Stérilisation masculine : en 12 ans le nombre de vasectomies a été multiplié par 15 en France

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Dans le cadre de son travail sur la sexualité et la contraception des Français, le groupement scientifique Epi-Phare (1) a réalisé un état des lieux du recours à la vasectomie en France entre 2010 et 2022 et une comparaison des taux de stérilisations masculine et féminine. L’étude montre que le nombre de vasectomies a fortement augmenté depuis 2010 avec un taux multiplié par 15 en 12 ans et pour la première fois en France, en 2021 et 2022, il y a eu davantage de stérilisations masculines que féminines.

Rappel des méthodes contraceptives au cœur de l’étude

Epi-Phare a étudié les actes de stérilisation remboursés par l’Assurance Maladie réalisés en France auprès d’hommes et de femmes âgés de 18 à 70 ans. Pour les femmes il s’agissait :

  • de la stérilisation tubaire par ligature des trompes de 2010 à 2022 ;
  • de la pose d’implant de 2010 à 2017.

Les méthodes contraceptives prises en charge pour les hommes sont les préservatifs (pour les jeunes âgés de moins de 26 ans) et la vasectomie, autorisée depuis 2001 en France. Epi-Phare a donc étudié les données portant sur les opérations de vasectomie.

Pour rappel, cette méthode de contraception définitive consiste à sectionner et bloquer les pour empêcher les spermatozoïdes de rejoindre l' et, par conséquent, d'être éjaculés. Il s’agit d’une intervention chirurgicale courte, sans contre-indication absolue, réalisée sous anesthésie locale le plus souvent, et considérée comme sûre et efficace.

Lire l'article : « Stérilisation à visée contraceptive chez l'homme et la femme »

Résultats de l’étude

Augmentation des stérilisations masculines et diminution des stérilisations féminines

Au total, 109 544 vasectomies et 398 080 stérilisations féminines ont été réalisées entre 2010 et 2022 chez des personnes âgées de 18 à 70 ans et résidant en France.

Pour la première fois, il y a eu davantage de stérilisations masculines que de stérilisations féminines en 2021 et en 2022. Le nombre de vasectomies a augmenté chaque année depuis 2010, passant de 1 940 vasectomies en 2010 à 30 288 en 2022, soit une multiplication par 15.

Ces chiffres rapportés aux données de population de l’Insee (2) témoignent d’une incidence de :

  • 9,8 vasectomies pour 100 000 hommes âgés de 20 à 70 ans en 2010 ;
  • 149,5 vasectomies pour 100 000 hommes en 2022.

Le nombre de stérilisations féminines a quant à lui été divisé par 2 entre 2013 et 2022 :

  • 45 138 en 2013 ;
  • 20 325 en 2022.

En 2022, 3 stérilisations masculines ont été pratiquées pour 2 stérilisations féminines.

Caractéristiques des hommes ayant recours à la vasectomie

L’âge moyen des hommes opérés est passé de 44 ans en 2010 à 41 ans en 2022. Il s’agit en majorité de profils socioéconomiques favorisés.

Les Pays de la Loire et la Bretagne sont les régions où les taux de pratique de vasectomie ont été les plus élevés. À l’inverse, les taux ont été nettement plus faibles en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France, Corse et en Île-de-France.

Sûreté de l’opération

En 2022, 99,2 % des vascetomies ont été pratiquées en chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire sans passer la nuit à l’hôpital.

Les résultats de l’étude sont rassurants quant à la sûreté des procédures de vasectomie, avec notamment un recours modéré des hommes aux antidouleurs dans l’année suivant leur vasectomie.

Les complications locales détectables concernaient dans l’année post-vasectomie 1 homme sur 100, et les reprises chirurgicales étaient quasi exceptionnelles.

Enfin, le taux de recours à l’opération de réversibilité de la vasectomie (la vasovasostomie) est particulièrement faible.

Pour en savoir plus sur l'état des lieux de la vasectomie en France entre 2010 et 2022.


La surveillance du nombre de vasectomies au niveau national doit être poursuivie afin de confirmer ou non la récente appropriation par les hommes français de cette contraception définitive.

Cette étude permettra d’étudier l’impact du recours à la vasectomie dans le temps sur l’utilisation des contraceptions féminines réversibles ou définitives, et de mettre en évidence les leviers ou les freins d’accès à ces contraceptions.

 


(1) Groupement créé fin 2018 par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé et la Caisse nationale d’Assurance Maladie.
(2) Institut national de la statistique et des études économiques

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