains anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l’ibuprofène) ;
  • les antalgiques de niveau II qui, pour la plupart, agissent au niveau de la moelle épinière. Ils peuvent traiter des douleurs modérées à intenses (codéine ou tramadol par exemple) ;
  • les antalgiques de niveau III agissent au niveau du cerveau et traitent des douleurs intenses ou des douleurs rebelles aux antalgiques de niveau I et II (morphine, fentanyl, oxycodone, etc.)

La prise d’antalgique en automédication

L‘automédication ne doit concerner que des douleurs très brèves dont la cause est clairement identifiée : brûlure légère, petite blessure, coup de soleil léger, mal de tête ou mal de dos habituels etc.

Vous devez être certain que la prise de cet antalgique n’aura pas de conséquences pour l’organisme.

L’automédication doit privilégier la prise de paracétamol. Cet antalgique peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement. Sa sécurité d’emploi ne doit cependant pas faire oublier les cas où il est contre-indiqué : allergie au paracétamol et insuffisance hépatique.

Dans tous les cas, la prise de l’antalgique doit cesser dès que la douleur a disparu. Si elle persiste ou réapparait malgré la prise d’antalgiques, il est indispensable de :

  • ne pas recommencer de traitement ;
  • consulter son médecin traitant.

La posologie (dosage et modalité d’administration) usuelle du paracétamol est de :

  • 1 g par prise chez l’adulte. La prise peut être renouvelée en cas de besoin après un intervalle de 4 heures minimum. En cas de douleur intense, la dose maximale par 24 heures est de de 4 g. Elle est de 3 g pour les adultes de moins de 50 kg et chez les personnes âgées ;
  • 80 mg par kg de poids corporel et par jour chez l’enfant. La dose maximale par 24 heures, à ne jamais dépasser, est de 3 g.

La présentation du paracétamol pour les enfants est adaptée et se présente généralement en solution buvable. Il faut éviter la prise de gélules ou comprimés chez l’enfant de moins de 6 ans.

Dans tous les cas, et même si vous avez déjà pris du paracétamol :

  • lisez attentivement la notice. Des cas particuliers existent qui obligent à modifier les doses maximales, chez les personnes âgées par exemple ;
  • restez prudent et demandez systématiquement conseil à votre pharmacien. Notamment si vous avez déjà un traitement en cours et que vous envisagez de prendre du paracétamol pour traiter une douleur passagère.

Certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’ibuprofène, sont également disponibles sans ordonnance pour le traitement des douleurs passagères. Ces médicaments comportent cependant plus de risques d’utilisation que le paracétamol.

Les AINS font l’objet de contre-indications chez les personnes souffrant :

La prise d’AINS est également contre-indiquée à partir du 6ème mois de grossesse.

Des restrictions à la prise d’AINS concernent aussi :

  • les femmes qui allaitent ;
  • les personnes âgées de plus de 65 ans ;
  • et les personnes suivant d’autres traitements.

Si vous êtes dans l’une de ces situations, il est important de demander conseil à votre pharmacien.

La prise d’antalgique sur prescription médicale

Il est nécessaire de consulter rapidement votre médecin traitant si :

  • la douleur persiste ou revient régulièrement ;
  • si la cause de la douleur n’est pas identifiée.

Votre médecin décidera du traitement en fonction de :

  • la cause de la douleur ;
  • votre niveau de ressenti de la douleur ;
  • l’impact de la douleur sur votre vie quotidienne.

Pour ce faire, votre médecin peut évaluer votre douleur en la mesurant sur une échelle spécifique. Cette évaluation peut être renouvelée régulièrement pour juger de l’efficacité du traitement.

En fonction des résultats de ces évaluations, une douleur, même chronique, peut tout à fait être soulagée par un antalgique de niveau I comme le paracétamol ou l’aspirine.

Lors de la consultation, il est important de signaler tout autre traitement en cours à votre médecin traitant afin d’éviter les interactions médicamenteuses avec les antalgiques.

Les recommandations lors de la prise d’antalgiques

Que ce soit en automédication ou dans le cadre d’un traitement prescrit par un médecin, la prise d’antalgiques doit toujours respecter les règles suivantes :

  • lisez attentivement la notice du médicament, et demandez conseil à votre médecin traitant ou votre pharmacien en cas de doute ;
  • respectez les doses et les moments de prises (notamment les doses maximales en fonction de votre âge et du poids) ;
  • si le traitement a été prescrit par un médecin, respectez la durée du traitement et ne l’interrompez pas , même si vous ne ressentez plus de douleurs ;
  • si le traitement ne soulage pas les douleurs, n’augmentez jamais vous-même les doses au-delà de la prescription ou au-delà des indications notifiées dans la notice. Consultez votre médecin traitant ;
  • ne prenez pas d’antalgiques de niveau II ou III sans avis médical ;
  • ne changez pas d’antalgique même s’ils portent le même nom. Il existe des formes dites « retard » de certains médicaments qui ont des effets plus ou moins rapides. Ces médicaments ne sont pas équivalents entre eux ;
  • signalez tout autre traitement en cours à votre médecin traitant ou à votre pharmacien, avant de prendre un antalgique ;
  • en cas d’effets secondaires (constipation et somnolence) avec la morphine et ses dérivés, nausées et vomissements (avec le tramadol, par exemple), informez votre médecin ou votre pharmacien. Il envisagera des solutions pour supprimer ou atténuer certains de ces effets ;
  • n’utilisez pas en automédication ou pour quelqu’un d’autre, un antalgique qui vous a été prescrit par le médecin pour une situation précise.
La disponibilité des antalgiques et le remboursement par l’Assurance Maladie

Les antalgiques de niveau I (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) sont généralement disponibles sans ordonnance.

Les antalgiques de niveau II et III nécessitent une ordonnance.

Les antalgiques sont remboursés par l’Assurance Maladie lorsqu’ils sont prescrits par un médecin.

Sources
  • Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Douleur. Site internet : Inserm. Paris ; 2016 [consulté le 12 octobre 2016]
  • Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Prise en charge des douleurs de l’adulte modérées à intense - Mise au point. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2011 [consulté le 12 octobre 2016]
  • Hôpitaux de Toulouse, CHU de Toulouse, Comité de lutte contre la douleur (CLUD). Protocoles et procédures pour traiter la douleur. Site internet : chu-toulouse. Toulouse (France) ; 2015 [consulté le 12 octobre 2016]
  • Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Mise au point sur le bon usage des opioïdes forts dans le traitement des douleurs chroniques non cancéreuses. Site internet : ANSM. Saint-Denis (France) ; 2004 [consulté le 12 octobre 2016]