« Mission : retrouve ton cap » : un programme pour prévenir le surpoids et l’obésité de l’enfant

Le programme « Mission : retrouve ton cap » permet aux enfants de 3 à 12 ans en surpoids ou à risque de le devenir, de bénéficier d’une prise en charge précoce et pluridisciplinaire (diététique, psychologique, activité physique). Cette prise en charge est remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie sans avance de frais par la famille, ni de dépassement d’honoraire.

En pratique, le programme est composé de bilans et de rendez-vous de suivi. Ils sont prescrits par le médecin de l’enfant – qui peut être un médecin généraliste, un pédiatre, un médecin exerçant dans un service de protection maternelle et infantile (PMI) –, ou un médecin scolaire. Les bilans et les rendez-vous de suivi sont réalisés par des professionnels de santé et des psychologues exerçant dans un centre de santé ou une maison de santé de proximité.

Où consulter la liste des structures proposant cette prise en charge ?

Si une ou plusieurs structures de santé référencées existent dans votre département, vous en trouverez la liste à la fin de cet article, dans le paragraphe intitulé « Près de chez vous ». La liste est régulièrement actualisée en fonction de l’entrée dans le dispositif des nouvelles structures. S’il n’y a pas de liste disponible, c’est que pour le moment, aucune structure dans le département n’est entrée dans le dispositif.
À noter : il est aussi possible de consulter la liste nationale des structures référencées - actualisée chaque mois (PDF).

« Mission : retrouve ton cap » : présentation en vidéo 

Qui peut bénéficier de la prise en charge pluridisciplinaire ?

Le programme « Mission : retrouve ton cap » s’adresse aux enfants de 3 à 12 ans révolus :

  • en surpoids ou en obésité non compliquée (c’est-à-dire avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal au seuil IOTF 25 ou au 97e percentile des références françaises du carnet de santé de l’enfant) (1) ;
  • et/ou présentant des signes d’alerte sur leur associés à un risque de développer un surpoids ou une obésité.

Ces signes d’alerte sont :

  • un rebond d’adiposité précoce intervenant avant l’âge de 5 ans (lire l’encadré « C’est quoi le rebond d’adiposité ? »).
  • un changement rapide de couloir vers le haut sur la .

C'est quoi le rebond d'adiposité ?

Le rebond d’adiposité (accumulation de graisse dans les tissus) est une remontée de l’IMC qui a lieu tout à fait normalement vers l'âge de 5-6 ans. Il est visible sur les courbes de croissance du carnet de santé grâce au tracé des courbes par le médecin de l'enfant. Si ce rebond intervient trop tôt, avant l’âge de 5 ans, l’enfant risque de développer un surpoids dans l’enfance, voire une obésité à l’âge adulte.

En savoir plus sur :

Comment le médecin peut-il repérer un risque d’obésité ou un surpoids chez l’enfant ?

Le médecin qui suit l’enfant peut repérer précocement les enfants en surpoids ou à risque de le devenir grâce à la mesure régulière du poids et de la taille, au calcul de l’IMC, à son report sur les courbes de corpulence du carnet de santé et de son espace santé et à l’analyse de l’évolution de la .

De quelles prestations un enfant peut-il bénéficier ?

Un enfant peut bénéficier pendant 2 ans de :

  • 3 bilans : 1 bilan diététique, 1 bilan d’activité physique et 1 bilan psychologique ;
  • 1 série de 6 rendez-vous de suivi nutritionnel et/ou psychologique, pouvant être renouvelés 2 fois si besoin soit 18 rendez-vous au maximum.

Les bilans et les rendez-vous de suivi sont l’occasion de faire le point sur le rythme de vie de l’enfant : ses activités, ses habitudes alimentaires, son sommeil et son bien-être.

Quel est le rôle du médecin de l’enfant ?

Après avoir repéré l’enfant en surpoids ou à risque de le devenir, le médecin propose et prescrit la prise en charge selon les besoins de l’enfant et de sa famille. Il remet également à la famille un dépliant présentant de façon simple et claire Mission : retrouve ton cap (PDF) et proposant quelques astuces pour remplir cette « mission ».

Il oriente ensuite l’enfant et sa famille vers un centre de santé ou une maison de santé proches de chez eux pour la réalisation des bilans et des rendez-vous de suivi.

Une fois les rendez-vous réalisés par les professionnels de la structure de santé, le médecin revoit l’enfant et sa famille pour refaire le point et renouveler la prise en charge si besoin.

Le déroulement de la prise en charge

Voilà les étapes pour bénéficier du programme « Mission : retrouve ton cap ».

  1. Avec la prescription du médecin, la famille téléphone au centre de santé ou à la maison de santé choisie pour prendre les rendez-vous.
  2. Consulter ci-dessous la liste des centres de santé ou maisons de santé qui proposent ce dispositif. La liste est régulièrement actualisée en fonction de l’entrée dans le dispositif des nouvelles structures.
  3. La famille avec son enfant rencontre les professionnels qui vont l’accompagner. Les professionnels adressent des comptes rendus des rendez-vous au médecin de l’enfant.
  4. Une fois les rendez-vous réalisés, la famille consulte le médecin de l’enfant pour refaire le point.

À noter : lors des rendez-vous, il faut penser à apporter la carte Vitale et le carnet de santé de son enfant.

« Mission : retrouve ton cap » en vidéo

Entretien avec Laura Ovide, diététicienne, qui parle notamment du bilan diététique (vidéo)

(SURIMPRESSION : « Quel est votre rôle ? »)

« J’interviens auprès des familles lors de la première rencontre, le bilan diététique où on fait le point sur l’orientation qui a été faite par le médecin pour savoir comment se sent l’enfant pour éviter toute stigmatisation. Puis ensuite on discute des habitudes de vie, des habitudes alimentaires. On observe les dépenses énergétiques de l’enfant, on aborde comment il bouge de manière globale et on discute des activités sportives qu’il peut avoir. J’en profite pour aborder souvent la question du sommeil et je reviens vers l’orientation vers la psychologue. »

(SURIMPRESSION : « L’objectif est-il forcément de perdre du poids ? »)

Moi je décentralise beaucoup de ça en essayant de positiver sur toutes les autres choses réussies qui fonctionnent à côté. Le fait, j’en sais rien, d’avoir réintégré des légumes quand c’était bloqué depuis un moment, le fait d’avoir réussi à modifié un gouter qui reste sympa malgré tout avec des aliments qu’ils aiment bien. »

(SURIMPRESSION : « Le surpoids est-il lié exclusivement à l’alimentation ? »)

 « Pour le premier temps, j’aborde tout de suite le fait que le surpoids est complexe, qu’il ne va pas être lié que à l’alimentation parce que souvent on focalise beaucoup là-dessus. Et le fait de dire qu’en fait peut-être qu’au niveau de l’alimentation il n’y a pas de problèmes et que peut-être que le problème il sera ailleurs et que peut-être le problème il est en lien avec le moral. 

(SURIMPRESSION : « Le psy, c’est uniquement quand la situation est grave ? »)

« Bah non en fait la psychologue c’est pas que quand il y a un problème grave, si je suis stressé par les contrôles à l’école et bah peut-être que je peux en discuter avec une psychologue ou si je me chamaille souvent avec mon grand frère et que ça me fait mal au cœur et bah je peux en parler avec une psychologue aussi. Plein d’enfants pour qui ça a été très difficile de faire stabiliser la courbe de poids jusqu’à ce qu’on arrive à faire cette réorientation, que des mots soient mis sur certains maux, m a u x et tout de suite il y a eu un impact sur la courbe de poids, assez impressionnant parfois. » 

(SURIMPRESSION : « Est-ce que c’est compliqué de faire bouger les enfants ? »)

« En fait en période scolaire ils bougent bien en fait les enfants. Et ça permet de réinterroger un petit peu justement les périodes où on va pas à l’école : le week-end, les vacances scolaires où là pour le coup il peut y avoir plus d’activités sédentaires parce qu’il y a pas ce rythme du coup qui est le même. Ça permet de revaloriser ce qui est déjà en place la plupart du temps sur certains temps et qui plait aux familles en général. »

Reportage sur une famille vivant à La Réunion dont un enfant a bénéficié du programme (vidéo)

Reportage au sein d’une famille vivant à La Réunion dont l’enfant a bénéficié du programme « Mission : retrouve ton cap ».

La mère : Il n’y en avait jamais assez. Elle voulait reprendre à chaque fois quand on passait à table. Que ce soit le déjeuner, le dîner, dès qu'elle appréciait ce qu'on mangeait, elle prenait deux assiettes, trois assiettes. Et c'est vrai qu'on avait questionné notre médecin traitant pour avoir des clés, des solutions pour savoir comment gérer, Comment s'adapter au niveau des quantités et tout ça.

L’enfant : Du coup, elle a donné le conseil de suivre la nutritionniste ?

La mère : c’est ça, elle nous a donné ce conseil là, parce qu'en faisant le point au niveau de la courbe de poids, elle s'est rendu compte qu'il y avait eu déjà de rebond d’adiposité.                

Voix off : Comme beaucoup d'enfants de son âge, Lisa est gourmande, parfois un peu trop, en surpoids sans être obèse. Lisa a donc suivi le conseil de son médecin, d'aller voir une nutritionniste. Et parce qu’elle a été prise en charge dès les premiers signaux d’alerte, Lisa a pu suivre pendant un an le programme « Mission : retrouve ton cap ». La « Mission : retrouve ton cap » est un dispositif de prévention pour aider les enfants de 3 à 12 ans face au surpoids. « Mission : retrouve ton cap » propose un accompagnement personnalisé sur prescription médicale, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. 3 bilans : diététique, psychologique et d'activité physique. Les rendez-vous de suivi au sein de centres de santé ou maison de santé par des professionnels de santé et psychologues.

Dr Christine Kowalczyk, médecin généraliste : Chez les enfants obèses surtout, on peut revenir en arrière et c'est tout l'intérêt de ce programme, c'est à dire éduquer l'enfant de manière à ce qu'il ne rentre pas dans l'obésité, parce qu'adulte, l'obésité, c'est bien plus compliqué. Et là, on rentre dans une véritable maladie chronique avec des soins continus. Pourquoi c'est plus facile chez l'enfant ? Parce que chez l'enfant n'ont pas été créés ces fameux adipocytes. C'est une révélation des dernières années, ce sont les cellules graisseuses qui s'installent au fur et à mesure que l'obésité s'installe. Et ces cellules sécrètent des hormones. Et donc ces enfants n'ont pas d’adipocytes, tout simplement parce qu'en fait, ils ne se sont pas encore installés. Ils n'ont pas grandi, tout simplement.Donc si l’enfant, on arrête ces adipocytes, en les empêche de grandir, dès la plus jeune enfance, ils s'installeront pas.

La mère : niveau du sucre, on nous demande trois pots de sucre, on ne va pas suivre la recette, on va s’adapter et on va peut-être mettre autre chose, Lisa à la place du sucre, je ne sais pas qu’est-ce que tu en penses ?

L’enfant : Oui de la pomme.

La mère : Ah bah voilà. Et puis mettre de la pomme dans le gâteau, ça permet de manger de la pomme, mais pas directement le fruit, c'est surtout ça. C'est transformer le fruit pour accepter de le manger.

Laëtitia Barbier, diététicienne à la maison de santé du Tamarinier : on a tous en tête qu'il y a des produits gras, des produits sucrés. On sait tous que dans les chips il y a du gras. On sait tous qu’il y a du sucre dans les gâteaux, dans les céréales du petit déjeuner. Ça, c'est des choses qu'on connaît tous, y compris les familles qui vont venir nous voir. Mais quelle quantité ? Qu'est-ce que ça représente par rapport aux besoins d'un enfant ? Ça, ça devient beaucoup plus flou et on va dire l'importance de la quantité servie par rapport à la richesse en calories, en sucres, en graisses cachées des aliments est souvent mal perçue. On n'est pas là pour diaboliser, ni les comportements, ni les produits consommés. La famille, l'enfant et ses parents restent au cœur du dispositif. On co-construit les choses ensemble. Il n'y a pas de régime, il n'y a pas de jugement, il n'y a pas d'obligation. On voit ce qui est possible et ce qu'il est moins. Qu’est ce qui est à portée de main et qu'est ce qui sera fait peut-être dans un futur un petit peu plus, un petit peu plus éloigné ? Et on construit les choses ensemble. Ce n'est pas le diététicien ou le professionnel qui va dire à la famille, il faut faire ci ou ça et dans quel délai. On voit ensemble, qu'est ce qui est possible ? Qu'est ce qui est réaliste ? Qu'est ce qui est concret à tenir sur le long terme pour la famille ? et quelque chose qui ait du sens pour eux.

Des ressources utiles pour les enfants et les parents :

(1) Les seuils IOTF (International Obesity Task Force) sont des références internationales utilisées dans le carnet de santé des enfants nés à partir d’avril 2018. Les références françaises sont des références utilisées dans le carnet de santé des enfants nés avant avril 2018.

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