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Pratiques et Organisation des Soins 2007 n°2

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Dossier mis à jour le  8 avril 2008
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La fragilité sociale

L'objectif était de montrer que la fragilité sociale, mesurée par un score individuel, est également un déterminant majeur des inégalités de santé.

La fragilité sociale : un déterminant majeur des inégalités de santé

Auteurs : Sass C, Moulin J-J, Labbe E, Chatain C, Gerbaud L

Résumé

Objectif : Les caractéristiques socio-économiques (catégorie socio-professionnelle, niveau d'étude, revenus) sont des déterminants traditionnels des inégalités sociales de santé. L'objectif est de montrer que la fragilité sociale, mesurée par un score individuel, est également un déterminant majeur des inégalités de santé.

Méthodes : La population d'étude comporte 87 733 hommes et 89 724 femmes examinés en 2002 dans les Centres d'examens de santé financés par l'Assurance maladie. Les indicateurs socio-économiques sont le niveau d'études et la catégorie socioprofessionnelle (PCS). La fragilité sociale est mesurée par un score individuel (EPICES), reposant sur 11 questions binaires, qui renseignent sur les déterminants matériels et sociaux de la précarité. L'indicateur de santé utilisé est la santé perçue, mesurée sur une échelle graduée de zéro à dix et dichotomisée en deux classes. Les risques relatifs sont estimés par les odds ratios (OR) issus de régressions logistiques multivariées.

Résultats : Chaque indicateur est significativement associé à la perception négative de la santé : les OR sont respectivement, chez les femmes et les hommes, de 1,66 [1,64 ; 1,67] et 1,66 [1,64 ; 1,68] pour la fragilité sociale, 1,50 [1,48 ; 1,51] et 1,40 [1,39 ; 1,42] pour le niveau d'études et 1,34 [1,32 ; 1,35] et 1,44 [1,42 ; 1,46] pour la PCS. L'analyse multivariée montre que le score de fragilité sociale explique 50 % à 61 % des relations entre la PCS, le niveau d'études et la perception négative de la santé. A l'inverse niveau d'études et PCS n'expliquent que 9 % à 18 % des relations entre fragilité sociale et santé perçue.

Conclusion : Nos résultats montrent que la fragilité sociale, mesurée par le score EPICES, apparaît comme un déterminant majeur de la perception négative de la santé, indépendant des indicateurs socio-économiques traditionnels.

Prat Organ Soins 2007;38(2):139-146

 

Social fragility: a key determinant in health inequalities

Summary

Aim: Socio-economic characteristics (socio-professional category, level of education, income) are the traditional determinants of health-related social inequalities. The objective of this study is to show that social fragility, as measured by a single score, is also a key determinant of health inequalities.

Methods: The study population was composed of 87 733 men and 89 724 women examined in 2002 in Health Examination Centres funded by the French national health insurance system. Socio-economic indicators are the level of education and socio-professional category (SPC). Social fragility is measured by an individual score (EPICES), based on 11 binary questions on the material and social determinants of deprivation. The health indicator used is perceived health, measured on a scale running from zero to ten and split into two classes. The relative risks are estimated by odds ratios (OR) from multivariate logistic regressions.

Results: Each indicator is significantly associated with a negative health perception: the OR are 1.66 [1.64; 1.67] and 1.66 [1.64; 1.68] for social fragility, 1.50 [1.48; 1.51] and 1.40 [1.39; 1.42] for the level of education and 1.34 [1.32; 1.35] and 1.44 [1.42; 1.46] for the SPC in women and men, respectively. The multivariate analysis shows that the social fragility score explains 50 % to 61 % of links between the SPC, the level of education and negative perception of health. On the other hand, the level of education and SPC only explain 9%to 18%of links between social fragility and perceived health.

Conclusion: Our results show that social fragility, measured by the EPICES score, appears to be a key determinant of the negative perception of health, independent of traditional socio-economic indicators.

Prat Organ Soins 2007;38(2):139-146

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