Alzheimer : de nouvelles mesures pour renforcer la prise en charge non médicamenteuse des patients

21 août 2018

Depuis le 1er août 2018, les médicaments jusqu’à présent utilisés dans le cadre de la maladie d’Alzheimer (donépézil, galantamine, rivastigmine et mémantine) ne sont plus remboursés par l’Assurance Maladie. Cette décision fait suite à l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS) qui a conclu, sur la base des données disponibles, que ces médicaments avaient une faible efficacité sur les troubles cognitifs et que les patients prenant ces traitements pouvaient être exposés à des effets indésirables. Pour accompagner les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, la HAS préconise des parcours de soins et notamment une prise en charge non médicamenteuse.

Le ministère des Solidarités et de la santé apporte par ailleurs des éléments de réponse aux interrogations les plus fréquentes des malades et de leur entourage sur les raisons de cette décision et sur les alternatives proposées.

Un intérêt thérapeutique trop faible pour justifier une prise en charge financière par l’Assurance Maladie

Efficacité avérée faible et risque d’effets indésirables confirmés : les données recueillies par la HAS (1) sur les médicaments anti-Alzheimer ont démontré que, s’ils réduisent les symptômes de la maladie (trous de mémoire, oublis de mots courants, difficultés à se souvenir du nom des personnes, etc.), ces médicaments n’aident ni à la prévenir, ni à retarder son évolution.

La HAS estime, pour ces raisons, que ces médicaments n’ont plus de place dans la stratégie de traitement et que les soins reposent avant tout sur une prise en charge non médicamenteuse adaptée : un parcours de soins individualisé et pluridisciplinaire.

En 2016, plus de 2,5 millions de boîtes de ces médicaments avaient été remboursées pour un montant de près de 70,5 millions d’euros. Ce montant sera intégralement réorienté vers l'accompagnement des personnes atteintes de maladie d'Alzheimer, soit vers les centres mémoire, soit vers le secteur médico-social qui les prend en charge.

Maintenir l’autonomie et le bien-être des patients

En France, plus de 850 000 personnes sont aujourd’hui atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée et 1,3 million de personnes sera concerné d’ici 2020 en raison de l’augmentation de l’espérance de vie (2).

Si aucun traitement actuel ne guérit cette maladie, une prise en charge adaptée dès les premiers signes permet de maintenir l’autonomie des personnes et leur bien-être. Cette prise en charge doit également prendre en compte le soutien de l’entourage à travers son rôle d’aidant.

L’approche non médicamenteuse recommandée s’articule principalement autour de 3 grandes mesures :

  • repérer au plus tôt les premiers symptômes de la maladie et faire le diagnostic grâce à une évaluation précise pour guider les patients vers des thérapies de réadaptation fonctionnelle, orthophonique, motrice et des thérapies psycho-comportementales ;
  • assurer une bonne coordination entre tous les professionnels qui interviennent autour du patient à l’aide d’outils de liaison intégrés dans les pratiques des consultations mémoire ;
  • soutenir les aidants grâce à une augmentation continue du nombre de plateformes d’accompagnement et de répit qui leur apportent conseils et soutien.

Le médecin généraliste joue un rôle central dans le diagnostic et les échanges entre professionnels de la prise en charge (médecin spécialiste, psychologue, ergothérapeute, infirmier à domicile, etc.). Il peut désormais prévoir des consultations longues au domicile des patients.

(1) Ces données concernent notamment l’efficacité, la tolérance et les prescriptions de médicaments anti-Alzheimer.

(2) Données Inserm.