Première bougie pour la téléconsultation

11 septembre 2019

Le 15 septembre 2018, l’Assurance Maladie donnait le coup d’envoi du remboursement de la téléconsultation. Un an plus tard, cette alternative à la consultation physique entre progressivement dans les habitudes : on est passé de 1 000 téléconsultations sur tout le mois de décembre 2018 à près de 12 000 en août 2019, et plus 60 000 au total depuis un an.

La téléconsultation devrait se diffuser plus largement dans les mois et années à venir : le taux d’équipement va augmenter, la téléconsultation deviendra plus facile à accepter pour tous types de patients et les modes d’organisation des médecins vont continuer d’évoluer vers plus d’exercice regroupé (maisons de santé, communautés professionnelles territoriales de santé, etc.), ce qui permet de diviser le poids financier de l’équipement. Les médecins sont encore assez peu nombreux à être équipés du matériel nécessaire à la téléconsultation. Pour les y aider, l’Assurance Maladie peut en financer une partie.

Une nouvelle pratique au service de l’accès aux soins

La téléconsultation est une consultation médicale. Sa particularité : le médecin n’est pas physiquement présent aux côtés du patient qui le consulte mais l’entend et le voit par visioconférence. Ce dernier peut parfois être accompagné d’un professionnel de santé (infirmier, pharmacien, etc.).

Tout médecin peut proposer une téléconsultation à son patient dans les conditions suivantes :

  • Le patient doit connaître le médecin et avoir eu un rendez-vous physique avec lui dans les 12 mois précédant la téléconsultation ;
  • Il doit aussi respecter le parcours de soins et consulter d’abord son médecin traitant ;
  • Si celui-ci le juge nécessaire, il l’orientera vers un (autre) spécialiste.

Seuls les cas suivants permettent de ne pas suivre le parcours de soins :

  • Consultation de certains spécialistes (gynécologie, ophtalmologie, stomatologie, chirurgie orale ou en chirurgie maxillo-faciale, psychiatrie ou neuropsychiatrie et pédiatrie) ;
  • Patient de moins de 16 ans ;
  • Urgence ;
  • Absence de médecin traitant ou rendez-vous dans un délai incompatible avec l’état de santé du patient : le patient doit alors se rapprocher de ce qu’on appelle une « organisation coordonnée territoriale ». Les coordonnées de ces organisations (contact, zone d’intervention, etc.) sont publiées quand il y en a par les caisses d’assurance maladie sur ameli.fr. Elles affichent également cette liste dans leurs espaces d’accueil pour faciliter l’orientation des patients. Les coordonnées des structures sont aussi disponibles auprès de la Mutualité sociale agricole, du ministère des Solidarités et de la santé, des agences régionales de santé (ARS), des professionnels de santé du territoire et des conseils départementaux et régionaux de l’Ordre des médecins.
​​​​Une fiche d’information sur la téléconsultation

La Haute Autorité de santé a mis en ligne en début d’été une fiche récapitulative sur la téléconsultation à destination des patients : environnement, déroulement, remboursement… Les points clés à retenir sont rappelés en une page.

Qui téléconsulte aujourd’hui ?

Face à la nouveauté, il est fréquent de noter une certaine appréhension. Tous les patients ne sont pas encore complètement à l’aise avec cette nouvelle manière de consulter un médecin, notamment les personnes les plus âgées. Ainsi, 56 % des patients ayant bénéficié d’une téléconsultation ont moins de 40 ans.

En ce qui concerne les professionnels de santé libéraux qui ont recours à la téléconsultation, ce sont 2 fois sur 3 des généralistes, 1 fois sur 7 un psychiatre et 1 fois sur 12 un gynécologue.

Enfin, l’Île-de-France et l’Occitanie sont les régions dans lesquelles on réalise le plus de téléconsultations (38 % et 16 % du total).

Téléconsultation : coût et prise en charge

Le coût de la téléconsultation est identique à celui d’une consultation en face-à-face, il dépend de la spécialité du médecin et de son secteur (1 ou 2)

Certaines mutuelles (assurances complémentaires) proposent des téléconsultations aux salariés qu’elles couvrent. Attention, elles ne sont pas remboursées par l’assurance maladie obligatoire (l’Assurance Maladie).