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Prise en charge des malades chroniques
L'objectif était de présenter le modéle américain de disease management et de se questionner sur sa transposition en France.
Améliorer la prise en charge des malades chroniques : les enseignements des expériences étrangères de disease management
Auteurs : Bras PL, Duhamel G, Grass E
Résumé
Depuis le début des années 90, les programmes américains de disease management ont été une des réponses des assureurs privés américains à l'épuisement du modèle du managed care. Ils se matérialisent pour l'essentiel par des communications téléphoniques réalisées par des infirmières vers les patients à partir de centres d'appels. Leur succès réside dans leur capacité à exercer quatre fonctions mal assumées dans le système de soins : l'éducation thérapeutique, la motivation des patients (coaching), la coordination des soins et le suivi de l'état de santé des malades chroniques. La qualité de la stratification des patients est essentielle, en s'appuyant parfois sur des modèles prédictifs.
Cette démarche se développe en parallèle de l'action du médecin sans de réelles interactions.
Le succès de ces interventions est relativement consensuel sur le plan sanitaire. Il est plus débattu sur le plan financier. En particulier, la logique selon laquelle l'intervention est autofinancée par les économies qu'elle génère, est difficile à vérifier et débattue. Elle n'est certainement pas avérée pour toutes les pathologies. La démarche se concentre sur un petit nombre de pathologies : diabète, insuffisances respiratoires, maladies cardio-vasculaires.
La France gagnerait à envisager cette démarche. Les transpositions du disease management en Allemagne et au Royaume-Uni montrent que le contexte général du système de soins implique souvent d'importantes adaptations du modèle américain. Ils montrent aussi que le succès n'est pas certain. C'est pourquoi, dans un premier temps, une expérimentation pourrait être envisagée dans plusieurs régions par l'Assurance maladie, dans des conditions de nature à garantir une évaluation des résultats et enménageant la capacité pour elle de se désengager. Plusieurs questions sont posées pour définir le contenu de cette expérimentation, notamment celle des relations avec les médecins.
Prat Organ Soins 2006;37(4): 341-56
Improving the care of the chronically ill: lessons from foreign disease management experience
Summary
Since the early 90s, American private health insurers have responded to the managed care backlash by introducing disease management programmes. Essentially, these programmes involve nurses making telephone calls to the patients fromcall centers.Their success is due to their ability to provide four functions badly handled in the care system: therapeutic education, patient coaching, co-ordination of care and monitoring. Accurate patients stratification is essential and may be based on predictive models. This initiative is developed in parallel with the practitioner's action but there is no real interaction.
In terms of health outcomes, the success of these programmes is quite widely accepted. However, there is less agreement on the financial outcomes. In particular, the business modelis that this health care can be self-financing through the savings it generates. It is difficult to check and subject to debate. It is certainly not proven for all types of pathology. The initiative covers a small number of pathologies: diabetes, respiratory deficiency, cardio-vascular illnesses.
France could benefit from considering this initiative. The recent intitiatives implemented in Germany and the United Kingdom show that the American model often has to be considerably adapted to the general health care context.They also show that success is not certain. The health insurance sector should therefore begin by experimenting in several regions, under conditions allowing reliable evaluation of the results and leaving the possibility open for the health fund to withdraw.Defining the content of such experimentation begs several questions, especially concerning relations with practitioners.
Prat Organ Soins 2006;37(4): 341-56


