Dépistage gratuit du cancer du sein pour les femmes entre 50 et 74 ans

03 mai 2017
Une femme sur huit développe un cancer du sein au cours de sa vie. Détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10. C’est entre 50 et 74 ans que les femmes sont le plus exposées.

À qui s'adresse ce dépistage organisé du cancer du sein ?

Le dépistage organisé du cancer du sein concerne toutes les femmes entre 50 et 74 ans, sans symptômes et n'ayant pas de facteurs de risque particuliers de cancer du sein, autre que leur âge.

Les femmes ayant un risque élevé ou très élevé de cancer du sein peuvent bénéficier d'un suivi spécifique adapté à leur situation individuelle. Depuis le 1er septembre 2016, les personnes nécessitant un dépistage spécifique peuvent bénéficier d'une prise en charge à 100 % pour les examens recommandés dans leur situation.

Consulter l'article : Les niveaux de risque de cancers du sein sur le site de l'Institut national du cancer

 

Le dépistage organisé du cancer du sein

Le dépistage du cancer du sein a pour objectif de diminuer le nombre de décès causés par le cancer du sein. Se faire dépister n’empêche pas d’avoir un cancer du sein mais permet de le détecter plus tôt, avant l’apparition de symptômes. Cette détection précoce permet de soigner plus facilement le cancer et d’augmenter ses chances de guérison, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements.Selon les chiffres issus d'études internationales, les programmes de dépistage du cancer du sein permettent de réduire de 15 et 21 % la mortalité par cancer du sein. Ainsi, grâce au dépistage, de 100 à 300 décès par cancer du sein sont évités pour 100 000 femmes participant de manière régulière au dépistage pendant 7 à 10 ans.

La décision de s’engager dans une démarche de dépistage est un choix personnel : il est important de prendre connaissance des avantages et des inconvénients de cette démarche avant de décider d’y prendre part.

Pour en savoir plus, consulter l’article de l’Institut national du cancer « Avantages et inconvénients du dépistage du cancer du sein ».

© Institut national du cancer

La mammographie de dépistage

Les femmes sont particulièrement exposées au cancer du sein entre 50 et 74 ans. C'est pourquoi, pendant cette période de vie, elles peuvent bénéficier, tous les 2 ans, sur invitation, de mammographies de dépistage : un moyen simple, de qualité et gratuit pour détecter un cancer du sein le plus tôt possible.

Le dépistage est :

  • Simple : si vous avez entre 50 et 74 ans, tous les 2 ans vous recevrez un courrier d'invitation pour effectuer une mammographie de dépistage, accompagné d'un bon de prise en charge et de la liste des radiologues de votre département agréés dans le cadre du programme de prévention national. Choisissez le radiologue que vous voulez dans cette liste et prenez rendez-vous. Si vous avez 50 ans et n’avez pas encore reçu ce courrier, demandez conseil à votre médecin traitant lors d’une consultation pour qu’il vous indique la marche à suivre. Vous pouvez aussi appeler la structure de gestion en charge de l'organisation du dépistage du cancer du sein dans votre département. Ces structures gèrent en effet le programme de dépistage organisé au niveau départemental ou interdépartemental et envoient les courriers d'invitation.
  • Gratuit : lors de la consultation, présentez le bon de prise en charge avec votre courrier d’invitation et votre carte Vitale. Vous n’aurez rien à payer. L’Assurance Maladie règlera directement le radiologue.
  • Contrôlé : dans le cadre du programme de dépistage organisé du cancer du sein, une deuxième lecture systématique des mammographies jugées normales est assurée par un second radiologue expert.

Dans certaines situations, une échographie des seins est nécessaire pour compléter la mammographie, par exemple lorsque la densité des seins ne permet pas d'interpréter correctement la mammographie. Dans ce cas, l'échographie est prise en charge dans les conditions habituelles de remboursement et non pas à 100 %.

Les résultats de la mammographie

Le radiologue vous communique les premiers résultats dès la fin de votre consultation. Dans le cadre du dépistage organisé, les clichés sont adressés à un deuxième radiologue qui procède à une seconde lecture. Les résultats définitifs vous sont envoyés ainsi qu'au médecin de votre choix par courrier.

Après la mammographie de dépistage, s'il existe des anomalies radiologiques, d'autres examens peuvent être demandés (échographie, biopsie...) Ces examens complémentaires sont pris en charge par votre caisse d'assurance maladie aux conditions habituelles de remboursement.

Après chaque mammographie, conservez soigneusement vos clichés ainsi que le compte-rendu. Présentez-les à votre médecin traitant et à votre gynécologue lors de votre prochaine consultation.

Pensez à apporter les précédentes mammographies à votre radiologue lors de vos prochains dépistages. Le but est de pouvoir comparer les anciens et les nouveaux clichés.

 

Même entre deux mammographies de dépistage, il est important de surveiller ses seins

Durant les 2 années qui s’écoulent entre 2 mammographies de dépistage, certains cancers peuvent apparaître. Consultez au moins 1 fois par an votre médecin traitant ou votre gynécologue pour un examen clinique de vos seins. Durant cet intervalle, il est important de rester attentive aux éventuels changements au niveau de vos sein. N'hésitez pas à consulter si vous constatez : 

  • une boule ou une grosseur dans un sein ou une aisselle ;
  • une rougeur ou un aspect irrégulier "peau d'orange" de la peau de vos seins ;
  • une rétraction au niveau du mamelon ;
  • ou un écoulement anormal.

 

Questions-réponses autour de l’examen

Voici les questions les plus fréquentes, que vous vous posez peut-être.

Oui, vous choisissez vous-même votre radiologue parmi une liste de radiologues agréés jointe au courrier d’invitation envoyé par l’Assurance Maladie. Ces radiologues répondent aux critères de qualité du dépistage organisé. Vérifiez si votre cabinet de radiologie habituel figure sur cette liste.

Parce que les examens de dépistage sont justement des examens de surveillance, en l’absence de symptômes. La mammographie permet de détecter des cancers de petite taille, bien avant qu'ils ne soient palpables ou que des symptômes ne se manifestent. Le but, c'est de pouvoir agir au plus tôt, car, quand le cancer est détecté à un stade précoce, il peut être guéri dans 9 cas sur 10.

Consultez l'article : Le dépistage du cancer du sein sur le site de l’Institut National du Cancer.

Oui, car chaque femme peut développer un cancer du sein, même sans prédisposition familiale ; en effet, l'âge (entre 50 et 74 ans) est un facteur de risque en soi. À partir de 50 ans, même si l’on est en bonne santé, il est donc recommandé de faire une mammographie de dépistage tous les deux ans. Mais le choix de faire ce dépistage vous appartient : parlez-en avec votre médecin.

Votre radiologue sait que vous pouvez ressentir une certaine appréhension. N’hésitez pas à lui poser toutes vos questions et à lui signaler toute gêne que vous pourriez ressentir. Il est à votre écoute et prendra soin de vous expliquer la manière dont va se dérouler votre examen.

Parce que c’est entre 50 et 74 ans que les femmes ont le plus de risques de développer un cancer du sein. Néanmoins, le médecin traitant ou le gynécologue peut proposer une surveillance spécifique (dépistage individuel) aux femmes plus jeunes ou plus âgées, en fonction de leurs antécédents personnels et familiaux. Par ailleurs, quel que soit l’âge, un examen clinique régulier des seins par un médecin est recommandé. Entre deux consultations, l’autopalpation peut permettre de détecter des symptômes qui doivent alerter.

© Institut national du cancer

Risque élevé ou très élevé de cancer du sein : les situations nécessitant une surveillance spécifique

Certaines femmes présentent des facteurs de risque particuliers qui nécessitent un dépistage spécifique, en raison de certains antécédents familiaux ou personnels.

Lorsque plusieurs personnes d’une même famille sont atteintes de cancer du sein ou de l’ovaire, il peut s’agir d’un cancer héréditaire, dû à une anomalie génétique qui peut se transmettre d’une génération à l’autre (le plus souvent, mutation du gène BRCA1 ou 2). Seuls 5 à 10 % des cancers du sein sont héréditaires. Cependant, ce n’est pas parce qu’une personne de votre famille a eu un cancer du sein que vous présentez forcément des prédispositions génétiques.

Votre médecin peut calculer un score (le score d’Eisinger) afin d’évaluer la nécessité d’une consultation en oncogénétique, si votre histoire familiale est évocatrice d’une mutation génétique. Pendant cette consultation, le médecin spécialiste évalue le risque génétique et propose éventuellement une recherche de mutation.
À l’issue de cette consultation et d’un éventuel test génétique, si votre niveau de risque a été évalué comme étant « élevé » ou « très élevé », une surveillance spécifique, précoce et plus rapprochée, peut vous être recommandée.

À noter : si une mutation génétique est identifiée, ou même si en l’absence de mutation votre risque à l’issu de la consultation d’oncogénétique a été évalué comme étant « élevé » ou « très élevé », vous avez droit à une exonération du ticket modérateur des examens de surveillance annuels qui vous sont recommandés (IRM mammaire et/ou mammographie selon les cas, parfois complétée d’une échographie). Ces examens de surveillance vous sont recommandés dès 30 ans en cas de mutation avérée ou de risque « très élevé », et à partir de 40 ans en cas de risque « élevé ».

 

Lésions atypiques du sein : certaines affections bénignes du sein augmentent le risque de développer un cancer : hyperplasie canalaire atypique, hyperplasie lobulaire atypique ou carcinome lobulaire in situ. Il s’agit de cellules anormales qui se développent dans les canaux ou les lobules du sein : ces lésions ne sont pas cancéreuses, mais doivent être surveillées en raison de leur risque évolutif.

À noter : si vous êtes dans une de ces situations, vous avez droit à une exonération du ticket modérateur des examens de surveillance qui vous sont recommandés (mammographie parfois complétée d’une échographie). Une surveillance annuelle est préconisée pendant 10 ans, puis une surveillance tous les deux ans (si vous avez plus de 50 ans, dans le cadre du programme de dépistage organisé).

Antécédent personnel de cancer du sein : en plus du risque de récidive du cancer au niveau du sein traité, une femme ayant eu un cancer du sein a un risque 3 à 4 fois plus élevé de développer un nouveau cancer du sein qu'une femme du même âge. Ce risque justifie un suivi régulier et prolongé.

Antécédent d’irradiation thoracique à haute dose : une irradiation du thorax, lors d’une radiothérapie pour une maladie de Hodgkin par exemple, peut augmenter le risque de cancer du sein, selon la dose totale reçue et l’âge de la femme.

À noter : dans ces deux cas (antécédent personnel de cancer du sein ou de radiothérapie thoracique), une surveillance particulière est recommandée et prise en charge à 100 % dans le cadre du dispositif « affection de longue durée » (ALD). Pour en savoir plus, parlez-en au médecin qui vous suit.

Consulter l'infographie interactive sur les facteurs de risque du cancer du sein sur la page Cancer du sein : quel dépistage selon vos facteurs de risque ? du site de la Haute Autorité de santé.

 

D'autres facteurs de risque ne justifient pas une surveillance spécifique 

D'autres éléments pourraient jouer un rôle dans l'apparition d'un cancer du sein, mais ils ne justifient pas à ce jour de modalités de dépistage particulières :

  • une densité mammaire importante après la ménopause ;
  • la prise de traitements hormonaux (pilule contraceptive, traitement hormonal substitutif de la ménopause) ;
  • certains facteurs de mode de vie : le tabagisme, la consommation d'alcool, le surpoids ou l'obésité.

Dans ces derniers cas, aucune surveillance radiologique spécifique n’est recommandée avant l’entrée dans le dépistage organisé à partir de 50 ans.

 

Sources
  • Institut national du cancer (INCa). Dépistage du cancer du sein. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2016 [consulté le 5 décembre 2016]
  • Institut national du cancer (INCa). Dépistage du cancer du sein : les niveaux de risque. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2015 [consulté le 5 décembre 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Dépistage du cancer du sein chez les femmes à haut risque. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2014 [consulté le 2 février 2016]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Actualisation du référentiel de pratiques de l'examen périodique de santé : Dépistage et prévention du cancer du sein. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2015 [consulté le 2 février 2016]
  • Ministère des Affaires sociales et de la santé. Concertation citoyenne et scientifique : ensemble, améliorons le dépistage du cancer du sein. Rapport du comité d'orientation. Site internet : Ministère des Affaires sociales et de la santé. Paris ; 2016 [consulté le 5 décembre 2016]