Antibiotiques et résistance aux antibiotiques en France en 2017

15 novembre 2018

À l’occasion de la Journée européenne d’information sur les antibiotiques le 18 novembre et de la Semaine mondiale d’alerte sur le bon usage des antibiotiques du 13 au 18 novembre, Santé publique France, en collaboration avec l’Assurance Maladie et d’autres partenaires (1), publie la 3e édition de la synthèse annuelle sur la consommation d’antibiotiques et l’antibiorésistance en France.

Cette synthèse s’appuie sur des données dans les domaines de la santé humaine et de la santé animale, et, pour la première fois, sur le rôle potentiellement joué par l’environnement dans l’apparition et la dissémination des résistances bactériennes chez l’homme et l’animal.

Vente d'antibiotiques en France en 2017

En 2017, il a été vendu 759 tonnes d’antibiotiques destinés à la santé humaine, contre 786 tonnes en 2016 et 93 % des antibiotiques prescrits l’ont été par des médecins de ville. 499 tonnes d’antibiotiques ont été vendues pour la santé animale dont 95 % administrées à des animaux destinés à la consommation humaine.

 

L’antibiorésistance : un problème de santé publique

La résistance des bactéries aux antibiotiques, appelée antibiorésistance, pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde : elle provoquerait chaque année en France près de 12 500 décès. Cette résistance remet en question la capacité à soigner les infections, même les plus courantes.

Une infection évitée, c’est un antibiotique préservé

La progression de l’antibiorésistance est un problème de santé publique important en France : c’est l’un des pays qui prescrit le plus d’antibiotiques en Europe. Ce phénomène n’est pas seulement lié au mauvais usage et à la surconsommation des antibiotiques.  La résistance aux antimicrobiens se propage aussi via :

  • le contact de personne à personne,
  • les eaux usées,
  • les activités comme l’épandage de résidus,
  • les animaux sauvages ou domestiques.

Limiter l’antibiorésistance impose donc une prévention globale, reposant sur le bon usage des antibiotiques, l’hygiène des mains et la prévention des facteurs favorisant les infections.

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Poursuivre les efforts entamés il y a une vingtaine d’années

Les résultats sont encourageants pour l’année 2017 : le nombre de prescriptions d’antibiotiques à des adultes, hors affection de longue durée (ALD), a diminué de 3,4 % entre 2016 et 2017. Il a diminué de 7 % pour les enfants de moins de 4 ans sur la même période. Mais il reste encore d’importantes pistes d’amélioration.

Limiter l’antibiorésistance passe par la mobilisation de tous, patients, médecins et tous les autres professionnels de la santé.

 

(1) Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et l’équipe Inserm Université Limoges, CHU Limoges, Rsesinfit, U1092.