Pourquoi l'inactivité favorise-t-elle le mal de dos ?

15 novembre 2018

« Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement. » Issu des recommandations médicales, le message de l’Assurance Maladie prône l’activité physique en cas de lombalgie aiguë. Rhumatologue à l’hôpital Cochin à Paris, le professeur François Rannou revient sur les liens entre inactivité et mal de dos.

« Il y a deux explications majeures au fait que l’inactivité favorise le mal de dos. La première est musculaire : si on n’a pas de bons muscles au niveau du dos, on ne peut avoir une stabilité correcte de la colonne vertébrale. Or, on sait bien qu’une articulation stable sera moins douloureuse qu’une articulation instable », explique François Rannou. « Par ailleurs, il existe un phénomène comportemental qui veut que les personnes avec un faible niveau d’activité vont moins bien supporter et moins bien gérer la douleur. Certains patients pensent qu’ils ont mal au dos parce qu’ils ont fait trop d’activités, parce qu’ils ont un travail difficile d’un point de vue physique. Or, on s’aperçoit qu’aujourd’hui, dans nos sociétés sédentaires, on n’a jamais eu autant de lombalgiques. Sans forcément provoquer le mal de dos, la sédentarité est un réel facteur de risque de chronicisation des douleurs. » (1)

Le professeur François Rannou est membre du groupe de travail pluridisciplinaire qui participe à l’animation du programme de sensibilisation « Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement » lancé par l’Assurance Maladie. Ce groupe se compose du Collège de médecine générale, du Collège de masso-kinésithérapie, de la Société française de rhumatologie, de la Société française de médecine physique et de réadaptation et de la Société française de médecine du travail. L’association de patients Aflar (Association française de lutte antirhumatismale) a également été consultée.

 

(1) Cette interview est un extrait de l’émission "Grand bien vous fasse" de France Inter.