Le dépistage organisé du cancer colorectal : un test simple et indolore

Le dépistage est un moyen efficace de prévention du cancer colorectal. Si du sang non visible à l’œil nu est présent dans les selles lors du test de dépistage, une coloscopie est effectuée, permettant de repérer des lésions bénignes avant qu'elles n'évoluent en cancer ou de détecter un cancer à un stade débutant.

Pourquoi participer au dépistage du cancer du côlon et du rectum (cancer colorectal) ?

Près de 95 % des cancers colorectaux sont diagnostiqués après 50 ans, chez les hommes comme chez les femmes. Ce cancer évolue le plus souvent sans symptômes ni signes perceptibles dans un premier temps. Or, quand il est diagnostiqué à ce stade, il se soigne dans 9 cas sur 10.

C'est pourquoi, dès vos 50 ans et jusqu'à 74 ans, vous pouvez bénéficier d'un test de dépistage par la recherche de sang dans les selles dans le cadre du programme de dépistage organisé.

Si du sang est trouvé, une coloscopie est effectuée. Elle permet de mettre en évidence des polypes ou adénomes, avant qu’ils ne dégénèrent en cancer ou de diagnostiquer un cancer colorectal à un stade peu évolué.

Plus un cancer colorectal est détecté tôt, moins les traitements sont lourds et plus les chances de guérison sont importantes.

Consultez le site de l’Institut national du cancer dédié au dépistage du cancer colorectal.

Interview du Dr Dominique Martin, médecin-conseil national à l’Assurance Maladie (vidéo 3 minutes)

Le Dr Dominique Martin fait un état des lieux des dépistages en France et rappelle leur importance. Il détaille aussi les propositions présentées dans le rapport annuel de l’Assurance Maladie (site institutionnel) pour encourager la participation aux campagnes de dépistage organisé des cancers.

[Interview de Dominique Martin, face caméra]

Le cancer du sein détecté précocement guérit dans 90 % des cas, plus de 90 % des cas. Si par contre on attend le stade des métastases, cette chance de guérison tombe à 25 %.

[Le nom de la série de vidéos « Améliorer la santé de demain : les propositions de l’Assurance Maladie » s’affiche à l’écran]

[Le titre de la vidéo « Améliorer le taux de participation aux dépistages organisés des cancers » s’affiche à l’écran]

Avec les pathologies neurocardiovasculaires, les cancers sont la principale source de morbidité, de maladie et de mortalité dans notre pays.
Parmi les cancers, il y a trois cancers importants qui constituent l’essentiel des cancers les plus fréquents : le cancer du sein chez la femme, le cancer de l’utérus et le cancer colorectal.
On sait par expérience et on l’a démontré que détectés de manière précoce, ces cancers présentent des chances de guérison beaucoup plus importantes.

Par exemple, le cancer du sein détecté précocement guérit dans 90 % des cas, plus de 90 % des cas. Si par contre on attend le stade des métastases, cette chance de guérison tombe à 25 %. Et c’est la même chose pour le cancer colorectal et le cancer de l’utérus.

Il est donc essentiel de diagnostiquer ces cancers de façon précoce, de façon organisée, et de façon régulière : c’est ce qu’on appelle les politiques de dépistage qu’on propose à la population.

Pour autant en France on est en retard sur le dépistage. On est traditionnellement en retard par rapport à nos pays voisins équivalents et, on l’observe depuis quelques temps, il y a une dégradation du taux de dépistage dans notre pays. Le covid a fortement impacté, et négativement, le dépistage. Lors du premier confinement le dépistage s’est totalement effondré. Il est quasiment tombé à zéro. On a retrouvé aujourd’hui des taux qui étaient ceux d’avant la crise covid mais pour autant on n’a pas rattrapé le retard qui avait été pris à cette période.
C’est pourquoi l’Assurance Maladie en lien avec l’Institut National du Cancer, a décidé de mettre en place une politique de dépistage ambitieuse avec plusieurs axes.
Le 1er c’est un axe de communication, d’information et d’accompagnement des assurés et des professionnels de santé.
Et par ailleurs, l’Assurance Maladie va envoyer aux médecins traitants la liste de leurs patients qui n’ont pas répondu à l’offre de dépistage de façon à ce que le médecin traitant puisse en échanger, en discuter avec son patient et le convaincre de se faire dépister.

Et puis dans un 2e temps, d’ici l’année prochaine, l’Assurance Maladie enverra à travers amelipro une forme dématérialisée et, de manière régulière – 2 fois par an – le médecin recevra la liste de ses patients qui n’ont pas répondu à l’offre de dépistage et pour lesquels un échange est nécessaire entre le médecin et le patient.

L’objectif de cette politique c’est évidemment d’améliorer le taux de dépistage, c’est très important pour retrouver des taux de dépistage équivalents à ceux de nos voisins européens mais in fine, surtout d’améliorer et de diminuer le risque de maladie, et surtout de diminuer la mortalité liée à ces cancers.

[Le logo de l’Assurance Maladie apparait en clôture de la vidéo]

Les avantages du test proposé

Ce test repose sur la détection dans les selles de sang non visible à l’œil nu (hémoglobine constituant des globules rouges) grâce à l’utilisation d’anticorps. Il est :

  • simple : le test est pratique d’utilisation car il ne nécessite qu'un seul prélèvement de selles. La technique de prélèvement est fiable et ergonomique. Elle limite la manipulation des selles ;
  • indolore ;
  • performant : ce test permet une  détection des cancers et des lésions précancéreuses (polypes, adénomes) ;
  • fiable : le test est analysé par lecture automatisée ;
  • gratuit : le kit est remis gratuitement et l'analyse du test est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie sans avance de frais.

Comment faire le test de dépistage du cancer colorectal ?

Le test de dépistage chez soi

Vous avez entre 50 et 74 ans ? Vous êtes invité par courrier tous les 2 ans par l'Assurance Maladie à participer au programme de dépistage du cancer colorectal.

L’accès au kit de dépistage

Pour vous faciliter l’accès à la remise du kit, il existe aujourd’hui plusieurs modalités.

Accès au kit de dépistage par l'intermédiaire de son médecin

À l’occasion d’une consultation, les professionnels de santé suivants peuvent vous remettre un kit de dépistage :

  • un médecin généraliste ;
  • un gynécologue ;
  • un hépatogastroentérologue ;
  • un médecin d’un centre d’examen de santé du régime général de l’Assurance Maladie (CES).

N’hésitez pas à en parler à votre médecin !

Accès au kit de dépistage par commande en ligne

Vous pouvez, à l’aide de votre invitation, commander le kit de dépistage en ligne et le recevoir chez vous, depuis le site monkit.depistage-colorectal.fr.

Accès au kit de dépistage en pharmacie d'officine

Vous pouvez vous adresser à votre pharmacien pour obtenir un kit que vous ayez ou non reçu l'invitation au dépistage du cancer colorectal.

N’hésitez pas à en parler avec votre pharmacien !

Quelle que soit la modalité choisie

  • Des informations générales sur le dépistage et sur son intérêt sont portées à votre connaissance.
  • Vous vérifiez votre éligibilité avec le médecin ou le pharmacien ou à l’aide d’un autoquestionnaire dans le cadre de la commande en ligne. En cas de question sur votre éligibilité, vous pouvez vous adresser à un professionnel de santé. Le cas échéant, vous pouvez demander votre exclusion temporaire ou définitive du dépistage en renvoyant le formulaire mis à votre disposition au bas de cette page.
  • Vous réalisez votre test chez vous : cliquez ici pour accéder à une vidéo explicative (YouTube).
  • Un fois votre test réalisé, vous l'envoyez à l’aide de l’enveloppe T pré-identifée au laboratoire chargé de l’analyser et recevez vos résultats dans les jours qui suivent (consultation grâce à l’envoi d’un lien par SMS au numéro de téléphone que vous aurez renseigné sur la fiche d’identification incluse dans le kit de dépistage, ou, à défaut, par réception d’un courrier par voie postale).
  • La remise ou la commande du kit de dépistage du cancer colorectal est gratuite.
  • L'analyse du test est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

 Résultats du test de dépistage du cancer colorectal : que signifie un résultat positif ?

Si le test est positif (4 % des cas), cela signifie que du sang est présent dans vos selles, mais cela ne signifie pas automatiquement que vous avez un cancer.

C’est pourquoi le médecin vous adresse à un gastroentérologue pour la réalisation d’une coloscopie recherchant l'origine de ce saignement :

  • un polype est en cause dans environ 30 % des cas ;
  • une lésion cancéreuse est à l'origine du saignement dans environ 8 % des cas ;
  • dans plus de la moitié des cas, la coloscopie ne trouve aucune anomalie.

Si le test est négatif (96 % des cas), cela signifie qu'aucun saignement n'a été détecté. Dans ce cas, le test vous sera proposé tous les 2 ans mais si vous présentez des signes anormaux entre 2 tests (saignement, amaigrissement...), une consultation médicale est recommandée.

Un dépistage du cancer colorectal adapté au niveau de risque

Les personnes ayant un risque important de développer un cancer du côlon ou du rectum en raison d'antécédents personnels ou familiaux de polypes du côlon, de cancer colorectal ou de maladie inflammatoire chronique de l'intestin (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) bénéficient d’un suivi spécifique adapté à leur situation individuelle, en lien avec leur médecin. 

En savoir plus sur les niveaux de risque du cancer colorectal.

Vous avez 50 ans et vous n’avez pas encore reçu votre courrier d’invitation au test de dépistage du cancer colorectal ? Vous vous posez des questions ?

Demandez conseil à votre médecin traitant lors d’une consultation pour qu’il réponde à vos interrogations et vous indique la marche à suivre.

Cancer colorectal : information des médecins traitants sur l’éligibilité de leurs patients au dépistage organisé

Pour améliorer la participation au dépistage organisé du cancer colorectal, l’Assurance Maladie adresse aux médecins traitants la liste de leurs patients qui n’ont pas effectué ce dépistage.

Les informations fournies aux médecins traitants leur permettront d’identifier leurs patients éligibles au dépistage organisé du cancer colorectal, afin d’échanger avec eux.

Cette action s’inscrit dans les missions de prévention de l’Assurance Maladie et relève d’une mission d’intérêt public. Le texte de loi autorisant cette transmission prévoit la possibilité de s’y opposer en se rendant sur : https://www.declare-opposition.ameli.fr/

L’opposition porte sur l’envoi des informations aux médecins traitants pour le dépistage organisé du cancer colorectal, mais aussi pour celui du sein et du col de l'utérus. Cette opposition est donc valable pour tous les envois à compter de la date de déclaration de l’opposition.

Plus d’informations sur cette action dans le document « Dépistages organisés des cancers : envoi de listes aux médecins traitants (PDF) ».

Comprendre avec des images et des mots simples

Voici une liste de bandes dessinées, pour comprendre et prendre soin de votre santé. Elles ont été réalisées par l’association CoActis Santé, avec des images et des mots simples. Ces fiches peuvent être adaptées selon votre profil (femme, homme, enfant, malentendant…).

Si vous avez une question sur le cancer colorectal, 2 BD peuvent vous aider :

  • Arrêté du 16 janvier 2024 relatif aux programmes de dépistages organisés des cancers. JORF n°0021 du 26 janvier 2024 
  • Institut national du cancer (INCa). Programme de dépistage organisé du cancer colorectal. Site internet : INCa. Boulogne Billancourt (France) ; 2022 [consulté le 16 novembre 2022]
  • Haute Autorité de santé (HAS). Cancer colorectal : modalités de dépistage et de prévention chez les sujets à risque élevé et très élevé. Site internet : HAS. Saint-Denis La Plaine (France) ; 2017 [consulté le 16 novembre 2022]
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